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HYDROGYN
" Judgement "

HYDROGYN Judgement

Bad Reputation

Troisième album des hardos ricains de Hydrogyn, « Judgement » sort alors que le quintette se sépare de Jeff Young, et se prépare à monter sur scène sans James Lomenzo (ex-Megadeth lui aussi). Jeff Westlake est toujours bien là, lui, ainsi que sa Julie comme la pochette le prouve, et s'occupe même de la prod (avec Young) et du mixage, excepté « Rigth thing now » en partie laissé aux soins de Michael Wagener, producteur des derniers King's X, dont le bassiste Doug Pinnick apparaîtra d'ailleurs sur « Big Star ».
Des invités, des départs... et ce nouvel album, donc. Toujours Hard, comme il se doit, avec une tendance à l'affinement du son vers quelque chose de plus moderne. Et pas que le son d'ailleurs, certaines parties allant dans le sens d'une « Neo-isation » ou du moins d'une actualisation. « Right thing now » le titre co-produit par Wagener est sans doute le parfait exemple du Hydrogyn de 2010 : un riff Hard Rock, un chant irrévérencieux évoquant le Glam et une mélodie piochant dans le répertoire actuel. Voilà le Hydrogyn d'aujourd'hui.
Mais si quelque chose est plus prononcé que jamais sur « Judgement », c'est bien la variété, car celle-ci déborde très souvent du strict cadre du Hard : Ce modernisme, déjà, va du simple son (il domine sur « Alone ») à l'écriture (« Right thing now », donc) en passant par le chant (« Lost Reality »). L'écriture, ensuite, sans sortir du cadre du Hard, s'en éloigne parfois beaucoup. « Big star », le morceau avec Pinnick, est bien Hard mais pas du tout dans le sens Hydrogyn-ien : c'est carrément une compo de ce revival Hard/Glam dont les représentants sont plutôt Airbourne ou autres... Quant à « Too late », elle ressemble plus à une compo Rock rhabillée de riffs Thrash.
Au sein même du registre traditionnel du groupe, on remarque une insistance à ne pas se contenter de cette tendance moderniste avec les tout de même deux compos bien traditionnelles que sont « Gold dust woman » et « Don't be my judge », lentes et sombres, assez typées mais réussies.
Tout cela a beau être bien développé, ainsi que la prod et la qualité instrumentale (je vous renvoie au solo de « Big star »), l'album souffre d'un manque de cohésion, et d'un assemblage hasardeux, pas dans son balayage stylistique mais dans la composition et l'écriture elle-même, un travers bien commun chez nous mais dont les américains sont généralement exempts, pourtant, ce qui ne peut que plomber Hydrogyn...
Heureusement, ceux-ci ne manquent pas de ressources et nous montrent que, malgré ce défaut, leur énergie leur permet de nous proposer de grandes réussites, et je vous ai gardé pour la fin les pépites du disque, à mes yeux : « Self destruct » et « Medicate ». La première réussit haut la main ce pari que Hydrogyn s'emploie à relever sans y parvenir, ainsi que la majorité de la scène musicale actuelle je dirais : la véritable fusion des genres et des styles. Ils prennent une ligne Hard bien groovy et lourde et la soumettent au traitement moderne, fait de tics sonores plus qu'autre chose, certes, mais extrêmement solide. Le résultat ne se contente pas de tenir debout mais est, de plus, diablement efficace. L'esprit reste groovy et Glam mais sans sembler traditionnel. Qui plus est, le chant y est purement fort sans se la péter (meilleure performance de l'album, débarrassé ici de cette gouaille trop Glam), et le groupe se permet même de l'amener avant le final vers quelque chose de différent, plus simple et moins lourd, le final en question étant fait de sacrés motifs rythmiques ajoutant encore une couche à cette réussite musicale...
« Medicate », maintenant, fait de même dans l'autre sens, en prenant une rythmique moderne et y ajoutant une slide, d'excellentes lignes de guitare soliste puis un chorus Glam, ainsi qu'une rythmique prenant bien son temps, gagnant ainsi en puissance. Julie pousse son chant au même niveau d'intensité et le morceau retrouve ainsi ce même degré de force que « Self destruct »... Fuckin' great.
Bien sûr, bien sûr, vous aurez compris que tout n'est pas de ce niveau, et que ces deux titres sont même remarquables, justement car ils parviennent à cette synthèse où les autres échouent, mais ça ne les empêche pas d'ajouter une dimension supplémentaire à l'album, celle de la « fusion » des époques, sans laquelle ledit album serait plus pâle.

Donc... pas un bond de géant pour Hydrogyn mais un album tout sauf décevant.

Le site : www.hydrogyn.com + myspace.com/hydrogyn

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