DEFLORE Human indu[B]strial
Subsound Records

Deflore est un groupe qui nous vient d'Italie, je sais cela faisait longtemps. Alors, aujourd'hui au programme de notre représentant de la squaddra azzurra nous avons un duo officiant dans un indus/dub instrumental. Formé en 1999, voici donc leur premier album intitulé « Human indu[B]strial ».
Si vous cherchez de la mélodie, vous vous êtes trompés de chemin. Ici tout est froid, roboratif, et répétitif, machines en avant toutes ! Pas une once de chant, les seules voix que vous entendrez seront des samples. Point de musique fait à la main avec les instruments d'antan, informatique, sempiternelles boucles et pas d'humanité. Le monde des robots l'a emporté, Sarah Connor n'est plus là pour nous sauver. Premier titre, première baffe, un son monstrueux, un riff comme un coup de batte derrière le crâne, on headbangue comme un esclave du nouveau monde, propulsé dans les albums de Ministry et Godflesh puis dans ceux de Frontline Assembly pour l'ambiance apocalyptique et cybernétique. Le morceau se poursuit dans une veine plus trip hop, très Massive Attack, trip hypnotique assuré. Tout l'album est du même moule, on navigue entre coups de massue, la tête dans un compresseur et passages carrément ambiant, les yeux dans le vide, aucune chaleur, vous n'êtes plus que le boulon interchangeable de cette machine infernale qu'est la Terre. « More Gods Than Devils » démontre en moins de deux minutes la dépression malsaine, la mélancolie noire, pas d'issue, prochaine sortie, prochain labyrinthe. N'ayez pas peur, prenez la main de Deflore, il ne vous arrivera rien, onze titres et moins d'une heure, à l'éjection du disque, tout ira mieux… enfin peut-être. Un titre comme « Lexodub » agit comme un poison rampant dans vos veines, un morceau qui ne décolle jamais, lancinant, six minutes de malaise ou d'ennui selon les goûts de chacun. On a l'impression d'écouter du Crowbar dans une usine métallurgique, pachydermique, lourd et pesant. La chanson « Orto D-ossa » en est la plus parfaite illustration. L'album se terminant par « Subsound Corporation », un long titre de près de dix minutes, dub trip hop indus ambiant, comme si Al Jourgensen venait de rencontrer Portishead, un morceau trippant qui monte crescendo jusqu'à l'explosion finale puis silence pour recommencer quatre minutes après et nous retirer notre dernier souffle. Fin du disque, fin du voyage, fin du rêve, fin du cauchemar.
Première conclusion, on est content d'avoir souffert. Le but recherché par Deflore est atteint, j'ai oublié le monde extérieur pendant onze morceaux. La vie paraît moins oppressante après l'écoute de « Human indu[B]strial ». Retour à des activités normales. Fin du programme. Take a deep breath, slowly, life is now real…

Le site : http://www.deflore.com et http://www.myspace.com/deflore

ML  

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