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CATHEDRAL
" The guessing game "

CATHEDRAL The guessing game

Nuclear Blast

« Today we're playing the guessing game - uncertainty with what tomorrow may bring - will our vinyl be rare and collectible? »... Sans tomber dans la caricature, il reste certain que Cathedral est une référence au bout de ces 20 années. Ce nouvel album, « The guessing game », était donc bien guetté au tournant. A quoi nous attendre par rapport à leur précédente livraison ? Celle-ci est leur neuvième et déboule tout de même après 5 ans, toujours sous une pochette de Dave Patchett, et également produit par Warren Riker. Premier pas supplémentaire que l'on note par rapport à son prédécesseur, la quasi-heure et demi de musique ici proposée se voit contrainte de s'étaler sur deux galettes. Introduisons donc la première dans le lecteur...

Bon je ne vais pas faire durer le suspens, ce disque est une réussite. Mais qui aurait attendu de Cathedral un ratage, qui ? Pour résumer, le groupe reprend les ingrédients du dernier album en allant encore plus loin. Choix judicieux, celui de garder Warren y compris, se révélant pour le groupe capable de lustrer leur base Doom (il a travaillé avec Crowbar) et d'injecter à la basse un son ronflant qui en fait une machine rythmique au groove quasi-Southern (il a aussi travaillé avec Down). Formule gagnante, et comme on dit, on ne change pas une équipe qui gagne, d'autant plus que le changement, Warren l'apporte lui-même en n'hésitant pas à bousculer les standards par trop immuables du genre, s'essayant sans cesse à des tentatives nouvelles (le solo de « Funeral of dreams » presque mixé en arrière-fond en étonnera plus d'un, mais les séduira aussi j'espère). Pour le reste, le groupe ne cesse de nourrir son Doom d'influences étrangères, et surtout Psyché comme il aime à le faire et avec raison. Seule « Requiem for the voiceless » peut ici être taxée de Doom Metal sans tomber à côté de la plaque. Le reste est un pur melting-pot d'influences. Principalement psyché, donc, et c'est en particulier la psychedelia de la fin des années 60 qui s'infiltre partout, pour arriver à cet effet de délire lysergique qui colore l'ensemble. Certaines mélodies pourraient carrément sortir d'un disque de 1967 (la mélodie de base de « Cats, incense, candles and wine », celle qui ouvre « Funeral of dreams », celle qui conclut « Painting in the dark », celle du morceau-titre gonflé d'orgue...), et l'instrumentation ne cesse d'y faire référence (depuis l'orgue du morceau d'ouverture et de « Funeral of dreams » jusqu'au solo de « The running man », en passant par les breaks de guitare space-rock de « Edwige's eyes » et la guitare de « La noche del buque maldito » ou « Cats, incense, candles and wine » tout en accords 70s à la Hendrix). Génial d'un bout à l'autre. Jusqu'aux violons dignes de Lennon sur « « Funeral of dreams ». Pour le reste, un seul morceau honnêtement Doom comme j'ai dit ; quelques influences Stoner propres au groupe (« Edwige's eyes », les riffs de « Painting in the dark »), du Metal plus traditionnel (du moins pour « Casket chasers »), le fond de commerce inépuisable de Black Sabbath (la mélodie de « The running man » et sa superbe partie instrumentale obsessionnelle, ou le sentiment épique se dégageant de « Death of an anarchist »), une technicité irréprochable (appréciez « One dimensional people »), d'habiles touches de modernité (les passages quasi-parlés, le rythme de « La noche del buque maldito »), et... de l'humour (il en faut bien : cf. les paroles barrées du dernier morceau !). La marmite bouillonne de créativité, donc... Avouons que parfois elle déborde un peu (comme pour « Edwige's eyes », sans doute trop hétérogène), mais ça ne nous empêchera aucunement de nous resservir.

Vous l'aurez compris, le nouvel effort de Cathedral m'a convaincu, et j'ose hasarder qu'il en sera de même pour nombre d'entre vous. Rares sont les groupes Doom ou Stoner à briser les frontières de leur musique et c'est ce qui manque le plus cruellement au genre, voire qui lui porte le plus préjudice. Aucun, aucun groupe de ce milieu ne s'est bâti un univers aussi personnel que Cathedral et c'est ce qui continuera de faire la force du groupe et son intarissable intérêt à nos yeux. Je ne sais pas si on s'arrachera effectivement des éditions collectors de leurs disques en vinyl un jour mais je leur prédis que dis-je je leur garantis une belle retraite.

Le site :  http://www.cathedralcoven.com/ + http://www.myspace.com/cathedral

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