PSYOPUS Our puzzling encounters considered 
Metal Blade

Psyopus ou le cauchemar des chroniqueurs. Voilà comment devrait se résumer mon avis sur ce disque. Ce groupe new yorkais n'a pas de style, ou plutôt en a trop. En un mot, indéfinissable. Un cocktail aux influences les plus diverses et variées. Pourtant, la pochette était un indice, les pièces d'un puzzle éparpillé, élémentaire mon cher Watson, ça va dans tous les sens et il est difficile de retrouver une unité à tout ce bric à brac. Pour faire simple, on y retrouve du grind, du death, du hardcore, du jazz, de l'easy listening, de l'expérimental, de l'indus, le tout avec une technicité irréprochable.

La production de «Our Puzzling Encounters Considered » est de très bonne facture et honnêtement c'est tant mieux car dans le cas contraire vous ne tiendriez pas jusqu'à la moitié de l'album. Ce disque est réservé à un public averti. Parental advisory explicit music. C'est bien simple à la première écoute, j'ai failli dévaliser mon armoire à pharmacie, à hésiter entre avaler de l'aspirine ou prendre des barbituriques pour en finir. Finalement, première solution, et j'ai bien eu raison. Car après plusieurs écoutes très attentives (très), Psyopus s'avère au final un chaos rangé avec une minutie chirurgicale.

Ainsi le deuxième titre intitulé « 2 » (logique, non ?) nous plonge en plein délire grindcore, entre un Napalm Death période Scum et un Anal Cunt, le tout en plus technique. « Imogents Puzzle Part.2 » est un joyeux gloubiboulga (si, vous connaissez, l'île aux enfants, Casimir, le monstre gentil), entre free jazz à la Mile Davis et deathcore, le tout saupoudré de pleurs de bébé. Pas une seconde d'ennui tout au long de l'écoute. La schizophrénie est une maladie trop légère pour ces tarés géniaux. Une chose est sûre, il faut une sacrée ouverture d'esprit et une tolérance sans bornes pour apprécier ce disque à sa juste valeur. Amis cyclothymiques, bien le bonjour de la planète Psyopus. Après avoir dévasté ton salon sur un bon pogo des familles (« Scissor Fuck Paper Doll »), tu te retrouveras, les yeux dans le vide, un air mélancolique à regarder ton plafond (« Siobhanis Song »). Le treizième morceau du disque qui en contient onze (oui, et alors !) vous est offert avec une camisole qui sera du plus bel effet lors de vos soirées entre amis. 28 minutes dont 23 d'une boucle hypnotique répétant en boucle « annoying », ennuyant, oui c'est ça. Les cinq dernières minutes sont un feu d'artifice, une mosaïque de ce que peut faire Psyopus avec des instruments et croyez-moi, le mot limite n'existe pas dans leur vocabulaire.

En conclusion, on adore ou on déteste. Ce disque vient de remporter le prix de l'album le plus barré que j'ai écouté depuis que je suis dans la sphère métal. Personnellement, j'aime bien. Alors, que m'a dit le médecin déjà, trois bleues, deux rouges et une jaune….

Le site : http://www.psyopus.com/ et http://www.myspace.com/psyopus

ML

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