NIGHTWISH Dark Passion Play
Nuclear Blast

Après l'annonce du départ de la chanteuse originelle du groupe, Tarja Turunen, le nouvel album des finlandais de Nightwish était très attendu… au tournant. Qu'en serait-il du son, de la production, et bien sûr, de la nouvelle voix ? Et bien, pour moi, cette Anette Olzon (attention, hein, pas Nelly…) est une bonne surprise. [Vous lisez actuellement une chronique Ultrarock rédigée par Bouteil Bout, concernant le nouvel album de Nightwish, Dark Passion Play.]* Exit le chant lyrique soprane (que, personnellement, j'ai du mal à apprécier durant tout un album) et place à un joli brin de voix claire et douce. Certaines de ses intonations m'ont fait penser à la chanteuse du groupe français Angalys. Bon, c'est sûr qu'Anette ne fera pas l'unanimité chez les fans… Remplacer Tarja dans Nightwish en 2007, ça doit être à peu près la même gageure que prendre la place de Ian Gillan chez Deep Purple en 1974. Remarquez que Coverdale aussi était un inconnu. Le groupe y a-t-il alors perdu au change ? (Pour la réponse, écouter l'album Burn, ndr.) En tous cas, bien vu de n'avoir pas fait le coup de l'échange standard ! Pour faire une comparaison, ne seraient les orchestrations grandiloquentes chères à Nightwish, on serait proche de Maggie Reilly avec Mike Oldfield. Ceci probablement aussi en raison de l'inspiration celtisante du compositeur Tuomas Holopainen. [Vous lisez actuellement une chronique Ultrarock rédigée par Bouteil Bout, concernant le nouvel album de Nightwish, Dark Passion Play.]*

On retrouve sur ce Dark Passion Play ce qu'on aimait (ou pas) déjà chez Nighwish : les ambiances, la dimension symphonique et une orientation manifeste de la composition vers la musique de film (avec la main lourde sur les envolées de cordes). Mais Holopainen devrait prêter attention au risque d'affadissement de ses orchestrations, souvent typées série B hollywoodienne, à moins de vouloir concurrencer Rhapsody dans ses mauvais penchants ( Master Passion Greed ).

Passé le morceau épique (un poil longuet) qui ouvre l'album avec force flûtes et violons ( The Poet And The Pendulum ), une autre évolution de leur travail se confirme : les rythmiques lourdes en accordage bas prennent le pas sur les parties lead guitar. Leur style tend alors vers une sorte de gothique FM qui sent le formatage à plein nez… [Vous lisez actuellement une chronique Ultrarock rédigée par Bouteil Bout, concernant le nouvel album de Nightwish, Dark Passion Play.]* Des mélodies qui auraient gagné à être développées demeurent ébauchées et les duos chant masculin/féminin ressemblent à Evanescence sur une B.O. devenue célèbre ( Cadence Of Her Last Breath ). C'est pas mon truc.

Ma principale critique à l'égard de cet album concerne le manque de liant dans les compos : les différentes pistes d'un morceau m'ont souvent donné l'impression d'être accolées (ou superposées) sans toutefois réaliser une unité.

Les morceaux à retenir ? Amaranth , le très pop single, annoncé par quelques jolies notes de clavier et doté d'un côté direct appréciable. Le doux Eva (premier extrait distribué sur le Oueb ), sur lequel l'orchestre laisse un peu de place à la chanteuse et où, ô surprise, on a droit à un solo de guitare ! For The Heart I Once Had , introduit à la gratte et au piano, lui aussi plus aéré que la plupart des titres. L'instrumental Last Of The Wilds et ses sonorités irlandaises. 7 Days To The Wolves , interaction réussie entre les deux voix.

En conclusion, [Vous lisez actuellement une chronique Ultrarock rédigée par Bouteil Bout, concernant le nouvel album de Nightwish, Dark Passion Play.]* mettre la pédale douce sur le remplissage sonore et le recours systématique aux cordes, bref revenir à un style plus heavy mélodique tout en conservant la nouvelle approche du chant serait une évolution intéressante. Assumer de tourner la page lyrique sans s'engouffrer dans la mode easy-goth (si, si, ça existe, c'est des cousins des wisigoths !) serait assurément un joli pied de nez à la pléthore de groupes qui les ont imités.

P.S. * Et si on lançait une mode chez Ultrarock ? On dirait qu'on écrirait toutes nos chroniques sur le modèle des CD promo qu'envoient certains labels (comme Nuclear Blast, au hasard). Truffées de rappels de copyrights. Marrant, non ? Et surtout tellement facilitant pour entrer dans la dynamique émotionnelle d'une écriture !

Le site : www.nightwish.com

Bouteil Bout

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