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KAMELOT
" Poetry For The Poisoned "

KAMELOT Poetry For The Poisoned


Le genre : chameau tiède.

Kamelot, oserais-je l'écrire, porte plutôt mal son nom. Effectivement, point d'arnaque ni trop de déception post achat jusqu'à présent avec les précédentes livraisons des power-prog-sympho métalleux floridiens. Et, autant prévenir tout de suite, on retrouvera ici le timbre si particulier de Roy Khan et les lignes ultra mélodiques de Thomas Youngblood, sur un fond orchestral très arrangé, bref ce qui fait à la fois la personnalité, l'intérêt et parfois la faiblesse (on y reviendra) du groupe. Notons que l'ambiance, qui prend, à mon sens, presque tout au long de l'album le pas sur la composition est, en 2010, au sombre : the dark side of the power metââl ?
Avant de décortiquer les titres, il faut saluer une production à proprement parler énorme. Pour être vraiment objectif, je me dois de signaler qu'elle sait magnifier certaines compositions, masquer certains manques et parfois aussi occulter l'ensemble… Un son de folie, en tous cas, bien dans son époque et qui n'hésite pas à recourir à Mr. PC (bonjour les retouches vocales !) Habitué des envolées lyriques, Roy Khan chante ici souvent dans un machin électronique qui module son timbre et, si c'est parfois surprenant, voire déroutant, j'ai surtout trouvé ça pénible à la longue. En clair, il ne faut pas abuser des petits effets rigolos (imaginez tout un disque joué à la talk-box…) Il en résulte que le chant n'est pas le point fort de cet album, d'autant que les lignes mélodiques sont souvent noyées d'effets et/ou phagocytées par les arrangements. Du coup, c'est la gratte qui se taille la part du lion. Et quelle part, mes amis ! Car là, c'est du très savoureux : dans le rapide ou le plus posé, toujours la mélodicité (c'est du Ségolène Royal !). Les soli de Youngblood sont accrocheurs, à la fois techniques et mémorisables et on les attend en salivant d'avance. Allez, j'avoue tout… J'ai mis un temps fou à pondre cette chronique, hésitant que j'étais entre qualifier cet album de grosse déception (le côté convenu de plusieurs compos, le traitement du chant) et le plaisir amplifié écoute après écoute par le travail du guitariste.
Comme d'hab' chez Kamelot, on retrouve une frappe de batterie du tonnerre de Zeus (Casey Grillo n'est pas un manche). Et un large panel d'invités. L'habituelle Simone (Simmons d'Epica, d'après qu'elle est avec le clavier mais chut…) La talentueuse Amanda Sommerville aux chœurs (elle passerait lead à la place de l'autre qu'on n'y perdrait pas au change ni en épaisseur, enfin j'dis ça, j'dis rien…) Björn Strid (de Soilwork) et ses grunts, qui reviennent comme les cerises tout au long du disque (pour nous les péter…) Gus G. (Ozzy, Firewind) et sa lead furieuse (attention, grand moment !) Jon Oliva et son personnage vocal inquiétant, dans le rôle du tueur au zodiaque (ça sent la redite de chez Avantasia).
Le point noir de cet album c'est justement cette ambiance sombre et mélancolique qui envahit tout et, finalement, ne met pas en valeur le timbre de Khan (pourtant son principal atout compensant ses possibilités techniques), voire plombe un peu plus certains mid-tempi convenus peinant déjà à décoller ( My Train of Thoughts ). A noter le dommageable échouage du titre 2, If Tomorrow Came , doté de couplets ad hoc, d'un pré-refrain impeccable mais affublé d'un refrain totalement exaspérant (enfin, là j'avoue être carrément subjectif). Un petit râlage supplémentaire à l'encontre de la pauvre ballade (en duo avec Simone) mille fois entendue, hyper scolaire et plan-plan : House On A Hill (que je laisse volontiers à Benny). Etonnant dans un album aussi produit, le titre éponyme surprend par son aspect bancal et foutraque. Contenant de bonnes idées (les échanges entre les vocalistes, les interventions lead ), il est pourtant découpé à l'emporte-pièce, au petit bonheur-la chance, en quatre parties arbitrairement affublées d'un numéro. Sans aucune cohérence apparente ni transition marquée, sans thème repris ni gimmick reconnaissable, c'est pour obtenir le label « certifié prog' » qu'ils ont pondu un four parts au lieu de simplement aligner quatre chansons ?

Les titres à retenir : Hunter's Season , avec une mélodie imparable et le super solo de Gus G. (c'est le vrai single de l'album, ce truc est jouissif), Necropolis pour son ambiance et ses cuivres, All Is Over (le retour de Mr. Patate), Once Upon A Time .

En conclusion, Poetry For The Poisoned n'est pas une œuvre majeure, la faute en incombant à la platitude de certains titres et à des choix vocaux que j'estime hasardeux. A l'inverse, il s'agit d'un disque agréable à réécouter et qui s'avère alors bien plus intéressant, mélodiquement parlant, à la dixième audition qu'à la première. Bizarrement pour du power (parce que c'est bien de cela qu'il s'agit, quand même), il est moins accrocheur que plaisant. Dommage quand même qu'avec autant de capacités, Kamelot n'offre qu'un cadeau empoisonné (facile) en demi-teinte, alignant l'excellence avec le tout-venant.

Le site : www.kamelot.com

Bouteil Bout






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