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NEVERMORE
" The Obsidian Conspiracy "

NEVERMORE The Obsidian Conspiracy


Tout de même cinq ans depuis « This Godless Endeavor », mais voici enfin le septième opus de nos métalleux d'outre-atlantique. Produit par Peter Wichers (guitariste de Soilwork déjà producteur de la première œuvre solo de Warrel Dane), « The Obsidian Conspiracy » est, en revanche, mixé par Andy Sneap comme ses prédécesseurs, l'idée de faire collaborer les deux étant apparemment de Dane.
Ce dernier ne tarit d'ailleurs pas d'éloges sur ce nouvel opus qui, selon lui, marque un nouveau départ pour Nevermore, un renouveau, un « regain de rage musicale », plein de morceaux censés nous en mettre « plein la vue » etc... Si ses propos me font sourire, son disque force en revanche mon respect car, tout indifférent que m'ait toujours laissé Nevermore, la qualité de leur production mérite ma reconnaissance.
« The Obsidian Conspiracy » est en effet très solide. L'écriture comme l'interprétation y sont poussées à un degré supplémentaire de perfection. Si les auto-louanges de Dane peuvent laisser penser à un nouveau départ pour le groupe, il n'en est rien, mais ce n'est pas grave. En fait, « The Obsidian Conspiracy » poursuit scrupuleusement les efforts déployés sur les derniers enregistrements du groupe et s'inscrit dans leur droite lignée. Il y a malgré tout une nouvelle tendance qui se fait jour : l'allègement. Les compositions sont moins complexes, plus immédiates, les parties instrumentales moins développées (Jeff Loomis l'explique par la parution de son album solo instrumental qui lui aurait permis de s'exprimer suffisamment pour laisser ici l'espace à Dane), et les morceaux se voient raccourcis (les dix titres font de trois à cinq minutes).
Cela choque sur le premier extrait, « The termination proclamation », achevé à notre grand déplaisir après tout juste trois minutes. Déplaisir, car ces trois minutes sont intégralement employées à une débauche de puissance, agressivité, et surtout ingéniosité. Le savoir-faire du groupe s'est indéniablement affiné avec le temps, et la preuve en est ici l'incroyable riff, parfait couplage de force et virtuosité, équilibre que l'on retrouve à l'échelle globale entre la puissance mélodique de l'écriture et la lourdeur de l'arrangement. Pas une seconde de perdue, et ces trois minutes se justifient amplement. Vous l'aurez remarqué depuis quelques temps, la voix de Dane se démarque de son timbre d'origine mais la couleur globale y gagne.
Que dire de plus ? Solidité instrumentale, parties différenciées mais tout à fait logiques entre elles, soli tout à fait intégrés... c'est ce qu'on appelle de la maturité musicale. Et ces éléments dominent absolument toutes les pistes. Celles-ci sont d'ailleurs fort homogènes, et montrent la logique de la démarche du groupe. Voilà un album pensé dans sa globalité et pas assemblé au hasard, rendant chaque pas de plus par rapport au précédent réfléchi et muri. Cet équilibre domine partout et est l'un des éléments les plus réussis ici à mon goût. L'écriture est incroyable : le thème de « Your poison throne » est génial, les guitares de « And the maiden spoke »... euh, géniales, elles aussi, et même « Emptiness unobstructed » qui se fait plus traditionnelle est immédiatement prenante.
Globalement, il est vrai que la seconde moitié de l'album se voit marquée par un aspect plus traditionnel qui la rend moins intéressante mais certainement pas de qualité inférieure. Le Heavy allemand ressurgit pour « The blue marble and the new soul » (impression renforcée par son solo « à l'ancienne »), « She comes in colors » renoue avec le schéma du morceau lent, etc... C'est ici aussi qu'on trouvera les rares faiblesses du groupe (le solo de « Without morals », la mélodie de « The day you built the wall »...) mais, au final, leur rareté tend à mettre en avant la quasi-perfection de la première moitié.
Et j'avoue que l'idée de perfection m'est souvent venue à l'esprit lors de l'écoute de ces cinq premiers titres. « Moonrise » est quand même incroyable ! La liberté de ses lignes mélodiques, ses variations de thèmes, ces éléments Prog comme Thrash diffus... je n'essaie pas de dire que c'est le meilleur Nevermore, mais je veux expliquer que le groupe est parvenu à un niveau de savoir-faire et de maîtrise absolu. « And the maiden spoke » (c'est à propos de ce morceau que Dane parlait de « nous en mettre plein la vue ») mélange des sonorités de guitare recherchées et des rythmiques dures, différents chants alternés... le groupe jongle avec une aisance incroyable.
C'est donc ce qu'il faut saluer ici : un groupe parvenu à un niveau de maîtrise épatant, un professionnalisme toujours élevé, pour une production discographique qui, si d'aucuns diront qu'elle est sortie de son âge d'or, est toujours poussée à un niveau d'exigence jamais démenti. Voilà pourquoi je tiens à tirer ma révérence à ce groupe malgré mon peu d'affinité stylistique pour leur musique. Et je pense que cela est bien la preuve du niveau qu'ils ont acquis, celui qui permet de faire reconnaître ses qualités indépendamment des tendances de chacun.

Le site : www.nevermore.tv + myspace.com/nevermorefans

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