TWISTED TOWER DIRE Netherworlds
Remedy Records / Underclass

« C'était mieux Ah-vant ! » raillait l'humoriste. Il est possible de reprendre la formule à propos du 4 ème album de ce groupe allemand qui n'a pas dû beaucoup s'intéresser à l'actualité depuis la chute du Mur… « C'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes. » Là encore, on peut en croire l'adage : Twisted Tower Dire fait du vieux… avec du pas jeune !
Mais ne passez pas votre chemin pour autant : c'est d'une alerte façon que ces forgerons délivrent leur effort métallique millésimé mid 80's. Alors, on pourrait arguer que les musiciens de Maiden et Helloween ont dû bien rigoler en retrouvant sur ce disque leurs chutes studio de 1987 mais dans le même temps, le heavy fan des années 80 s'y retrouve comme chez lui : rythmique imparable, la double pédale qui va bien, harmos de guitares, riffs mélodiques point trop « j'me la pète », chant haut-perché.
Évidemment, le hic c'est qu'on a l'impression d'avoir entendu (et apprécié) tout ça (en mieux) il y a vingt ans. Netherworlds fait alors bêtement penser à Futurworld , sauf que c'était le futur en 87… Ca gratte comme chez Steve Harris ( Fortress , Firebird ), ça tambourine joyeusement selon les préconisations de l'école teutonne, ça s'égosille itou. Disons-le franchement, le chant est le domaine qui véhicule le plus cette sensation diffuse de « déjà vu mais limité » (c'est quoi toute cette réverb' ?). En effet, si le grain de voix est joli dans les medium-cool ( Netherworlds ), le timbre devient carrément lassant (pour ne pas être malpoli) dans les aigus (non, tout le monde ne module pas comme Rob Alford). Mais pourquoi donc se cantonner à ce registre « si Kiske l'a fait, pourquoi pas moi ? » quand on est capable d'intonations délicates à la Joey Tempest ? (les titres Tales of Submission et No One Left To Blame ont des réminiscences d'Europe première mouture). En fait, trop d'aigus tue l'aigu, hein… A rester toujours en haut ( Dire Wolf ), il nous fatigue en même temps que son organe ! Et puis, comme il n'est pas du genre à pouvoir se permettre de reprendre du Kate Bush, qu'il varie donc un peu les plaisirs !
Voilà, j'ai taillé le chanteur mais je trouve que c'est à ce niveau que le manque d'originalité de ces Enfers (Netherworlds) est patent (ça sonne souvent comme du Hammerfall, avec les chœurs faciles et plans-plans de Killing Kind ou Casualty Of Cruel Times ). Dommage car un chant plus expressif et varié, moins limite mais charismatique, aurait pu inscrire ce groupe dans la lignée d'un Guns'N'Roses, de ces musiciens qui réussissent à sortir du grenier les compos à papa et, sans même les dépoussiérer, à les re-booster pour les présenter crânement comme « modernes ». Je dois inversement à T.T.D. de signaler le subtil travail de production sur la batterie, bien présente sans bouffer le reste, pêchue ma non troppo, donc.
En conclusion, c'est bien du heavy metal classique comme l'annonce la promo du groupe. En ce sens, personne n'est trompé sur la marchandise. D'honnête facture, sans plus, mais sympa dans l'autoradio, Netherworlds plaira aux nostalgiques et, espérons-le, aura peut-être le mérite de mettre de jeunes auditeurs sur la piste d'un Keeper, d'un Piece of Mind ou même d'un Balls to the Wall.
P.S. Ces incorrigibles passéistes ont poussé le goût du vintage jusqu'à commander leur pochette au graphiste de Yes ? ! Bah, c'est vrai que des fois… « c'était mieux Ah-vant ! »

Le site : http://www.twistedtowerdire.com

Bouteil Bout

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