MANOWAR  Gods Of War 
Spv

Alerte ! Les auto-nommés “Warriors of the world”, les pseudo “Kings of metal”, sont de retour! Quelle surprise, pour l'auteur de ces lignes, pénétrant sans conviction dans une Fnac bourguignonne en ce vendredi 2 mars pluvieux, de découvrir, déjà dans les bacs, le nouvel album de MANOWAR. Et pourtant il est bien là, tout chaud, tout beau, tout neuf. On ne s'attardera pas sur la pochette, fidèle à l'imagerie développée par le groupe depuis des années, mais tout de même moins réussie que la précédente. Le contenu musical, quant à lui, ne révolutionne ni le metal en général, ni surtout le style musical de la formation américaine, et c'est bien là que le bât blesse. Si on ne demande pas à MANOWAR de modifier en profondeur la musique emphatique, symphonique, lyrique, et foncièrement heavy, qui a fait sa gloire, on ne lui demande pas non plus de régresser en s'auto-caricaturant. Et c'est malheureusement à ce résultat que parvient le groupe, bien malgré lui, avec ce nouvel opus.
Alors certes, le grand MANOWAR, inspiré, détonnant, réapparaît au détour de quatre titres absolument phénoménaux (et je pèse mes mots) : « Loki God Of Fire », « Gods Of War, « Odin », et « Sons Of Odin ». Alors certes, MANOWAR montre encore, avec ce disque, que les NIGHTWISH, RHAPSODY et consorts n'ont rien inventé en terme d'ambiances symphonique ou de pièces épiques. Alors certes, Eric Adams est toujours un grand chanteur, et la ballade « Blood brothers », très réussie (quoiqu'en penseront les habituels allergiques), ainsi que « Army of the dead, quasiment a cappella, montrent encore, si besoin en était, toute l'étendue de son fantastique talent.
Mais 1) : le son n'est pas toujours à la hauteur, et ce n'est que sur le dernier morceau, « Die For Metal » (un bonus-track, le comble !) qu'on entend une batterie digne de ce nom. Où est la papate d'un « Warriors of the world united ? Quand on pense au son de la batterie sur ce morceau : soupirs….. 2) les grattes, bon sang, les grattes ! Elles sont désespérément en retrait, réduisant parfois les riffs à de ridicules « crr crrr » (« King of kings, pourtant un bon morceau en soi), et qui font même se demander si, finalement, MANOWAR est toujours un groupe de heavy metal (le comble, part II !) 3) Sur 16 morceaux, près de la moitié sont constitués de monologues barbants - dont un carrément issu de « The Warriors Prayer » sur l'album « Kings Of Metal », le comble, part III ! - sur fond de hennissements de chevaux et de bruits de bataille sans aucun intérêt, ou de morceaux aux claviers pompeux dignes d'une mauvaise B.O. de Hans Zimmer : encore une fois, MANOWAR, c'est du heavy, oui ou zut ? Encore un élément du disque qui permet de sérieusement en douter, quand on sait en plus que les 9 premières minutes – une éternité !- comportent une introduction véritablement in-ter-minable, et que les premières notes de guitares ne font leur apparition qu'à l'issue de cette longue et indigeste « mise en bouche » !
L'impression générale dégagée par « Gods Of War » demeure donc assez mitigée. On a peine à l'écrire, mais il faut bien reconnaître que le groupe tourne en rond, laissant à penser que son meilleur est désormais déjà loin derrière lui. On aurait également pu conclure qu'à l'écoute de ce disque inégal, les détracteurs du groupe le resteraient, et que les fans le resteraient également. De ce dernier élément, on en vient, aussi, à douter. C'est dire…

Le site : www.manowar.com

Stef

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