PAIN OF SALVATION – Scarsick
InsideOut

Pain Of Salvation nous revient presque trois ans après le très conceptuel chef d’oeuvre « Be » qui aura semé quelques fans. Que ces derniers se réjouissent car même si le très riche Scarsick développe également un concept, il sonne le retour aux sources du groupe, avec quelques écarts tout de même !
Ce nouvel album, comme beaucoup de ses prédécesseurs, est chargé d’influences. Cependant, dès le premier morceau éponyme, le ton est donné ; riffs métal efficaces et directs. Le titre est cependant ponctué de breaks aux envolées que j’ai envie de qualifier de lyrique, menées à bien par un chant des plus étoffés. Même topo pour « Spitfall ». Le troisième morceau, « Cribcaged », s’ouvre et se ferme sur des gazouillis de bébé. Cette ballade est conduite par la voix sensuelle de Daniel Gildenlöw. Ce dernier, chanteur et non seulement guitariste, tête pensante du groupe et ponctuellement bassiste sur cet opus, nous offre sa voix, encore plus variée qu’avant, passant d’un chant agressif (mais jamais death) à lyrique, explorant parfois le rap comme sur « Spitfall » et poussant même des cris, comme jamais auparavant, sur le refrain de « Flame To The Moth ». Et on le suit tout de suite. Scarsick est plus abordable car moins expérimental et les titres s’enchaînent assez naturellement bien que le morceau « Disco Queen » soit quelque peu surprenant ! Oui, Pain Of Salvation se met au disco, vous avez bien lu ! Sur ce titre des plus inattendus, osés et…réussis, un refrain disco/métal groovy vous donnera une envie irrépressible d’enfiler un jean patte d’Eph, d’allumer la boule à facette et de vous lancer sur la piste de danse. Plus sérieusement, ce titre parle de la corruption morale, de ceux qui sont près à se vendre pour avoir plus de succès, d’argent… « America » est également critique avec pour cible directe le gouvernement américain.
La seconde partie de l’album, nommée face B, se pourrait être The Perfect Element part II…Les thèmes abordés et le titre « Kingdom of Loss », morceau doux, avec une voix mélodique et parfois littéralement parlée, mettent la puce à l’oreille. Musicalement, Pain Of Salvation est proches de l’album sorti en 2000 (The Perfect Element part I). Les riffs répétitifs de « Mrs Modern Mother Mary » sont tout de suite entêtants et le majestueux « Idiocracy » nous mène sur un chemin encore plus noire et frissonnant avec une montée en puissance en conclusion. Les effets de guitares sont nombreux sur l’album et ajoute à l’ambiance « painofsalvationnienne » ; atmosphère prenante, sombre, profonde… Enfin, « Flame To The Moth » est sûrement le titre le plus métal du groupe à ce jour avec son refrain quelque peu…énervé ! Le final « Enter Rain » permet de quitter en douceur Scarsick avec son refrain plus rythmé et surtout ses ambiances calmes et mélancoliques.
Les suédois nous offre bien plus qu’un album de rock progressif. Scarsick penche du côté métal de la force en restant musicalement riche d’influences et de créativité. Les titres font en moyenne six minutes et forment un tout inséparable malgré la spécificité de chaque morceau. Pain Of Salvation, renouant avec ses premiers albums arrivent tout de même toujours à nous surprendre !
Vibrant, efficace, nous secouant entre passages rythmés, torturés et breaks lyriques, posés, Scarsick ne peut pas laisser indifférent…

Le Site : http://www.painofsalvation.com/enter.htm

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