MYLIDIAN     Birth Of The Prophet            Anvilcorp/Underclass
Dans le monde du Metal symphonique il y a deux sortes de groupes intéressants. Il y a les inventeurs du genre et ceux qui ne se contentent pas d'appliquer la recette établie par ses créateurs. Vous l'aurez certainement compris, MYLIDIAN fait partie de la seconde catégorie. Là où énormément de groupes se posent en clone d'un RHAPSODY ou d'un BLIND GUARDIAN, MYLIDIAN se contente d'y prendre quelques inspirations et d'y apporter une personnalité assez affirmée. Une dimension bien plus noire est accordée à cette œuvre qu'on peu qualifier de Dark Metal Opéra. En effet, Birth Of The Prophet est un véritable concept racontant une histoire (il est en fait une grosse intro à une histoire bien plus ambitieuse), jusque là rien de particulier. L'originalité réside dans le fait que chaque personnage est représenté par une voix différente. Il en résulte une richesse de voix allant du chant mélodique au grunt plus ou moins extrême, le tout étant soutenu par un véritable chœur lyrique d'environ cinquante personnes. La musique quant à elle est résolument heavy, si on devait comparer MYLIDIAN à un autre groupe se serait indubitablement THERION. Le groupe pour son premier album a choisi de frapper fort dès le départ et nous ne pouvons qu'encourager ceux qui hésiteraient à en faire autant. La production est quasiment irréprochable pour un premier essai ! MYLIDIAN peut sans sourciller tenir tête n'importe quelle grosse pointure du genre en matière de son ! En même temps avec Didier CHESNEAU (INVICTUS, HEADLINE, VANDEN PLAS, IRON MASK, MAGIC KINGDOM, SOM, MISANTHROPE…) aux manettes on part sans risque quant au résultat. Idem pour l'artwork, Mattias NOREN connu pour avoir réalisé plusieurs pochettes pour EVERGREY et STRATOVARIUS entre autre, on reste dans les valeurs sures du moment. Cet album est une réussite sur tous les plans, espérons qu'il saura être distribué comme il le mérite et qu'il rencontrera son public rapidement. Vous qui me lisez ne passez pas à côté ! PS : Un jeu de rôle tiré de l'univers est en préparation pour fin 2006 / début 2007, de quoi prolonger le plaisir et se plonger encore plus profondément dans l'univers de MYLIDIAN.

Le site : http://www.mylidian.com


V.
FALKIRK     Gates of dawn             Underclass
Dire que le troisième album de Falkirk est attendu relève de l'euphémisme. Suivant le quintette français depuis ses débuts, mon attente est enfin récompensée avec le tout fraîchement sorti Gates of Dawn. Une brève intro instrumentale démarre cet album (conceptuel ? mais n'ayant qu'une version promo sans livret, pas facile de suivre les paroles) suivie de « The endless quest ». Le groupe ayant toujours bénéficié d'une production assez légère par le passé, j'avoue être surpris qu'Underclass n'ai pas compensé cette faiblesse. Car une fois encore, l'ensemble manque cruellement de relief. La concurrence dans le créneau choisi par Falkirk est extrêmement rude et il est clair que les Français se doivent de faire encore des progrès sur ce point (les guitares, les prises batterie, le mixage général manquent de professionnalisme). Et puis il est clair que le groupe a perdu de son impact avec le départ de son premier bassiste, après la sortie de The day will come, qui contribuait tant à la richesse des compositions avec son jeu à la Steve Harris. Musicalement, Falkirk évolue dans un registre à la croisée entre Blind Guardian et Iron Maiden avec un atout de taille, à savoir Stéphane Fradet, équivalent français d'Hansi Kursch. On aime ou on déteste mais sa voix ne peut pas laissé indifférent. Néanmoins à l'écoute de Gates of Dawn, (et au risque de contredire la bio accompagnant le CD) on remarque une prise de risque avoisinant le zéro absolu tant au niveau des compositions que des arrangements. Quelques titres se démarquent comme l'imparable « Two of a kind » ou le groupe affiche clairement ses influences Iron Maiden période Somewhere in time (agrémenté de quelques plans très Malmsteeniens) ou encore « World's closing chapter », titre à tiroirs dont Falkirk a le secret. Mais dans l'absolu, les nombreux passages instrumentaux (comme dans « Remember » ou « The citadel » manquent quelque peu de technique pour être réellement passionnants. Gates of dawn renferme aussi quelques parties totalement dispensables telles que « The shadow crown » en duo avec une chanteuse à la limite de la justesse vocale ou encore la pseudo power ballade « Fading away »… Quel intérêt d'écrire des titres de plus de 7 minutes quand on a musicalement rien à dire. Alors certains trouveront ma chronique un peu rude et dire que j'aurai pu la jouer chauvin et écrire 3 lignes en disant : c'est français alors c'est bien… pas vraiment le style de la maison. J 'attendais davantage, peut être trop de ce troisième album et ma déception est d'autant plus grande que Falkirk bénéficie aujourd'hui du soutien d'un label établi (enfin en théorie) et avait donc toutes les cartes en main pour faire de Gates of dawn une belle réussite… dommage.

