ALWAYS  A Tribute To Bon Jovi 
Versailles Records

S'attaquer au monstre, à la légende, à l'institution BON JOVI est une entreprise aussi courageuse que risquée. On garde en mémoire, notamment, un pauvre « Livin' On A Prayer – A Tribute To Bon Jovi –«  daté de 2001, sorti sur l'obscur label anglais Cherry Red Records, et sur lequel les plus grands morceaux du quartet subissent un massacre en règle. Sachant que le disque chroniqué ici rassemble quelques noms figurant également sur l'hommage raté que fut ce « Livin' On A prayer » (John Corabi, ex-MOTLEY CRUE, ou Jani Lane, l'ex-voix de WARRANT, entre autres), on est en droit de ressentir les plus sérieuses craintes avant d'enfourner la galette dans le lecteur CD.
Des craintes qui s'avèrent malheureusement justifiées, tant l'infâme produit regorge de reprises mollassonnes, fadasses et sans âme. On passera sur le fait que les artistes (les quoi ?) présents sur ce scandale organisé ne bénéficient pas d'une notoriété sans pareil dans le monde du hard-rock, et même du rock en général, altérant par là même, déjà, l'intérêt que peut susciter une telle entreprise (que vient faire l'actuel batteur de SCORPIONS, James Kottak, dans cette galère ?). La plupart des morceaux prennent vraiment l'eau, et font peine à entendre, soit par manque total de pêche (« Bad Medicine », « Lay Your Hands On Me »), soit par manque flagrant de talent (le chant sur « You Give Love A Bad Name » est carrément poussif, surtout sur le refrain), soit tout simplement par manque d'inspiration, ce qui est d'ailleurs le trait caractéristique du disque ; car oui, il faut de l'imagination, un feeling particulier, pour insuffler à une cover ce petit « quelque chose » qui en fera à la fois un hommage subtil et une reproduction réussie. La palme du franchement ridicule est atteinte avec « Always » (l'original n'est déjà pas transcendant…), probablement jouée sur un bon vieux clavier Bontempi sorti du magasin de jouets local, avec des « tam tam » du plus mauvais effet et un Colie Brice (c'est qui c'lui là ? ) au chant absolument grotesque  ! Le seul morceau qui surnage est le splendide « I'll Be There For You » de Jasy Andrews, joué au piano et servi par une voix absolument magnifique. C'est bien peu, c'est bien tout, et c'est bien triste.

Stef

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