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OZZY OSBOURNE
" Scream "

OZZY OSBOURNE Scream

Epic Records

A l'annonce de la séparation d'Ozzy et Zakk Wylde, tout le monde s'est trouvé aux aguets je pense, soit pour voir Ozzy chuter sans le pilier qu'était pour lui Zakk depuis 12 ans, soit au contraire dans l'espoir de voir du sang neuf affluer dans une équipe plutôt moyenne depuis le grand retour d'Ozzy après sa retraite de 1994. Alors, qui tient les 6-cordes sur Scream? Eh bien le virtuose Grec Gus G de Firewind. L'écriture est partagée avec Kevin Churko, qui produit encore l'album, les claviers – dont Zakk se chargeaient – sont confiés à Adam Wakeman (qui travaille aussi avec Black Sabbath!), et à côté du bassiste Blasko on trouve désormais un autre ex-Rob Zombie, le batteur Tommy Clufetos. Difficile de deviner de quel côté va pencher la balance a priori n'est-ce pas? En fait, Scream va suivre le chemin de son prédécesseur sorti il y a trois ans en jouant la carte de la modernité.

« Let It Die », qui ouvre l'album sur un riff bien lourd et des motifs de guitares extrêmement bien tricotés, servi de plus par un texte très efficace, est entonné par un Ozzy à la voix couverte d'effets et soutenu par une équipe instrumentale parfaitement dans le ton, avant de très vite glisser vers une sorte de refrain digne de Limp Bizkit. Fichtre! vous dites-vous, fichu jeunisme... Et Ozzy vous en ressert car cette entrée est suivie de « Let me hear you scream » en guise de plat, morceau choisi comme single et bâti sur une rythmique lorgnant du côté de l'Indus, avec chœurs assortis. Même les plus progressistes auront du mal à être conquis, quant aux autres... eh bien du moins Ozzy se montrera plus tendre envers leurs oreilles car la suite est bien plus sage. Sur la plupart des titres, l'ombre de Zakk Wylde plane étonnamment fort. Précisons que Gus étant arrivé après l'écriture, il lui a été dur d'imprimer sa patte à quoi que ce soit. Sur « I want it more » on peut même se demander si l'imitation n'est pas consciente... Compo mise à part, les parties de guitare sont irréprochables. Les morceaux se voient pourvus de plus de parties instrumentales rythmiques (avec de gros renforts de basse et souvent fort efficaces, comme sur « I want it more » surtout mais aussi « Life won't wait » et même « Let it die ») que de soli (dont l'on ne profitera guère que sur « I want it more »). Gus a la puissance (on retrouve parfois l'intensité qu'il a injecté dans Dream Evil), sait ce qu'il fait (même imiter Zakk) et a aussi le son (le mot « énorme » convient bien à Diggin' me down). Instrumentalement donc, l'on peut crier à la faute de goût lorsqu'on croit assister à une crise d'adolescence, mais l'équipe derrière tout ca est parfaitement au niveau (palme d'originalité à « Latimer's mercy » où Gus et Blasko font enfin avancer les choses). Au niveau de la compo, par contre... eh bien comme on a dit après les folies Rob Bizkit et Limp Zombie le prince des ténèbres se montre plus raisonnable en proposant des choses bien plus classiques (« Crucify », presque rétro avec son rythme Heavy, ses riffs et son solo 80s, « Fearless », « Time »...), même parsemées de sonorités modernes comme « Soul sucker » (morceau dont l'album aurait tiré son nom avant que Ozzy ne renonce à « Soul sucka »). Cependant, classique ou pas, toute cette partie de l'album ne connait pas la même qualité d'écriture. « Soul sucker », « Fearless », « I want it more », que ces morceaux soient modernes ou classiques, qu'ils soient traités à l'ancienne ou non ils ne sont pas de qualité à la base. Cependant , le maître de cérémonie en fait fi et se donne à fond de A à Z. « Life won't wait » ou « Diggin' me down » donneront des frissons à en faire oublier l'âge avancé du chanteur. Heureusement, on pourra apprécier cet enthousiasme à sa juste valeur sur « Life won't wait », à l'arrangement très bien trouvé, « Diggin' me down » à la splendide guitare, toutes deux bien plus à la hauteur, et aux curiosités assez intéressantes que sont « Time » aux harmonies et guitares très Pop (qui peut évoquer ses compos comme « Tonight »), et le « I love you all » sur lequel il nous laisse, petit air soutenu à la guitare (qui pour le coup peut évoquer « Dee », lui).

Difficile donc de dire que l'une des 2 catégories que je considérais au début se verra satisfaite. Si Ozzy regarde résolument devant lui, il ne se donne pas les moyens d'arriver à quelque chose fonctionnant de soi-même. Faut-il pour autant qu'il se tourne décidément en arrière? Who knows, mais lorsqu'il tente de concilier les deux ca ne marche pas (le résultat s'appelle ici « Let me hear you scream »), et lorsqu'il veut retrouver son passé il ne le fait qu'à moitié. Ozzy est en quelque sorte à un carrefour, je pense, le prochain album sera déterminant pour une bonne partie de ce qu'il fera ensuite.

Le site :  www.ozzy.com + www.myspace.com/ozzyosbourne

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