Le site : http://falkirk.free.fr/  

Malmir    
ORTHODOX   Gran Poder         Alone Records
Gran Poder est le premier album du trio espagnol Orthodox. Un premier album composé de quatre titres qui ne durent pas moins de 74 mn au total. Un premier morceau de 27 mn lourd et oppressant. Beaucoup de guitares saturées tout au long du titre le plus long de l'album, très peu de batteries. Geryon's throne a tout d'un Orphée qui descend aux Enfers, des sons étranges et métalliques se mêlent à la guitare et à la basse du trio. De premier abord chaotique, le groupe développe malgré tout une progression dans son ambiance malsaine. Les chants sont quasi inexistants sur ce titre pendant les 23 premières minutes… Je vous avouerais que ce groupe m'a d'abord laissé perplexe et je me demandais bien ce que j'allais pouvoir en tirer. A la deuxième écoute, je commençais à rentrer dans l'univers peu orthodoxe du groupe qui porte bien mal son nom, et pour finir je trouve ce groupe très prometteur. Il fallait oser faire un premier album de 4 titres dont un de 28 mn. Le 2 ème morceau est la suite logique : après la descente aux Enfers, on a du mal à remonter… C'est là que le bas blesse, je m'explique : il est un peu dommage que le groupe reprenne la structure du premier morceau en le compressant. Le 3 ème morceau ne sert que de liaison au final de 16 mn. Reprise de la structure de base sur un rythme lourd. Que dire de plus qui n'a pas déjà été dit sur Geryon's throne ?!! Même chant qui semble sortir du fond du Tartare (petit rappel mythologique : Enfer chez les Romains) bien plus présent sur la fin !! Pour conclure, un album de doom de bonne facture à recommander aux amateurs du genre.

Morgana
BLACKMORE'S NIGHT    the village lanterne    spv records
Tigiding tigiding tchac tchac; eh oui, depuis 1997, Ritchie Blackmore, l'un des plus grand guitariste au monde, celui qui a inventé le riff de guitare le plus génial de tous les temps (tin tin tin…smoke on the water !), celui qui a influencé des milliers de guitaristes dont des stars comme Malmsteen, Van Halen, Satriani et plein d'autres, ce monsieur là s'est retiré du monde du metal pour aller planter des choux, à la mode, à la mode des ménestrels du moyen âge ! Eh oui, Ritchie joue maintenant du folk celtique médiéval ; et ma foi, il le fait magistralement bien. Accompagné par sa femme Candice (30 ans de moins quand même !) ; il en est déjà à son 8 eme album, ses albums sont tous aussi agréables les uns les autres ; mais là, avec se nouvel opus, il y a quelque chose de magique qui se produit : Ritchie a du rencontrer Merlin l'enchanteur (!!) et celui-ci a dû, d'un coup de baguette magique, lui remettre une Fender stratocaster entre les mains ; et oh miracle, sur plusieurs titres, Ritchie a retrouvé toute sa verve métallique et nous gratifie de quelques solos magnifiques à la Rainbow ! Au milieu d'un morceau, il va même jusqu'à réarranger « child in time » de Deep Purple !! Et le clou du spectacle, s'est la reprise de « street of dream » de Rainbow avec en seconde voix Joe Lynn Turner en personne ! Si après ça, il n'y a pas anguille sous roche pour une reformation de Rainbow ? !!! Cependant, l'album reste essentiellement folk, et du très bon, notamment avec un titre instrumental à la guitare sèche ou Ritchie donne une leçon magistrale de guitare ! A écouter d'urgence.

Le site : http://www.blackmoresnight.com

FreBbbb

 

 

 

 

 

SKYLARK  Fairytales         Scarlet Records
Le domaine des groupes de métal à chanteuse est particulier car pour la plupart, le succès est souvent associé à la voix. Or si l'on peu aisément reconnaître les excellentes capacités techniques de Eddy Antonini, claviériste et leader du groupe, la voix de Kiara est ici soumise à mon impitoyable subjectivité. Vous l'aurez compris, la belle italienne ne m'a pas, mais alors vraiment pas convaincu. J'ai trouvé son timbre assez insipide et ses parties de chant frôlant la niaiserie absolue. Ecouter donc l'insoutenable « Lions are the world » qui du haut de ses 11 terrifiantes minutes découragerait le plus patient des métaleux. Le chant est poussif, parfois juste, parfois faux et détail qui ne trompe pas : noyé dans la réverbération. Mais si vous savez, cet effet qui imite un espace (genre salle de concert ou caverne d'ours polaire) et utilisé à outrance pour masquer les piètres performances. Donc déjà, c'est très mal parti pour Skylark. Là où je m'étonne c'est que le groupe possède une imposante discographie (10 albums studio) et bénéficie d'une grosse côte de popularité au Japon. Vous me direz, Dorothée aussi était une star là-bas et avait aussi quelques albums à son actif… Musicalement, ça ne rattrape pas non plus le chant. Skylark propose un genre de speed métal assez nerveux entrecoupé de nombreux passages calmes dévolus au chant et au synthé. Comme je le disais, le claviériste est très bon mais les sons utilisés sonnent un peu cheap. De là à ressortir la vanne bien connue du « Tu joues ? Non ! Bontempi » il n'y a qu'un pas. Le mixage est très mauvais, et j'émet un sérieux doute sur la véracité de la prise batterie. Bref, ne connaissant pas le reste du travail de nos amis italiens je ne peux qu'espérer que cet album soit un faux pas qu'ils corrigeront au prochain essai. Scarlet Records est pourtant un label qui propose des albums très bons et je ne m'explique pas que Skylark soit signé chez eux. Pour finir, il faut souligner l'abominable reprise de Mike Oldfield « Moonlight Shadow » qui vaut vraiment son pesant de cacahuètes… A réserver pour des soirées spéciales « bides et musiques » si vous voulez gagner le prix spécial de la reprise la plus daubesque. Pauvre Mike.

Le site :  http://www.belzebu.net/  

Malmir