EMPIRE Chasing Shadows
Metal Heaven / Underclass

Empire, projet du guitariste et producteur allemand Rolf Munkes, présente pour son 4 ème album, sur le papier, un casting prometteur : le très classique hard-rocker Doogie White (Malmsteen et Cornerstone, ex-Rainbow) au chant (en lieu et place de Tony Martin), le heavy métronome Mike Terrana (Masterplan, Axel Rudi Pell, ex-Rage) aux fûts et le solide et flegmatique Neil Murray, bassiste historique de Whitesnake (et ex-Gary Moore, Black Sabbath).
Que vaut donc cet album de super-groupe ? A moi, il a valu une déception ! Car le titre éponyme (excellent) d'ouverture ne reflète pas l'ensemble, loin de là… Efficace, énergique et mélodique, un peu dans le style Magnus Karlsson (Allen/Lande ou The Codex), Chasing Shadows débouche sur une impasse. Son côté pêchu et délicieusement rétro cède la pas à bien des redondances, soit une alternance de titres hard old school d'honnête facture ( Sail Away, Child Of The Light ) et de morceaux de remplissage un tantinet « foutage de gueule ». Ultra carré mais dénué de grand intérêt.
La musique d'Empire rappelle Rainbow, surtout en raison de l'usage immodéré par Doogie White d'intonations « à la Dio » mais pas grâce à la guitare de Munkes, qui elle, ne risque pas de réveiller le fantôme du génial Blackmore hard (le Ritchie médiéval coulant des jours heureux, déguisé en ménestrel auprès de sa gironde donzelle, merci pour lui…) Et c'est bien là que le bât blesse : la gratte. Pour un projet de guitariste, elle semble curieusement en retrait. Pas tant au mix que dans le processus créatif. Les rythmiques sont globalement d'une platitude lassante. C'que j'en ai marre de cette mode des power-chords débités au roto-coupe ! Mais où sont donc passés les maîtres riffeurs de ma jeunesse ? Bon ,les soli ne sont pas désagréables, c'est toujours çà…On cherchera cependant en vain les traits mélodiques inspirés et entraînants (l'intro du très Dio Mother Father Holy Ghost sauve les meubles).
La production sonne un peu creux : il y a de l'espace entre les pistes sonores, mais du genre à faire regretter la promiscuité instrumentale. On s'ennuie souvent pour cause de banalité. La voix paraît sèche et, faute d'effets, manque d'ampleur (ben non, c'est pas le vrai Ronnie James !) Les arrangements sont quant à eux –comment dire ? Pauvres.
En conclusion, presque une arnaque, si on recense les morceaux réellement accrocheurs. Dommage car vues les pointures réunies, on s'attendrait à mille fois mieux. Restent trois bons titres   : Chasing Shadows, Mother Father Holy Ghost et Manic Messiah .

P.S. Ca aurait fait un bon maxi-45tours, par contre…

Le site : www.myspace.com/empirerocksyou

Bouteil Bout

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