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KICKHUNTER
" All In 2010 "

KICKHUNTER All In 2010

Rockphone Records

Le genre : blague à 30 cents (cf. le nom du groupe).

Faisant sien le titre des Beach Boys, « fun, fun, ‘til her daddy takes the T-Bird away », Markus Grosskopf, ci-devant bassiste cucurbitacée (Helloween, vous connaissez ?), participe à Hambourg à un groupe parallèle, avec lequel il joue du wok'N'woll (un truc asiatique). Un groupe pour se changer les idées, donc, loin du speed mélodique cher aux keepers. Et c'est bien sous cet angle du « just for fun » qu'il faut aborder All In, ainsi pas de surprise ni de déception : on est juste là pour taper du pied et hocher la tête (en faisant attention à ne pas renverser sa bière) ! Rick Hunter, donc (celle-là, je la dois à mon patron qui lui aussi était jeune dans les années 80) donne dans un hard rock bluesy mâtiné de heavy (pas trop quand même), virant parfois new wave (si, si). Ca ratisse donc large, sans se poser la question de la cohésion. Ce qui pourrait déranger sur un projet « sérieux » peut être rafraîchissant dans le contexte d'un album pour le plaisir, ayant plus d'ambition scénique que d'intérêt pour les chaînes HiFi.

C'est ainsi qu'on entame les hostilités (pour de faux, c'est clairement pas des méchants) avec un Mine All Mine qui me rappelle mais alors trop pareil le Slide It In de cet obsédé de Coverdale : même phrasé, même scansion, même groove blues'n'roll. On retrouvera d'ailleurs à plusieurs occasions cette influence du Whitesnake période bleue : dans les parties (intimes, forcément) de gratte de Shy, Shy, Shy et Boogie Town qui évoquent le galurin, la moustache et la slide de Micky Moody, également dans les interactions délicieusement surannées entre guitare crunchy et orgue Hammond B3 que j'affectionne toujours autant. Nostalgie, quand tu nous tiens… Car autant l'écrire dès maintenant : si c'est de l'innovation que vous recherchez, passez votre chemin ! On a dit que c'était pour rire (« beurp ! Roger, passe-moi une kro, s'te plait… ») Le second morceau, Revolution , est drivé sur les chapeaux de roues par la section basse/batterie. Ce titre curieusement hybride commence comme un boogie speedé et vire pop avec son refrain (au choix) hasardeux ou culotté. Autre titre improbable mais fonctionnant finalement je ne sais trop comment (à l'usure ?) Another Tear propose un riff à la fois entraînant et… qui n'en finit pas. J'attire votre attention sur ce riff un poil dépressif : un truc spécial débutant au Hammond (ambiance Mr. Crowley du Madman) et repris par la guitare : je n'arrive toujours pas à décider s'il est bien senti parce qu'efficace ou mal foutu parce que bancal et semblant inachevé. A vous de décider après écoute. Ici encore, les allemands s'essaient à une sorte de crossover entre hard, pop et tendances bruitistes. Qui a dit iconoclaste ? Ce titre s'avère représentatif de l'ensemble : très professionnellement interprété, il cherche à s'affranchir des codes de tel ou tel genre mais peine à numéroter ses abatis et pâtit du côté besogneux (scolaire ?) de la composition.

Quand on visite leur site Internet (au contenu, telle la bio, en allemand : merci les mecs) on s'attend éventuellement, vues les dégaines, à un groupe de rock sudiste mais c'est donc plus d'un melting pot dont il s'agit. On trouve bien sur ce disque des intonations Skynyrdiennes ( Feels Like Home ) et même des tendances countrysantes pour orchestre (sur la balade Deep In My Heart ). Mais décidément, Kickhunter, c'est du hard pour bikers , nourris aux cailloux, abreuvés à la bière (on l'a déjà dit) et torchés au ZZ Top (voilà pour la petite référence culturelle de cette chronique). Qu'écrire de plus ? Qu'ils ont aussi écouté de la new wave ! Et je ne cherche pas qu'à attirer votre oreille vers la reprise (assez plate au demeurant) du Call Me de Blondie mais aussi vers les sonorités et l'écriture d' Another Tear . Ah, et j'oubliais le Flamant Rose (c'est le second effet de la kro…) dont l'ombre plane (normal) sur Ocean . Il est à noter l'espace vocal mixte, partagé par le chanteur JC Wesenberg et la chanteuse Melanie Black , ce qui promet des échanges sympa sur scène.

En fait, les seuls vrais reproches que je crois pouvoir adresser à ces pros qui se font plaisir en jouant les musiques qu'ils aiment, c'est de proposer, malgré la prod halleumande hyper carrée assurée par le guitariste et compositeur Stephan Aurel (coaché par Dennis Ward), un son un peu molasse et surtout de commettre certaines longueurs qui n'ont à mon humble avis pas leur place sur disque : l'intermède (c'est plus un break, ça) de Revolution et certaines reprises instrumentales plus que délayées. Bizarrement, pour un album de zicos qui se marrent, ces occasions ne sont même pas mises à profit pour placer des soli débridés : étrange autant que dommage !

Les titres à retenir : rien d'inoubliable mais un Mine All Mine et un Shy, Shy, Shy sympatoches et un Another Tear qu'il vous appartiendra d'apprécier ou d'exécrer !

En conclusion : bourré de bonnes intentions, All In se révèle un peu mou du genou et convenu ; le chant y manque de charisme, même s'il est irréprochable de justesse et de mélodie.

P.S… si All In pouvait être un point de départ pour de jeunes auditeurs, qui les conduirait à découvrir, en remontant le temps, les Come And Get It, Saints And Sinners et Slide It In du Serpent Blanc, alors l'avoir enregistré n'aurait pas été vain…

Le site : www.kickhunter.com

Bouteil Bout






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