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ALL ENDS
" A Road To Depression "

ALL ENDS A Road To Depression

Nuclear Blast

Avec un titre d'album comme ça et un tel nom de groupe, vous étiez en droit d'attendre un groupe Goth, mais non : All Ends est un simple groupe de « Metal moderne », flirtant allègrement avec la Pop Rock , comme le font leurs compatriotes, car le groupe est Suédois, et d'ailleurs pas les premiers venus... Je vous le dis sinon vous ne vous en douteriez jamais : All Ends a été monté par la paire de guitaristes Björn Gelotte et Jesper Strömblad en tant que side-project à côté de In Flames ! Bon, vous avez de quoi ne pas vous en apercevoir : ni l'un ni l'autre ne font plus partie du groupe, mais All Ends a bien débuté comme ça en 2003, avec de plus la sœurette de Björn, Emma, au chant...
Leur décollage en 2006 avec un simple EP sera dû à des premières parties de Edguy, After Forever, Apocalyptica, Finntroll, Oomph!, et surtout un inattendu succès japonais (les choix musicaux du côté du soleil levant étant de toutes façons par définition « inattendus »). Je ne connais pas leur premier album, sorti dans la foulée, mais je suppose que les choses se gâtent à partir de là : Emma quittant le navire, All Ends recrute Jonna Sailon en 2009, issue du milieu de la Pop , que l'on retrouve toujours ici, complétée par Tinna Karlsdotter comme si ça ne suffisait pas, pour un résultat de moins en moins In Flames... Pourtant, les deux six-cordistes continuent à offrir leur matériel à All Ends, ainsi que leur studio et leur producteur, surtout, Roberto Laghi... On ne peut pas dire que la formation manque de moyens.
Alors alors, ça joue quoi, tout ce beau monde, si ce n'est pas du In Flames ?
Du « Métal moderne », ai-je dit, expression fourre-tout s'il en est. Mais malheureusement restrictive aussi, tant les groupes de cette « catégorie » peinent à se distinguer... Et All Ends ne fait pas exception à la règle. « Le nouvel album de All Ends est notre façon de montrer au monde combien la musique peut être vaste » disent-ils. Mais non, désolé, « A Road To Depression » ça ne va pas très loin.
Il s'agit de Metal de base, comme j'ai dit, teinté de sonorités Indus toujours aussi mal utilisées (décidément la Suède fusionne les genres à l'image de sa « cuisine » nationale) et avec une volonté moderniste vraiment aveugle.
L'album s'ouvre avec le pire titre à mon goût, car le plus révélateur de ces travers : « Obvious ». En quatre minutes, All Ends nous offre des sonorités affreuses, une rythmique plate, et cela en l'absence de tout travail mélodique. Des volontés, donc, des visées, mais pas de travail derrière. On ne se donne pas les moyens d'atteindre son objectif « contemporain », et cet objectif lui-même n'est au service d'aucun travail d'écriture...
Bien, si le venin craché dans mon introduction ne vous a pas déjà fait fuir All Ends, sachez que quiconque fait l'effort d'écouter plus loin que ce morceau d'ouverture verra ses supplices allégés. Il n'y a pas pire que « Obvious » sur « A Road To Depression ». Cette pièce cumulait tous les travers du groupe, et constituait une bien piètre introduction... A se demander si ces fous ne prennent pas ces travers pour leurs points forts !
Quoi qu'il en soit, toutes les pièces suivantes montreront l'apparition de vraies rythmiques, qui plus est groovy : « I know who I am » et, particulièrement, le single « Generation disgrace ». Ben en voilà une qualité à exploiter ! Évidement ça ne fait pas très Indus, et à part « Area 1 » et « Wretch » le groupe ne l'exploite guère, repassant le même bulldozer sur « Stupid people » et d'autres titres complètement ruinés par cette absence de tout relief rythmique. Les autres titres, comme « Hear me now » ou « Don't be scared », tentent des rythmiques lentes avec plus ou moins de succès mais rarement plus d'inspiration.
A part la rythmique, l'autre élément fondamental de ce « modernisme » est l'emploi de sonorités évoquant l'indus sans en être – bref : maladroites. Et là où le groupe pêche, c'est justement qu'il ne sait pas les employer, à l'instar de tous leurs compatriotes que je fustigeais quelques lignes plus haut. Il ne suffit pas de « vouloir » sonner Indus, encore faut-il savoir le faire. Les deux derniers titres que j'ai cités constitueront d'excellents exemples de par leur nature lente proche : « Don't be scared » est ruinée par le bourrinage indus de musiciens ne sachant pas ce qu'ils ont entre les mains, alors que « Hear me now », elle, n'a sans doute pas été conçue avec ces mêmes visées modernistes et du coup n'overdose pas : les sons s'y fondent dans son atmosphère naturellement plus moderne, teintée de ce climat déprimé convenant parfaitement à ce traitement. Vous n'y aviez même pas pensé ? Ben oui, vous auriez dû...
What else ? Peu de choses, heureusement peu de choses mauvaises aussi. Les compositions sont souvent courtes, ce qui a l'avantage de rafraîchir les morceaux suffocant le plus sous ce traitement pachydermique, mais qui ne permet pas non plus de développer au maximum les climats naissant des compositions les plus atmosphériques. La seule le faisant vraiment, « Road To Depression », qui conclut l'album, le fait malheureusement mal, en collant une partie instrumentale s'insérant assez peu naturellement à la fin de cette composition plutôt classique... Dommage de finir sur une note maladroite supplémentaire.
Mais c'est la caractéristique principale se dégageant, à mes yeux, de cet album. Sans doute suis-je poussé à moins d'indulgence étant quasi-allergique au dit « indus », mais lorsqu'un groupe se livre à cet exercice m'insupportant de plus en plus par sa propension à se répandre chez des groupes surtout scandinaves justement, j'attends de lui qu'il ne le fasse pas sans raison et surtout sans cohérence dans sa démarche.

Mais All Ends me donne cette impression de n'avoir pas de réelle conception pensée de son identité musicale, ni de réelle maîtrise des éléments stylistiques qu'il entend utiliser. Le résultat est ce deuxième album forcément bancal ne me donnant envie d'écouter le premier que pour voir si, effectivement, les choses étaient « moins pire » du temps d'Emma. Mais que je l'écoute ou pas, « A Road To Depression » ne me laisse appréhender son prédécesseur que de manière bien pessimiste.

Le site : www.allends.se  + myspace.com/allends

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