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DREYELANDS
" Rooms Of Revelation "

DREYELANDS Rooms Of Revelation

Lion Music

Un très bon coup d'essai que ce « Rooms Of Revelation » pour Dreyelands, combo hongrois formé il y a 7 ans. A peine un EP enregistré en 2007 qu'ils se mettent à tourner un clip (qui leur offrit de très bon échos même au delà de leurs frontières) et composer un concept album, achevé la même année, malgré un changement de claviériste. Convaincu par ce travail, Lion Music les signe en 2009 et commercialise cet ambitieux premier album l'année suivante.

L'intro qui ouvre « Room Of Revelation » nous plonge dans l'histoire de ce gars se baladant dans une maison (les morceaux suivants illustrent ses pérégrinations à travers les huit pièces) se révélant n'être autre que son esprit, schizophrénique de surcroît : le bonhomme découvre en effet que « l'autre lui » est à l'origine du meurtre de toutes les femmes qu'il connaît... Cette métaphore de la peur d'une vie de couple est transcrite musicalement par huit compositions allant, de la première à la dernière (illustrant la mort du personnage), d'un Hard Rock léger un peu AOR à un Metal très progressif de plus en plus sombre même si l'on n'arrive pas au Metal extrême suggéré par la pochette! Tout se joue entre les lignes vocales très mélodiques responsables des atmosphères Power-friendly interprétées par une voix allant du registre aigu de « Seek for salvation » à des choses de plus en plus profondes, et les guitares agressives d'abord discrètes sur les premiers morceaux, plus lents et accompagnés de claviers étonnamment rétros, puis de plus en plus présentes, d'abord à travers des rythmiques Hard Rock (« Can't hide away »), de courtes interventions plus Metal (« Pretending »), des rythmiques Heavy (les quelques cavalcades de « Fragment »), des soli 80s (« Fragments » et « Vain ») puis des parties vraiment massives pour « Leaving grace ». Les timings s'allongent aussi et les structures se complexifient, d'abord par l'enchaînement de courtes parties instrumentales (« Pretending » au clavier, « Vain » à la guitare soutenue par une sacré basse) puis par des structures typiques du Prog (essentiellement « Leaving grace »). Et c'est là qu'excelle le groupe, son sens du changement rythmique relevant réellement du don : les premiers morceaux sont parsemés de si subtils changements qu'on ne les relève même pas (« Seek for salvation », le passage ternaire de « Can't hide away »), puis vient le break un peu plus Metal de « Fragments » dont la guitare cède rapidement la place au clavier chargé d'installer l'ambiance prog, le temps que la guitare soit de nouveau en mesure de venir cette fois le soutenir, tout cela pour donner le plus naturellement possible lieu au retour de la ligne vocale... c'est ce qu'on appelle un sens inné de l'arrangement. Puis avec les constructions plus ambitieuses des morceaux suivants, ces arrangements vont devenir plus présents et importants, au point de redéfinir la ligne mélodique de « Fragments », ou lui voler la vedette pour introduire le solo de « Vain ». Sur ce dernier morceau ainsi que le suivant, on arrive enfin dans des structures totalement Prog et s'assumant comme telles.

Le parallèle entre tous ces différents éléments est assez impressionnant, et l'on ne peut qu'écouter et réécouter ce voyage aussi bien mélodique et rythmique qu'atmosphérique d'un pôle à l'autre du disque, en admirant plus à chaque écoute la maîtrise totale de son sujet par chaque membre du groupe sans exception. Il est rare qu'un disque de Prog parvienne à capter notre attention par son ambition, tant celle-ci est inhérente à cette musique, mais ce groupe se distingue sur ce plan. Il est rare aussi qu'une formation Prog parvienne à un tel compromis entre les canons du genre et d'autres styles au point de remettre en jeu son étiquette d'appartenance au groupe. Pourtant, comme moi, vous hésiterez bien jusqu'à « Room 4 » avant de les cataloguer définitivement Prog, tant l'album tarde à montrer nettement la prédominance de sa facette progressive. Choix du compromis et redéfinition de l'ambition du genre, voilà malgré tout deux chalenges que les membres de Dreyelands ont choisi de relever sans la moindre hésitation et ce dès leur première réalisation... Chapeau.

Le site :  www.dreyelands.hu + myspace.com/dreyelands

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