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Chroniques des albums :

AVANTASIA
" The wicked symphony "
" Angel of Babylon "

TOBIAS SAMMET'S AVANTASIA The Wicked Symphony/Angel Of Babylon

Nuclear Blast

Le genre : suite de la suite de la suite.

Ca y est, voici donc livrées les deux nouvelles galettes du lutin allemand. Toby a fait chauffer le passe-plat pour servir un double album qui ne dit pas son nom (remember Use You Illusion des Guns'N'Roses en 1991). Depuis The Metal Opera en 2001, Avantasia, au départ un pari culotté, un super side-project à Edguy avec plein d'invités de luxe, est devenu une marque de fabrique, une référence. Avec des titres comme Avantasia ou l'énorme Sign Of The Cross , Sammet enregistrait ce qui allait à la fois influencer et servir de mètre-étalon à un genre musical : le métal symphonique. The Metal Opera Pt II sortit un an plus tard, plus heavy, un peu moins homogène aussi et l'histoire semblait close avec ce second chapitre. Mais en 2007, les très marquetés EP Lost In Space préfiguraient le retour de la revanche, The Scarecrow l'année suivante. Placé sous le signe d'une nouvelle orientation artistique, plus heavy que speed symphonique et voulu plus accessible au grand public, l'Avantasia 2008 ne présentait plus l'attrait de la nouveauté ni l'unité du disque originel mais offrait tout de même des morceaux bien juteux. Tels le long et varié titre éponyme, la contribution titanesque de Jorn Lande ( The Scarecrow , Another Angel Down ) et l'apparition jouissive en Toy Master du maître es-grand'guignol (accessoirement grand chanteur) Alice Cooper.

Ne faisons pas durer le suspense : Avantasia 2010 est dans la même veine. Il ne s'agit plus de métal symphonique mais bien d'un heavy power assez classique. Très bien exécuté et sans surprise. Attention, quand j'écris « sans surprise », c'est positivement en me référant à la qualité d'écriture rarement démentie du sieur Sammet, à son habileté diabolique à pondre des mélodies entêtantes et des refrains imparables. A son talent de directeur de casting aussi. En effet, là où on attendait la qualité, elle ne se dément pas : entre autres Sascha Paeth à la gratte et à la prod (rien que ça), les anciens Kiss Eric Singer (batterie) et Bruce Kulick (guitare), Jorn Lande (que Sammet sait décidément employer à sa juste valeur, contrairement à d'autres…) pour endosser le costard de Méphistophélès, le retour de Dédé Matos (un seul titre, Blizzard On A broken Mirror , lui suffit à surnager : la classe), le duo « rêve de gosse à Toby » avec Klaus Meine ( Dying For An Angel ), Jon Oliva se grattant subtilement les… cordes vocales ( Death Is Just A Feeling ). Plus le gros son halleumand, les refrains (déjà dit), les battles de chanteurs (l'excellent Runaway Train rassemble Bob Catley, Jorn, Mickael Kiske et Toby)…

On peut ronchonner sur de gros clichés musicaux et quelques fautes de goût : excès de speederies sans queue ni tête sur Wastelands , brailleries inutiles de Tim Owens sur Scales Of Justice , aspect orchestral relativement limité. En fait, Sammet possédant (c'est indéniable) une recette de sorcier pour écrire de bonne chansons (probablement un filtre à refrain ou un truc du genre), il se contente parfois (comme avec Edguy) d'aligner les pistes (correctes) manquant d'âme (la sirupeuse Blowing Out The Flame sur Angel Of Babylon, Black Wings, States of Matter, The Edge sur The Wicked Symphony). On a beaucoup glosé sur les motivations mercantiles du compositeur. En revenant aux sources des influences musicales de son créateur, Avantasia s'est probablement banalisé. Peut-être Toby touche-t-il aux limites du genre ? Il faut dire qu'avec Aina (déjà œuvre de Sascha Paeth et Miro Rodenberg en 2003) et Avantasia Part I, l'essentiel avait déjà peut-être été gravé… Mais on peut lui concéder que ce choix de l'évolution stylistique représentait une alternative judicieuse à l'usure du concept, afin d'éviter la lassitude à l'auditeur. La haute tenue de la mouture 2010 m'incite à laisser à Sammet le bénéfice du doute. Cependant, dommage qu'il s'obstine à tout sortir. Lorsqu'on compose aussi bien, un poil de (re)cul supplémentaire sur son travail permettrait de conserver uniquement le meilleur. En concentrant l'essentiel, un 12 titres d'enfer eut été possible (et d'y ajouter même une bonus track ou deux)… On frôle l'album parfait pour finalement obtenir une sauce délayée.

Au petit jeu (con) de la comparaison entre les deux disques, mon cœur penche pour Angel Of Babylon, que je trouve plus varié dans ses ambiances, presque sans longueur. Il contient le morceau le plus épique ( Stargazers ) et enfile les perles (Félicie…) comme Angel Of Babylon (dans un style assez pop), Death Is Just A Feeling (morceau surprenant par son ambiance onirique malsaine sur lequel Jon Oliva théâtralise remarquablement son personnage monstrueux en émulant Alice C.), Rat Race (du bon heavy avec Lande, encore), Down In The Dark . Symphony Of Life , composé par Paeth et chanté par Cloudy Yang (belle voix inconnue au bataillon) est une compo atypique, à tendance gothique, qui mise une fois encore sur l'ambiance. Dans un style FM bateau, Alone I Remember fait vibrer la corde nostalgique : ça sonne comme du Van Halen période 5150 avec Coverdale (pardon Jorn Lande) au micro. Je me demande ce que vient faire Promised Land (issu de l'EP Lost In Space 2), par ailleurs excellent titre, sur ce nouvel album. Certes, on a du lourd sur The Wicked Symphony , à commencer par le titre éponyme ouvrant l'album avec la paire Allen/Lande, le duo avec Dédé et même une incursion de Toby dans un registre vocal « extrême » accompagné de sons électro ( Crestfallen ). Tous comptes faits, il s'avère difficile de s'ennuyer à l'écoute de ces deux albums, à moins d'être à la base hermétique aux genres musicaux abordés et insensible aux charmes des artistes interprétant l'histoire. Sur laquelle je ne m'étendrai pas. Sachez qu'il s'agit (encore et toujours) d'un pacte avec le diable, descendant du mythe de Faust.

Les titres à retenir : The Wicked Symphony (le plat de résistance orchestrale) , Dying For An Angel (le single avec des vrais bouts de Scorpions dedans), Blizzard On A broken Mirror (Andrééé !) , Runaway Train (un must un poil prog), Crestfallen (surprenant, doté d'un excellent refrain) , le masterplanien Forever Is A long Time, Stargazers (inspirés par Rainbow, Sammet, Lande, Russell Allen, Kiske et Oliver Hartmann se donnent la réplique : du lourd), Angel Of Babylon, Death Is Just A Feeling ( futur single ? ), Rat Race, Down In The Dark.

Conclusion : du (très) bon, à condition, pour ne pas être déçu, de n'attendre pas de métal symphonique mais de se contenter d'un power métal classieux, savamment composé et brillamment interprété. Comme disait Serge : « pas dégeu ! »

P.S. Vous savez ce qu'il vous reste à faire pour honorer votre discothèque.

Le site : www.tobiassammet.com

Bouteil Bout




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