MOB RULES   Ethnolution A.D
SPV

Déjà un cinquième album pour les allemands de Mob Rules en 7 ans d'existence, voila un groupe prolifique. J'avoue découvrir pour la première fois la musique du sextuor mené par le chanteur Klaus Dirks et je me trouve donc face à un heavy metal mélodique assez classique en apparence. Je dis bien en apparence car il m'aura fallu de très nombreuses écoutes pour capter toute l'essence de ce disque et plus particulièrement de la pierre angulaire conceptuelle qu'est le titre « Ethnolution ». Basé sur le développement ethnologique de l'être humain et influencé par les conflits actuels du Moyen-Orient, ce titre se développe sur 6 parties dans la grande tradition des plus grands groupes de progressif. Pourtant il n'est pas question de prog' ici mais de Heavy mélodique particulièrement soigné au niveau des arrangements. Le concept est ambitieux et le groupe s'en sort à merveille en témoignent les exceptionnels « Unholy war » et ses cuivres rythmés ou encore l'envoûtant « The Last Farewell » et son incroyable refrain soutenu par des chœurs à la Queen et des traits d'ensemble à cordes (alors vrais instruments ou synthé ?… je penche pour de vrais instruments). Parfaitement balancé entre titres mid-tempo « Ashes To Ashes », carrément heavy « Fuel To The Fire » et accalmies brillantes (le solo de l'instrumental « Veil Of Death » qu'on croirait sortir des doigts de John Petrucci), cette pièce conceptuelle ne souffre d'aucun faux pas. Alors certes, la voix de Klaus Dirks est assez particulière et possède un vibrato parfois assez lent et prononcé (à la Véronique Sanson, ce qui déroute un peu au début) mais une fois apprivoisée, elle paraît finalement parfaitement adaptée à la musique de Mob Rules.
La production est très bonne, avec un son de caisse claire assez typé '80, manquant un peu de timbre (ceci n'est pas forcement péjoratif). Le mixage met particulièrement en avant la voix, les cordes et les cuivres ainsi que les chœurs. De nombreuses plages de solo ont été accordées à un Sven Lüdke fraîchement intégré au groupe et le gaillard n'est pas vraiment manchot.
La seconde partie de l'album n'est pas en reste et propose un panel de ce que le groupe peut proposer : du bon heavy, du très bon heavy (en particulier « With Sparrows », mon préféré, qui montre le visage le plus progressif du groupe… un hommage à Jack Sparrows, le célèbre pirate des Caraïbes ?). Mob Rules ose même la ballade en fin d'album avec « Better Morning » et s'en sort particulièrement bien grâce à de judicieuses interventions de chœurs et de cordes synthétiques, de percussions, de hautbois et de piano… pas si éloigné de ce que pouvait proposer Blind Guardian dans leurs meilleures années… comme quoi l'écriture allemande de JS Bach à nos jours c'est quand même que du bon !

Le site : www.mobrules.de

Malmir

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