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AXEL RUDI PELL
" The Crest "

AXEL RUDI PELL The Crest

Spv

Sa pochette présente bien « The Crest » : réalisée par l'illustrateur fantastique Martin McKenna, elle est forte, classique, et soignée. Le contenu, dix nouvelles compositions du guitariste allemand, est à cette image : une heure de puissance, de Heavy traditionnel et de travail irréprochable. C'est avant tout une affaire de tradition ; après une douzaine d'albums parus en une vingtaine d'années de carrière, Axel resigne avec SPV/Steamhammer, repart en studio (chez lui à Bochum) avec son équipe fidèle depuis maintenant trois ans et confie le résultat à Charlie Bauerfeind.
Charlie, c'est la puissance. L'équipe, c'est la tradition : les vocaux Heavy-issimes de Johnny Gioeli, le martèlement de l'énorme Mike Terrana, Ferdy Doernberg aux claviers et le fidèle Volker Krawczac à son poste de bassiste. Et le travail soigné, c'est celui d’Axel bien-sûr, auteur d'un nouvel album léché et fignolé (et produit par Monsieur). Alors à quoi ça ressemble, tout ça ?
Evidemment, à du Axel Rudi Pell. C'est-à-dire Heavy, traditionnel, mais avec le style Axel, fait de classicisme assumé et motivation non démentie en dépit de tout. Et dans cette optique il faut avouer qu'il a l'équipe parfaite : Gioeli assure cette couleur Heavy assumée avec son approche très Dio décomplexée, Terrana garantit la puissance nécessaire pour ne jamais sonner dépassé ou fatigué, l'omniprésence du délicat Doernberg illustre cet équilibre entre nostalgie et détermination, quant à Volker... eh bien n'est-il pas un élément-clé du son du groupe depuis Steeler ?
L'album est comme – je pense – peuvent l'aimer les fans de Heavy des années 2000 : la musique est la même, lourde, dure, composée dans cette optique tout sauf neuve mais avec une détermination et une conviction absolue. « Too late », « Devil zone », « Dreaming dead » sont des modèles du genre. Cette touche Axel que j'évoque depuis le début est une absence de complexe, une façon de pousser cette écriture à son paroxysme comme s'il ignorait tout ce qui a été fait depuis ce Heavy Metal eighties. Ces trois morceaux sont lourds, longs, épiques, sans qu'aucun élément autre ne vienne interférer. Mais tout ceci venant d'une conviction musicale intacte d’Axel, rien de sonne anachronique ni même daté... c'est ça, la classe « Axel ». « Dreaming dead » est irrésistible, son solo digne de Iommi est déroulé sans même y penser, et c'est pour cela qu'il fonctionne. C'est lorsqu'il s'écarte de cette ligne personnelle qu’Axel est moins convaincant, avec « Glory night » qui n'est qu'une ballade, par exemple, donc sonnant plus typée, pour le coup, alors qu'elle ne l'est pas plus que le reste...
Et Axel d'enfoncer le clou de la tradition avec un « Dark waves of the sea » à la rythmique finement ciselée proposé comme une seconde partie à « Oceans Of Time », ainsi que le cinquième volet de ses pérégrinations instrumentales néoclassiques : « Noblesse oblige ». Les références à Blackmore y sont plus présentes que jamais, avec ce jeu fin, réminiscences de « When A Blind Man Cries » qu'il avait repris certainement pas innocemment dès son second album...
Les rares et modestes écarts de cette ligne de conduite sont « Prisoner of love », mid-tempo mélodique ayant le même tort que « Glory night » mais ici interprété avec une ferveur plus « Axelienne », et « Burning rain » à qui cette même ferveur manque et qui tombe donc, inévitablement, dans le mauvais revival 80s. « The end of our time », composé en forme de morceau de fermeture, plus lent, plus pesant, ne laisse aucun doute à l'issue de l'écoute de ces dix pistes : rien n'a changé pour Axel depuis 1989. La musique est la même, mais surtout la conviction est intacte ; Axel est l'un des rares musiciens à pouvoir nous proposer ainsi un album si traditionnel aujourd'hui sans le moindre problème...
Déjà sur la route à l’heure où j’écris ces lignes, le groupe prévoit pas mal de festivals d'été avant de poursuivre cette tournée en 2011. Pendant ce temps, SPV n'en perd pas (de temps) et édite un DVD live assez copieux enregistré dans la foulée de « Tales Of The Crown » dont la présence d'extraits sur la version double de « The Crest » justifie à mes yeux l'investissement requis par son achat. En plus d'une version plus généreuse de « Dreaming dead » dont le solo méritait largement ce format, vous aurez droit à une prestation indéniablement énergique du quintette et assez inspirée, dont une reprise de « Temple Of The King » qu’Axel doit regretter de ne pas avoir incluse sur « Diamonds Unlocked ».
Le reste est pioché judicieusement dans « Eternal Prisoner », « Between The Walls », « Black Moon Pyramid », « Masquerade Ball », « Kings And Queens », « Mystica » et bien-sûr « Tales Of The Crown », avec des parties instrumentales dans l'esprit d’Axel jusqu'à ce jour, c'est-à-dire prenant leur temps (sur « The Crest » encore la plupart des titres font au moins 6 minutes), avec des medleys originaux, « Masquerade ball » / « Casbah » / « Tales of the crown », liés par une guitare Blackmorissime, ou le Sabbathissime « Fool fool » enchaîné à un « Eternal prisonner » où monsieur Pell s'amuse à glisser du Hendrix, du Bernstein et bien d'autres choses encore que je vous laisse apprécier... Mike Terrana a son quart d'heure de gloire, Johnny Gioeli harangue la foule comme personne, charrie Mike et nous prouve ainsi que cette formation du groupe recèle d'un dynamisme incroyable, et Axel évidement fait preuve de cette flamme toujours intacte, Mistreat-isant « Mystica » et bien d'autres choses que les fans de Blackmore comprendront...
Je ne m'étendrai pas, je me contenterai de finir sur ce point que je trouve essentiel : Axel survit toujours en 2010 avec une formule qui semble ne jamais pouvoir perdre de sa fraîcheur, ce que peu de musiciens parviennent à faire. Untel se caricature, untel se modernise, mais Axel semble flotter au dessus du défilement des styles, en faisant fi, tel un John Carpenter de la guitare (les connaisseurs saisiront ; les autres, faites-vous le plaisir d'écouter déjà la version courte de « The Crest »).

Le site : www.axel-rudi-pell.de + myspace.com/axelrudipellofficial

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