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JULIEN DAMOTTE
" Trapped "

JULIEN DAMOTTE Trapped

Autoproduction

S'il n'est pas un débutant, Julien Damotte, guitariste originaire de Clermont-Ferrand, n'en sera pas moins un inconnu pour la plupart. Pourtant trentenaire, avec 18 ans de carrière au compteur, il n'a jusqu'ici produit qu'une démo en 2003, entièrement instrumentale, révélant ses influences ancrées dans la musique de Shredder... Les choses prennent cependant un tournant plus sérieux avec ce « Trapped », album conceptuel de son cru sur lequel il s'est mis à plancher dès l'année suivante, pour lequel il s'associe au claviériste de son ex-groupe MadOnAGun (dont le chanteur ferra également une apparition ici), et qu'il fait mixer et masteriser respectivement par Kevin Codfert et Jürgen Lusky, sans doute à cause de leur travail pour Adagio dont l'alumni Gus Monsanto vient interpréter ici une bonne poignée de titres, à côté d'autres invités aussi divers que le vocalise Buzz du groupe Tubular Brain et la chanteuse Soul /RnB Maya (l'ouverture, mes amis, l'ouverture… c'est tendance), et des guitaristes Mattias Eklundh de Freak Kitchen et Christophe Godin du groupe Mörglbl Trio.

Et pour ce premier vrai album, Julien a tout autant mis le paquet côté écriture : ambitieux, cet album se veut une réflexion assez autobiographique sur la vie, dont chaque composition ici reflète un chaînon. Si vous vous attendiez – à raison – à un album 100% Shred, le « Opening Chapter » vous déstabilisera d'emblée par sa simplicité. Classique, mélodique, c'est une composition efficace et de qualité mais très modeste. A peine l'intervention très fraîche de Julien en son milieu vient-elle relever la guitare rythmique d'un dépouillement déconcertant. Cette composition d'ouverture, qui se veut un résumé de tous les thèmes du disque, s'enchaîne au « The voice within your soul » chanté par Gus, ce qui lui donne un certain relief. Pour le reste, à peine un aspect plus Prog vient-il perturber cette simplicité persistante, tout de même entrecoupée de soli plus prononcés et de parties instrumentales plus développées. Le reste du disque sera globalement du même acabit : côté composition, on reste très sage, se contentant de changer ici et là de style de façon à coller au concept, notamment pour « The inner struggle », composition centrale de l'album partagée à 3 voix, et « What you've been through » qui la prolonge, présentant peut-être les plus belles parties instrumentales du disque, couplées avec la basse puis les claviers pour un final de toute beauté. Les autres plages ne seront guère plus ambitieuses, mis à part le « Ending chapter » à l'architecture beaucoup moins linéaire, au gré des interventions de Maya et des soli (de fous) de Mattias et Christophe. Le reste est bien plus classique et se contente d'inclure un « Death » en forme de balade, d'écriture moyenne mais transformée par son superbe piano, et le très traditionnel « Dying », qui malgré ses arpèges qui font tout son intérêt, est d'écriture tout aussi moyenne, et qui plus est probablement chanté par Julien lui-même tant son chant la plombe... Il aurait fallu inviter un vocaliste de plus pour les plages dont Gus est absent! Pour le reste, rien à redire sur l'interprétation : j'ai déjà salué le claviériste Nach sur « Death » (et le final de « What you've been through »), il le mérite tout autant pour sa partie partagée avec la basse sur « Ending Chapter ». Et à côté de l'interprétation, les arrangements méritent encore plus nos louanges : les guitares de « The voice from within your soul », la rythmique basse/guitare de « Eternal Love », et les superbes parties instrumentales sur « Ending Chapter » qui donnent toute sa couleur au morceau. Du beau travail.

Quant à cette timide virtuosité de la guitare, en fait sa discrétion ne nuit pas. D'ailleurs il s'agit d'une discrétion toute maîtrisée et de dosage. Ses meilleurs moments en ressortent bien mieux (en particulier « What you've been through », pour moi). La simplicité des compositions, en revanche, est plus décevante, qu'il s'agisse d'un parti-pris ou pas. Je pense qu'on pouvait vraiment se permettre plus d'ambition. Le concept du disque le permettait et le travail des arrangements était là pour soutenir le tout. C'est donc avec un petit regret que nous terminons notre écoute, mais également avec la satisfaction de ne pas avoir connu un seul moment laissé au hasard sans cette main de maître derrière chaque seconde de son pour ficeler le tout avec un savoir-faire total.

Le site :  juliendamotte.com + www.myspace.com/damotte


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