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K2
" Black Garden "

Black Garden

Magna Carta

Le voyage est l'ouverture de l'âme. C'est un séjour à Hawai et le pacifique sud qui remplit Ken Jaquess de l'inspiration nécessaire pour donner un successeur au premier album du quintette américain K², paru il y a 5 ans. Et c'est toujours l'histoire (« Book Of The Dead » traitait de l'Egypte) qui fournit cette inspiration au bassiste, nous brossant ici une fresque narrant l'épopée des premiers polynésiens, quittant les rives de l'Asie au 1e millénaire avt JC sur de frêles embarcations à destination d'un pacifique sud encore inconnu. Pour cette nouvelle saga, le groupe passe chez Magna Carta et est malheureusement obligé de se séparer de Allan Holdsworth dont la guitare illuminait « Book Of The Dead », mais également de la voix de Shaun Guerin désormais tue à jamais. Ryo Okumoto de Spock's Beard, lui, est toujours aux claviers...
Globalement, « Black Garden » est dans le même esprit que son prédécesseur, à savoir un Prog un peu Heavy teinté de diverses influences plus anciennes, essentiellement progressives mais également Hard Rock. Le morceau-titre, qui ouvre l'album (avec un thème oriental déroutant vu le concept...), est déjà représentatif bien qu'étant le plus court (j'entends par rapport aux autres, vu ses 6 minutes et demi) : bâti sur une rythmique Heavy « Prog-isée » prenant son temps, il distille d'abord des parties de guitares splendides de pertinence et lucidité accompagnant brillamment le thème pourtant pas évident, puis la voix pas si typée Prog que ca du nouveau vocaliste, profonde, pouvant évoquer les chanteurs Prog 70s mais également les voix plus chaudes des Sixties (genre Steve Winwood), quoique le modèle de Peter Gabriel viendra souvent étendre son ombre sur elle (dès « Widows watch »). Mais pas hors de propos, Genesis étant un des modèles les plus évidents de la formation : le tissage des courtes parties constituant l'essentiel de leurs compositions ainsi que leurs imbrications de fines rythmiques carrées le rappellent à presque chaque morceau (« Encounter of absence », « Storm at sunset » et « Path of the warrior » essentiellement). Bien que par endroit cette influence peut devenir gênante (je pense à la multiplication de brèves imbrications des morceaux les plus longs), elle est de manière générale assez peu appuyée pour ne pas déranger, et surtout enrichie d'autres éléments assez rafraîchissants, notamment les influences 70s et Hard Rock. Les soli de guitare en particulier n'hésitent pas à abandonner le Shred moderne pour des parties ouvertement traditionnelles, et les claviers, toujours typés Prog mais avec un minimum de retenue, laissent volontiers leur place à un orgue 70s pour notre plus grand plaisir sur « Encounter of absence » et « Path of the warrior ». Pour compléter ce tableau instrumental, la basse de Ken a la lourde tâche d'homogénéiser le tout, dont la complexité a grandement besoin d'un soutien, tâche qu'il parvient à accomplir à lui seul sans alourdir particulièrement le son. C'est d'ailleurs une grande qualité de ce son, qui m'a surpris sur la quasi-totalité des pistes, que de parvenir à conserver un côté léger, comme si l'on avait tenté d'éviter d'y combler obstinément tout espace vide. Sur les parties instrumentales, c'est particulièrement appréciable, et c'est lui que vous remarquerez sur chaque intro, lui qui parvient à installer une ambiance différente à chaque nouvelle piste – car elles sont diverses. Seule cette légèreté restera constante, chose particulièrement judicieuse vu l'aspect volontairement « cosmique » que Ken veut donner à son œuvre. Nombre de sons sont empruntés à Yes voire Vangelis à cet effet, afin de donner à l'œuvre la dimension éthérée probablement inspirée à Ken par l'idée de ces navigateurs primitifs perdus au milieu d'un océan démesurément puissant par rapport à eux en pleine nuit noire, avec pour tout guide les étoiles à scruter dans le ciel. L'image est bête, mais sa transcription se ressent, et pas seulement dans les textes. Les plus longues plages instrumentales sont souvent aussi les plus légères, avec une simple ligne de guitare étalée le long de motifs de claviers à l'atmosphère remarquable.
Pour un résultat franchement remarquable lui aussi. Non seulement le thème de l'album – quelle que soit la simplicité avec laquelle il est ici traité – est plaisant par son originalité, mais son traitement musical l'est aussi, grâce à des arrangements d'une luminosité rare en dépit du lourd background musical des membres. Peut-être pas le plus solide album de Prog de l'année mais assurément l'un des plus plaisants.

Le site : http://www.myspace.com/k2ken

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