DARKSUN The Dark Side
Metal Heaven / Underclass

Encore un groupe de prog metal mélodico épico symphonique machin… Celui-ci est espagnol (ah bon, y'a aut' chose que les Celtas Cortos et Mägo de Oz en Ibérie ?) et cherche la reconnaissance hors de son pays d'origine. De fait, The Dark Side est le 3 ème album de DarkSun, le 1 er dans la langue de ShakeSpear(s) (c'est une vanne pour les fans de Britney) ; c'est aussi la version anglaise de El Lado Oscuro (2 ème album), sorti l'an passé. Tout le monde suit ? Votre serviteur étant ouvert à toutes suggestions mélodico progressives s'en est donc allé écouter cela… Et bien lui en a pris.
Le ramage. La pochette est bien faite (la fille est jolie) quoiqu'à mon goût un poil has been (pas la fille, hein), avec sa pause lascive autour de l'attribut phallique (une épée). Le logo est dans l'air du temps : tribal comme un tatouage de plage au henné trafiqué (celui qu'il ne faut pas se faire mettre -bah non- faute de risquer de sales allergies). Passons…
Le plumage. Nous sommes en présence d'un groupe maîtrisant son sujet. Les musiciens de DarkSun (Daniel González Suarez-chant/guitare, Tino Hevia-guitare, Pedro Junquera Barro-basse, Rafael Yugueros Fernandez-batterie et Victor Fernández Lopez-claviers) proposent un métal épique progressif de riche facture, racé et stylé. Pour le style, les références sont aisément identifiables : Helloween période Kiske, Kamelot, Dream Theater dans une moindre mesure et surtout… Angra (le seul, le vrai, période Matos, quoi !) On note effectivement tout au long de l'album de nombreuses similitudes avec le groupe brésilien (le côté ethnico-folk en moins), particulièrement au niveau des lignes de claviers et lorsque le chanteur visite le registre aigu ( A Hero Reborn ). Les claviers se chargeant d'émuler les interventions d'un orchestre symphonique (en plus des sons de piano et de violon utilisés tout au long de l'album), ces orchestrations rappellent aussi Nightwish.

Si ses influences sont évidentes, DarkSun fait preuve d'une véritable inspiration et évite le plagiat. Cette musique est lyrique, mélodique, atmosphérique et émotionnelle. Tout est déjà dans le premier et excellent morceau éponyme, introduit par une Invocation déclamée en latin sur fond de chœurs à la Carl Orff. Les ambiances sont globalement… sombres (ben c'est rapport au titre, en fait…) et pour le coup moins enjouées et variées que chez Angra. La production est réussie : le son puissant, épais et riche repose sur une section rythmique convainquante et offre une guitare soliste à la fois technique et agressive (shootée aux harmoniques sifflantes), très soutenue par les claviers (les influences de Dream Theater, Symphony X et Vanden Plas sont évidentes sur un titre métal prog comme Slaves Of Fear ). Les compos plus simplement heavy/speed ne m'ont à l'inverse pas convaincu : un cran en-dessous du reste de l'album, Blood Brothers et Prisoners Of Fate (avec Peavy Wagner de Rage en guest) me paraissent dispensables.
La voix est en grande partie responsable de l'identité sonore du groupe. M'est avis que son aspect singulier, voire étrange (elle semble parfois à la limite de la justesse mais sans jamais franchir le mauvais pas) tient, par la diction et l'accent tonique, à une maîtrise approximative de l'anglais. Qui tantôt confine au comique (on croirait entendre une parodie d'accent andalou par José Garcia sur le refrain -un peu bancal- de Blood Brothers et sur le titre Echoes Of The Past ), et tantôt produit une impression exotique pas désagréable. En outre, Daniel González Suarez sait alterner les effets et varier les registres du grave à l'aigu, du clair à l'obscur, un bon point.

Les titres à retenir : The Dark Side , A Hero Reborn , Slaves Of Fear, Echoes Of The Past (pas pour l'accent mais pour le refrain), Elegy (le plat de résistance épique en 3 parties avec clavecin, guitare acoustique, chœurs moyenâgeux et violons) et la ballade Legend qui clôture l'album au piano, avec douceur et simplicité : la classe.

En conclusion, accrocheur à la première écoute et attachant au suivantes, ce disque est une vraie découverte et ma bonne surprise de l'automne. Pour avoir assimilé autant d'influences et réussir à proposer des créations personnelles aussi dynamiques et mélodiques, DarkSun est assurément un groupe à suivre de près.

P.S. Je reprendrais bien un peu de tortilla, moi…

Le site : www darksunweb.com

Bouteil Bout

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