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LA BANDA DE OSIRIS
" Despertar "

LA BANDA DE OSIRIS Despertar

Ribera Records

Alors là... voilà bien un groupe d'outsiders ! La Banda De Osiris s'est formé en Argentine en... 1971 ! Et ils ne se décident à enregistrer qu'aujourd'hui... En effet, depuis leur formation, ils n'ont œuvré que dans le registre « écumeurs de scènes ». Oh pas que ce ne soit à leur crédit mais bon...
Seul membre originel de la formation (tu m'étonnes !), le leader Miguel s'adjoint, il y a dix ans, un nouveau chanteur pour ce qui va lentement conduire au Banda De Osiris d'aujourd'hui... Ils sont rejoints, cinq ans plus tard, par un guitariste et un batteur, et se décident à entrer en studio, se disant qu'à ce rythme le prochain album sera pour 2045, ce qui dépasse l'espérance de vie communément admise pour l'Argentine et qu'aucun d'eux ne sera donc de la partie... Rejoint in extremis par le bassiste ici présent, voici le quintette tout beau tout neuf, malgré les maintenant 39 ans de la Banda , prêt à sévir sur les platines grâce à « Despertar ».
Le titre l'indique à raison, La Banda De Osiris chante dans sa langue natale. Et, comme pour beaucoup de groupes hispanophones, vous aurez remarqué que ça donne une certaine teinte particulière au résultat. La Banda (appelons-les comme ça, voulez-vous) confirme la règle, et c'est tant mieux car, mise à part cette particularité, tout est ici très convenu. Le registre est Heavy, et assez proche de celui de leurs débuts, c'est-à-dire les premiers groupes seventies. Est-ce négatif ? Les habitués d'Ultrarock notant les signatures en fin de chroniques savent qu'ils lisent là les propos d'un fan de « old school », mais la musique de la « Banda » n'est pas juste « old school » : elle est standard.
Je pense que, même dans les seventies, le groupe ne se distinguait guère. La plupart des morceaux sont basés sur les rythmiques les plus basiques du Heavy, sans y rajouter grand chose d'original niveau chant, mélodie ou instrumentation. Et, niveau textes, je ne peux guère juger, mais le simple fait que je m'en fasse une idée malgré la barrière de la langue semble indiquer que ça ne vole pas bien haut... Bref, La Banda n'a rien d'exceptionnel à proposer. Alors quid de ce disque, y trouvera-t-on quelque chose à se mettre sous la dent ?
Il y a d'abord le chant, qui a la bonne idée de ne pas trop suivre les standards, gardant ce timbre Rock assez frais, ce qui donne un peu de punch aux compos les plus plates comme « Abismal ». La guitare soliste adopte également un son Rock à l'occasion (« Despertar », « Mundo corrupto »). Mais ces subtilités sont malheureusement bien difficiles à apprécier du fait du son plat et immobile régnant d'un bout à l'autre... Certes difficile de les blâmer pour ça mais les effets sont fortement négatifs.
Et ce qui n'aide pas, c'est que la section rythmique du groupe n'offre guère plus de relief : bref, on risque de s'ennuyer. Alors, qu'est-ce qui pourrait nous motiver ? L'écriture mélodique, je l'ai dit, est franchement standard et n'offre que peu d'intérêt (notons « Guerrero » qui se distingue, mais sans briller...). Les rythmiques, en plus d'être assez peu puissantes, sont donc standards : Speed pour « Guerrero », ternaire guerrier pour « Sin salida », cavalcades NWOBHM pour « Volver a sentir »... rien de ce côté-là non plus.
Alors là vous me direz « oui mais le Heavy hein ce n'est pas connu pour être original ». Seulement, les groupes Heavy parviennent à remporter l'adhésion de leur public par leur puissance rythmique ou leur sens mélodique. Et lorsque ces éléments fondamentaux sont absents... dur, dur. Pourtant, j'aime quand même La Banda. Ca ne se voit pas dans ma chronique, je sais, mais j'ai apprécié leur côté rétro, mis en avant par ce son pauvre, d'ailleurs... Ca me rappelle l'humilité des premiers Judas Priest, la simplicité de Thin Lizzy... en moins brillant, certes.
Il y a aussi ce côté Hard Rock assez transparent, sur « Despertar » ou « Mundo corrupto » en particulier. Et puis, il y a tout simplement des morceaux réussis : « El bien y el mal » réussit carrément à trouver la formule parfaite pour le groupe. En effet, en adoptant un rythme lent « guerrier » bien plus lourd, des lignes instrumentales plus agressives et, ma foi, bien conçues, il parvient à compenser la pauvreté sonore de l'album de façon tout à fait satisfaisante. Ceci dit, si « Mundo corrupto » s'en tire également assez honorablement, l'un comme l'autre restent effroyablement standards comme compositions.
A part cela, donc, on devra se contenter de ce petit parfum « old school » que certains apprécieront. L'originalité n'est pas au rendez-vous, vous l'aurez compris, ni la flamboyance instrumentale ou autre. Heavy, speed, ballade, le format est connu et était déjà standard dans les années 70. La formule était dure à mener et La Banda n'en trouve ici pas la clé. Bel exemple que « Profeta » où le groupe, misant sur la force mélodique, fait perdre encore plus de puissance au morceau et recrée devant nos yeux l'erreur que le Power commet depuis longtemps...
Non, décidément, cet album n'est pas assez fort. Allez, avant de terminer, un bon point supplémentaire tout de même à la ballade « Vencer » dont la sur-saturation de la guitare m'a bien plu... rare trace d'originalité dans un album bien trop convenu. Que compte faire le groupe ? Il avait fait précéder cet album d'un EP l'année dernière, comprenant trois parmi les moins bons titres de « Despertar ». A-t-il affiné les autres ensuite ? Ou considérait-il ces trois-là (« Rayo de sol », « Despertar » et « Profeta ») comme ses meilleurs ? Dans les deux cas, c'est de mauvais augure... Soit le chemin est vain soit il est faux.

Le site : labandadeosiris.blogspot.com  + myspace.com/labandadeosiris

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