ECLIPTICA
" Impetus "

ECLIPTICA Impetus
Frontiers Records

Ecliptica, c'est d'abord une pochette sympa, avec un bonhomme crobard supportant une sphère translucide sur ses épaules d'athlète. C'est ensuite un mélange de heavy/speed agrémenté de quelques touches progressives. Ce qui me frappe à la première écoute de cet « Impetus », c'est un chant lead empruntant une voie défrichée naguère par Bruce Dickinson et un intéressant partage hétérosexuel des lignes vocales. S'y ajoutent une batterie qui martèle à tout va et des cavalcades guitaristiques en doublette. Ca vous rappelle un groupe ? Au long de cet album, Ecliptica m'a fait l'effet d'un tribute band

Question prod, le son très sec des guitares donne une impression à la fois old school et un peu cheap . Désolé d'insister mais cette impression est renforcée par une batterie très détachée du reste, sonnant parfois un peu « barils de lessive » (oh ! la caisse claire). L'ensemble manque globalement d'ampleur, malgré les intentions manifestement « épiques » du chant et les essais (souvent fructueux) de croisements (chant masculin+féminin, cordes acoustiques et saturées, variété des approches vocales du rock prog aux grawls ).

Passées les deux premières plages (la traditionnelle intro instrumentale comptant pour du beurre), My Paradise et Land of Silence , la frappe de batterie sur Carry On n'est pas assez variée (c'est le style speed qui veut cela ?) pour éviter de lasser. De plus, les grattes-tronçonneuses dont on perçoit tous les coups de médiator…pfff. On aborde un style plus progressif, avec ses petites lignes de clavier et le chant lead exploitant un registre plus grave avec Twilight Hall , un titre malheureusement plombé par un refrain gnan-gnan du pire effet (rappelant ce que Rainbow a pondu de pire dans les années 80). L'aspect carrément rock progressif de la musique d'Ecliptica transparaît dans un Turn Away très éloigné du métal (la rythmique saturée du solo et du refrain final est un maquillage). Ceci fait, finit de rire et retour (on ne se refait pas) à la Vierge de Fer avec Old Man's Memories (ils ont écouté Piece Of Mind, non ?). Watching You laisse entendre une autre influence : Blind Guardian pour le chant plus grave et récitatif. Jester In The Ballroom , titre par ailleurs assez passe-partout, présente la particularité du seul break (à ma connaissance) imitant à la perfection une rayure de la surface du CD (celui qui introduit le solo). Au risque de paraître obsédé, quel groupe anglais a pour habitude de clore ses albums avec un long titre épique ? Et ben ici, ça s'appelle Black Swan , ça évoque encore les intonations d' Hansi Kürsch , ça recycle Across The Universe des Beatles (les parties en arpèges rappellent précisément la suite d'accords finale « Jai guru deva om, Nothing's gonna change my world »). Ca ose même le solo sur le rythme archi-connu du final de Child In Time (Deep Purple, est-il besoin de préciser ?)

En conclusion, « Impetus » n'est pas désagréable mais manque franchement de personnalité. Certes, on pioche un peu de ceci par ci et un peu de cela par là mais on ne va pas jusqu'à nous servir une appropriation personnelle. Donc au final : déjà entendu, très daté, peu novateur, des compositions pas si efficaces. Je continue ?

P.S. Au fait, contrairement à ce que le titre laissait présager, Ecliptica n'est pas un clone de Sonata Arctica !

Le site : www.ecliptica.at

Bouteil Bout

 






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