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ORDEN OGAN
" Easton hope "

ORDEN OGAN Easton hope

AFM Records

Le genre : coffre aux trésors.

Après une intro symphonique digne d'un gros blockbuster, Orden Ogan développe une musique basée sur la diversité et démontre, tout au long de son 3 ème album, une intelligence de composition certaine et un réel savoir-faire d'interprétation. J'ai été conquis par l'Easton Hope de ce groupe allemand que je découvre. Et de recommander l'écoute de cette œuvre qui fait la part belle au mélange des genres, un disque dont les compositions, faciles d'accès, restent en tête, écoute après écoute. Pour une fois qu'il m'est possible de vanter la richesse et la diversité, qui plus est au sein d'un ensemble cohérent !

Mais reprenons du début : le style. Orden Ogan donne dans un power metal composite car résultant de l'assemblage d'inspirations et de références variées, allant du folklore au rock progressif atmosphérique en passant par le trash. La filiation est patente avec leurs compatriotes de Blind Guardian pour la voix lead , les chœurs, le lyrisme héroïco-médiéval et l'éclectisme. Outre cette influence évidente, on repère aisément celles d'Helloween (période Hansen, pour l'humour et les mélodies entêtantes), du trash (guitares incisives et insatiables), du prog nordique de groupes comme Andromeda ou Wuthering Heights (pour certaines structures à tiroirs et l'usage de sonorités traditionnelles). A quoi s'ajoutent des clins d'œil à Running Wild, Savatage, Annihilator ou encore Grave Digger. Absolument puissante, la musique métissée d'Orden Ogan sait être à la fois rentre-dedans et évolutive (plus que progressive) en agençant judicieusement plusieurs styles. Le résultat est un concept-album bourré (comme un coing) raz la gueule de rythmiques super burnées, de riffs entraînants, de mélodies simples qui vont droit au but, de chœurs à faire tinter les chopines (de cheval) et parsemé de sons variés agrémentant joyeusement l'ensemble, faisant de cette tambouille très inspirée un melting pot toujours réinventé et jamais lassant.

Premier contact, premier constat : le son est énorme et la production de haut niveau a su mettre en valeur les compositions via des arrangements finauds à base d'instruments acoustiques, de sonorités électro et de chœurs d'inspiration grégorienne (à la manière folklorique, ils soutiennent le meneur et lui répondent). Mention spéciale au claviériste, dont les interventions adoucissent les compositions métal sans les noyer, offrant un pendant « ambiant » aux grattes trashisantes. Je retiens particulièrement les sons de piano et le break d'accordéon sur We are pirates . Ce qui marque (en même temps c'est fait pour) ce sont les refrains : ils sont tous imparables, tant et si bien qu'on se surprend même à apprécier certains défauts grâce à leur force mélodique (la voix qui sature sur celui de Goodbye ). Le chant est, tel Janus, à double face : très agréablement timbré dans les passages calmes et mélodiques, il pêche par excès de rugosité (l'abus de cailloux dans la bière ?) et se révèle limité lors des montées en puissance. Avec la carence en soli de guitare, ce qui me semble être les deux seuls points faibles du disque. Effectivement, l'accent a été mis sur les rythmiques au détriment de la lead . Dommage, ce qui est souvent outrancièrement dosé dans le monde du métal fait ici parfois cruellement défaut.

Le travail d'Orden Ogan est donc riche sans ostentation, varié sans fioriture, rythmé sans abus, mélodique sans mièvrerie. Il propose tantôt des refrains évidents ( Easton hope ), tantôt des structures complexes mais pas incompréhensibles ( Of downfall & decline ). Alliant le défoulement jovial du power speed à la recherche du détail et aux variations du métal progressif dans un esprit mélodico-folklorique, le groupe déroule 11 titres sans lasser, réussissant sa track list en plaçant l'ambiance juste au moment adéquat. Dont une ballade pas chiante ( Requiem ) et un super single-qui-tue ( We are pirates ). Ce titre est d'ailleurs à lui seul la vitrine du magasin : grattes fulgurantes, rythmique d'airain, refrain top moumoute, chœurs de taverne qui réveilleraient n'importe quel auditoire de thé dansant (oui, ils ont pensé au live ), sans oublier ce coquin de break d'accordéon à l'irlandaise et en guest soliste Majk Moti, ex-Running Wild (auquel le morceau rend hommage). P*****, comment je m'le sors du crâne, maintenant, ce morceau ? Avec son petit riff à la Kai Hansen (l'intro de Future World  ?), son rythme impitoyable, son second degré et son duel grattes/piano à brettelles ? Allez, faites péter les chopes et les air guitar s !

En conclusion : grosse baffe dans ta face ! Orden Ogan, groupe au talent prometteur, propose avec Easton Hope un des albums de l'année. À écouter d'urgence par qui recherche les nouveautés stimulantes, fières de leur héritage et résolues à ne pas choisir entre énergie et mélodie. Mais il ne faut pas se leurrer : si cet album fait sensation, ce que je lui prédis et lui souhaite tout à la fois, ce ne sera pas par hasard mais le fruit du travail accompli par un groupe déjà expérimenté d'une quinzaine d'années. Qui a pris le temps de tâtonner afin de trouver cette recette savoureuse d'une musique placée sous le signe de la recherche systématique de la diversité. Soit un power metal épique parfois speed, puis progressif, saupoudré d'atmosphérique, mâtiné de trash et aux relents folks hérités du passé du groupe (ah bon, je me répète ?)

Les titres à retenir : tout l'album ! En ce moment, je préfère Nobody leaves, All these dark years, Nothing remains et We are pirates mais ça change régulièrement.

P.S… le renouveau du power metal ? Ça se pourrait bien… Excellent pour l'intergénérationnel, en tous cas : goûté, headbangé et approuvé par Yanaël, 1 an, Galwen, 4 ans et leur papa, euh… un peu plus !

Le site : www.ordenogan.de

Bouteil Bout






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