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DOWN
" Diary Of A Madman "

DOWN Diary Of A Mad Band

Roadrunner Records

Empêtrés dans des problèmes juridiques (semblant leur échapper) pour la sortie de leur album Live depuis le mois de mars, Down va enfin pouvoir nous livrer celui-ci, qui s'intitulera donc « Diary Of A Mad Band », en hommage à Ozzy probablement plus qu'à Gogol... Ce disque, double, se verra de plus agrémenté d'un DVD de plus de deux heures retraçant le parcours du projet depuis le retour de Down sur le devant de la scène en 2006 jusqu'à cette fameuse tournée européenne leur première à l'origine de cet enregistrement (capté à Londres).
Rex Brown, remplacé sur leurs récentes dates américaines pour raisons médicales (2 opérations pour une pancréatite, tout de même), tient bien ici la basse pour notre plus grande satisfaction. Le reste de l'équipe est toujours constitué des monstres que nous connaissons et que je ne pense pas nécessaire de rappeler, et le contenu du concert est évidement constitué de matériel solide, très solide : quasiment l'intégralité de NOLA est jouée (ne manquent à l'appel que « Pillars of eternity », « Pray for the locust » et « Swan song »), ainsi que six titres de Down II... Trop tôt pour inclure des extraits de Down III, qui sortira l'année suivante, et trop tard pour insister sur Down II. La setlist s'explique donc.
Du côté du groupe, rien à redire non plus. La performance démarre dans une ambiance chaude et intense avec un « Losing all » donnant le ton, puis gagne en investissement tout au long des 15 titres qui suivront, grâce à un investissement total, irréprochable et sans faille du groupe. Le ton en question est assez direct, brut, dans un esprit plus décidé qu'en studio, et assez intègre (Phil Anselmo se laissant souvent bien trop aller, privilégiant l'immédiateté du moment plutôt que d'autres considérations moins spontanées). Derrière lui, Kirk et Pepper sont étonnants de sobriété, ne débordant jamais du cadre de leur rôle, et Rex lève toute inquiétude quant à ses capacités actuelles, se révélant souvent même étonnant (c.f. « Underneath everything »). C'est cependant Jimmy Bower qui restera à mes yeux « l'homme de la soirée », d'ailleurs salué par Phil sur « The seed », à juste titre... A coté de cela, celui-ci saluera la mémoire de Dimebag Darrell (lui dédiant « Lifer »), la drogue (à l'occasion de « Temptation's wing », « Hail the leaf »...), le public, sans cesse, et... lui-même, se déclarant l'élément manquant à tous ces groupes se croyant Doom car ils s'accordent plus bas et jouent lentement. Il faut dire que plus l'heure passe et plus son esprit s'échauffe (with a little help from the leaf je suppose), rendant la prestation de plus en plus électrique.
Le son, moyennement clair, est en fait adapté à cette ambiance par son caractère « live », me permettant (et à vous aussi j'espère) de ressentir cette ambiance assez intensément. Tout cela concourt à transcender pas mal de titres par rapport à leur version studio, en révélant comme jamais tout leur côté gras (« Lysergic funeral procession », « Eyes of the south »), lent (« Lear from this mistake »), mais aussi mélodique (« Hail the leaf »), et fait plus clairement ressortir les aspects Black Sabbath (« Lysergic funeral procession », « Jail », « Stone the crow ») et Pantera (« Hail the leaf », « Underneath everything ») par le dépouillement prévalant ici. Rien à redire à tout cela. Le savoir-faire du quintette est tel que la réussite est quasi-constante, malgré l'état de plus en plus physiquement fatigué des membres. Le premier frisson n'attend pas et vous prend dès le groove ronronnant de « Lifer » où le public répond puissamment à l'évocation de Dimebag, et reviendra, après une semi-pause de quelques titres le temps de laisser le groupe installer l'ambiance à la faveur de « Ghost along the Mississippi » et « Learn from this mistake », s'enchaînant comme sur Down II. Les guitares s'affûtent, Phil finit par se synchroniser avec la dynamique de la musique, et le résultat coule tout seul, de lui-même... Le public ne s'y trompe pas et vous sentirez sans peine l'ambiance se resserrer dans la salle. L'attaque de la deuxième moitié du concert se fera avec une surenchère rythmique, révélant les géniales capacités de ce groupe à qui la dépense ne fait que gagner de l'excitation. Et à partir de « Eyes of the south », c'est parti : la fin de concert approche et pas question de gâcher une miette d'énergie. Le final est vraiment jouissif, avec des musiciens réellement habités, une atmosphère magnifiée et un sens musical sublimé. « Jail », « Stone the crow » et « Burry me in smoke », qui constituaient sans doute les rappels, sont réellement électrisants. On en rajoute des kilos, on creuse le plus profondément possible des sillons musicaux dans ce terreau sudiste et Down fait ressortir tout ce qu'il a dans son énorme personnalité musicale. Le dernier titre, entamé après la proposition de Phil de terminer par un Green Day, s'étire sur 12 minutes alors qu'on ne croyait plus que le groupe allait pouvoir nous en proposer encore, avec un Phil à la voix désormais incontrôlable et un groupe jouant depuis deux heures de plus en plus lourdement... Mais c'est Down, et ce n'est pas au public d'un de leur concert qu'ils vont accorder du répit.

Les fans du projet le savaient déjà mais voici désormais discographiquement établie la preuve que les cinq musiciens ont un niveau d'interprètes d'exception. Plus que leurs qualités d'instrumentistes, ils ont cette énergie, ce sens de la dynamique et cette relation à leur public qui font la différence entre un grand groupe et une formation non rôdée. Cette qualité est là indiscutablement présente et le DVD accompagnant « Diary Of A Mad Band » viendra fort à propos appuyer ceci. Il ne s'agit pas du même concert, mais la setlist comprend les mêmes titres (augmentés de « There's something on my side ») pour ce qui promet donc d'être au moins aussi jouissif que le double CD. La version deluxe de Down III proposant quelques images de cette époque peuvent peut-être donner un avant-goût de ce à quoi s'attendre... Sinon, selon Windstein le tout sera orienté « documentaire », avec la préparation de la tournée, plutôt que « life on the road », chose qu'ils répugneraient à faire désormais après la disparition de Dimebag. Dans un registre plus réjouissant, la sortie de ce Live est censée donner le coup d'envoi du travail sur Down IV (mais Windstein étant théoriquement en studio pour le deuxième Kingdom Of Sorrow je ne sais qu'en penser... Espérons juste que cette fois-ci on passera sous la barre des 6 ans entre deux Down).

Le site : www.down-nola.com + myspace.com/downnola

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