MAEDER Maeder
Locomotive Records / Underclass

Peut-être vous êtes-vous déjà trouvé dans cette situation, quelque peu ridicule après coup (au collège ou au lycée ?) : vous rencontrez un inconnu qui vous fait bien marrer à cause de ses fringues et de son nom, à propos duquel vous vous lâchez en osant les pires vannes foireuses… Puis, en apprenant à le connaître, vous devenez potes et là… vous vous sentez total couillon ! C'est ce qui m'est arrivé avec le groupe australien (qui enregistre en Suisse) des frères Nic (chant et guitare) et Sebastian (guitare) Maeder. De prime abord, évidemment, tout y est passé : Jean-Pierre vivait-il toujours à Toulouse ? Qu'était donc devenue Macumba ? Mais il n'avait pas disparu (au coin de ta rue) ce groupe ? Et la sauce, bien relevée ? Etc.

Puis j'ai écouté (avec mes oreilles) et je l'ai fermée (ma bouche). C'est du hard rock à l'ancienne, mes amis : du beau, du bon, Dubonnet ! Les références ? AC/DC (pour la voix éraillée et les riffs basiques), Aerosmith (période 70's, voir No Grass Is Greener Than Your Own pour la ballade popisante et Business In Me pour le riffing échevelé), Led Zep (les plus affûtés reconnaîtront un bout du riff principal de When the Levee Breaks du dirigeable plombé sur le titre Future Story ), plus une dose de pop pour plaire aux djeun's ( White Pillow ) et un poil de grunge ( You're A Freak ).

Les gentils bad boys de Maeder, pochette de disque « old school » et coupes de cheveux improbables, évoquent tantôt les anglais de Thunder (pour le groove bluesy), les suisses de Krokus (pour la hargne) et Gotthard (pour le côté direct et mélodique). Sur fond de riffs simplistes et énervés, le timbre éraillé (un poil forcé quand même) de Nic Maeder rappelle feu Faster Pussycat et son junky glam ( It's All Good , Piece Of Me ). Mais c'est surtout la patte du producteur « Mutt » Lange qui m'est venue à l'esprit dès la première écoute (AC/DC donc, mais aussi le Def Leppard d'avant la guimauve). Maeder semble effectivement miser sur l'aspect direct de sa musique, sans sacrifier les mélodies. Et ils savent donner dans le rageur ( Another Thing Comin' ) comme dans l'intimisme délicat ( Night And Day et son violoncelle).

Bien sûr, à force de citations et d'aspirer à en faire la synthèse, les influences risquent de devenir envahissantes (mais on portera cela au compte de la jeunesse) : le riff d'intro de Never Last (morceau ouvrant l'album, tout de même), c'est Back in Black , le couplet semble sorti de chez Gotthard, quant au pré-chorus, il a été emprunté à Nirvana. Les soli restent très conventionnels et un peu sages (scolaires ?), le registre vocal est un peu limité… Mais l'énergie et le groove sont communicatifs ! A suivre.

Les titres à retenir. Another Thing Comin', Business In Me, Future Story.

En conclusion, un excellent premier album de hard comme on l'aime : énergique et mélodique. Lets' get rocked !

P.S. « C'est mon dernier bal / Maedernière virée / demain dans l'journal, / Y'aura mon portrait. » C'était Maeder…nière vanne !

Le site : http://www.maederband.com

Bouteil Bout

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