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NEIL YOUNG
" Le Noise "

NEIL YOUNG Le Noise

Reprise Records

Il est quand même incroyable. Quarante ans de carrière passés (42 ans de carrière solo pour être exact, sans parler de CSN ou Buffalo Springfield) et toujours la même rage créatrice. De qui je parle ? Mais de Neil Young évidement ! La personnification de la perfection artistique. Quarante ans de démarche intègre et création personnelle, de remise en question et mise à nu individuelle. Revoilà donc ce grand que dis-je, ENORME ! Monsieur en mesure de nous livrer une nouvelle offrande, car c'est bien ainsi qu'un disque du Forever Young Canadien s'appréhende.

Celui-ci, étrangement intitulé « Le Noise », a été enregistré dans un manoir de Los Angeles en compagnie de son compatriote Daniel Lanois, fraîchement remis d'un accident de moto... Et quand je vous dirai que sur « Le Noise » ne figurent que Neil et sa guitare, vous commencerez à saliver, car Daniel il s'y connait en matière d'incroyables sons de guitare (de Dylan à Nick Cave). Le titre de l'album serait d'ailleurs un hommage de Neil à ce son de Lanois. Toujours curieux de découvrir de nouveaux outils, c'est sur Facebook que Neil nous annonce la sortie de son nouveau-né.

Alors sur Ultrarock, Neil Young c'est surtout le parrain du Grunge. Pour les cinéphiles c'est l'incroyable peinture sonore à l'aquarelle noire de « Dead Man ». Mais quelles que soient nos affinités musicales l'on a bien été tous touchés par le Loner. Ceci-dit, il se peut que vos oreilles soient néanmoins plus réceptives à ces deux premiers aspects de la pourtant très large palette de Neil, et que l'annonce d'un disque solo à la guitare vous déçoive un peu... Ce serait ignorer la perpétuelle dynamique du bonhomme qui rebondit à chaque album et qui choisit ici le format « Dead Man », c'est à dire seul, oui, mais avec le « noise ». Dès le premier accord de « Walk with me » vous serez sous le charme, celui de ce son enveloppant, cette saturation emplissant chaque parcelle d'espace laissé soigneusement vide par Neil, pour offrir cette atmosphère unique que seuls les grands artistes savent capter. Le morceau est lent, lourd, noir et habité, avec cette dynamique et ce phrasé propres à Neil, que nous ne cessons d'admirer. Cette couleur magnifique dominera l'essentiel des huit pistes ici proposées, toutes de même nature dure et décidée, plaquées à gros coups de guitare électrique (probablement sa fidèle Gretsch ?) magnifiée par Lanois. L'effet est immédiatement prenant.

L'idée de base aurait pourtant été de produire l'album sous forme entièrement acoustique, avant que Neil ne se rende compte que ça ne collait pas à son humeur toujours aussi sombre (les textes sont encore dans la même veine, de l'introspection sans concession à la désillusion ou l'éternel antimilitarisme de « Love and war »). La perte de deux proches (le réalisateur Larry Johnson et surtout son steel guitarist Ben Keith) pourrait être, selon Lanois, à l'origine de ce regain d'âpreté...

Il est vrai que la douleur a rarement épargné Neil et l'a souvent motivé. Quoi qu'il en soit, il nous livre avec « Walk with me » et « Sign of love » des morceaux personnels incroyables de sensibilité, la sienne, immédiatement palpable. Il ajoute même à l'album « Hitch-hiker », un titre des seventies parfois joué au cours des années 90 et qui trouve ici toute sa place, grâce à son esprit sans concession, celui de « Dead Man », et ajoutant à l'ensemble la dimension plus imagée des compositions de « Rust Never Sleeps ». « Love and war » est peut-être plus proche de la façon dont l'album a été abordé à l'origine, étant le seul titre clair. Ce changement de son nous permet d'apprécier son phrasé tout aussi typique que sa plume, le même depuis « Cowgirl in the sand », et nous laisserait même entrevoir enfin l'effet du temps sur sa voix elle aussi « forever young », lui ajoutant une sourde mélancolie à la Robert Plant. « Someone's gonna rescue you » et « Angry world » superposent des effets à la saturation, pour un résultat étonnement vivant. Rien à voir avec son album « électronique », ici les effets se fondent dans la composition naturellement pour un résultat enchantant. L'album se conclut par un morceau quelque peu différent, « Peaceful valley boulevard », sorte de musique de hobo texan qu'il s'approprie sans problème, puis « Rumblin' », composition plus torturée et teintée d'urgence. Huit morceaux, 40 minutes et un nouveau pas en avant pour Young.

Il s'agit bien d'un artiste d'exception. Rares sont ceux s'étant tenus à un chemin si personnel, sans le moindre faux-pas. Neil a ici encore prouvé être en pleine possession de sa sensibilité particulière et de sa motivation entière, artistique et honnête. Qui parvient encore à sublimer ainsi l'atmosphère d'un album après quarante ans de carrière ? Et ce en la faisant avancer ? Car rares sont les albums de Young n'apportant pas leur pierre à l'édifice. Nouveau coup de maître de la part de Neil. « Angry world » a beau moins bien fonctionner que les sept autres titres, ceux-ci ne connaissent pas la moindre faiblesse. C'est quand même fort... Non content de refuser sa retraite musicale (Sarkozy est là largement planté au poteau), il continue également d'explorer tout ce qui s'offre de nouveau à lui comme moyens, et décide d'éditer « Le Noise » sous forme de CD, vinyl, Blu-Ray et téléchargement iTunes, mais également applications iPhone et iPad. Les séances ayant également été filmées, l'on aura aussi droit à un film disponible à la demande, sur Netflix et sur mobiles... « Forever Young » que je disais.

Le site : www.neilyoung.com + myspace.com/neilyoung

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