MARCO MENDOZA Live For Tomorrow
Frontiers Records

Marco Mendoza est un session man incontournable sur la west coast, ayant joué de la basse avec (dans le désordre) Al Jarreau, The Cranberries, Ozzy, Steve Lukather, Whitesnake, Blue Murder, Thin Lizzy, Ted Nugent, Ritchie Kotzen, etc. Donc le gars possède un sacré carnet d'adresses. Il nous propose avec ce Live For Tomorrow son premier album solo. Non pas un disque instrumental axé sur la basse, mais un album de hard rock chanté (par lui) et entièrement joué avec Ritchie Kotzen (ex Poison, Mr.Big), qui produit.

Il évolue dans un genre soul-bluesy-heavy-groovy à la Glenn Hughes (dont Mendoza singe d'ailleurs plusieurs fois les célèbres vocalises aiguës : pathétiquement parodique !) Le résultat funky-rock peut aussi faire penser à Lenny Kravitz.

Les grattes sont souvent incisives et efficaces (Kotzen se débrouille décidément très bien avec une pédale wha-wha) mais le comble (pour un album de bassiste) c'est que ça ne groove pas tant que ça Le crossover metal/funky est très loin du niveau d'un Pornograffitti d'Extreme.

Vocalement, si le sieur Mendoza se débrouille honnêtement, il est tout de même (très loin) derrière les références auxquelles le compare son dossier de presse (Paul Rogers, David Coverdale, Eric Martin) ! Personnellement, son timbre nasillard aigrelet m'agace, sauf lorsqu'il s'engage dans des passages plus dépouillés (il ne se fait alors pas « manger » par l'instrumentation) en voix medium (la ballade acoustique finale Dance With Me ).

Sans être un spécialiste du bonhomme, j'ai l'impression que son disque ressemble beaucoup aux réalisations solo de Ritchie Kotzen, que je n'ai jamais trouvées très inspirées ni novatrices. Techniquement au top mais question feeling et créativité ? Notons la présence de nombreux guests qui tappent le solo (Lukather sur Live For Tomorrow , Ted Nugent sur You Got Me , Doug Aldrich sur Your Touch ), sur les fûts (Brian Tichy sur Lettin' Go , I Want You , Still In Me et Tommy Aldrige sur In My Face et Broken , bien pêchus), ou sur les touches (Steve Wiengart sur Still In Me et Dance With Me ).

Je m'apprêtais à ne dire que du mal de cet album, il gagne cependant à être écouté jusqu'au bout avec indulgence (rapport aux premiers titres, péniblement répétitifs et manquant d'envergure) : j'ai trouvé la seconde moitié bien plus réussie, à la fois plus groovy et rentre-dedans.

En conclusion, un honnête album de hard mâtiné de soul mais des compositions qui manquent d'originalité. Du groove, une mise en place impeccable mais un côté très mécanique et paradoxalement, un son manquant d'épaisseur. Je ne sais si Mendoza est, comme le déclare Ted Nugent « le plus grand bassiste au monde », mais son premier album ne fera certainement pas un classique. Décidément, il faut se méfier des projets solo avec tout plein de beau linge venu faire coucou : ça ne remplace pas la cohésion d'un « vrai » groupe ni l'inspiration d'un compositeur !

P.S. Pourquoi elle fait la gueule, la gamine de la pochette ?

Le site : www.marcomendoza.com

Bouteil Bout

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