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TRISTANIA
" Rubicon "

TRISTANIA Rubicon

Napalm Records

Qu'ils sont loin les débuts de Tristania! Plus d'une décennie s'est écoulée depuis l'époque où ils nous charmaient à coups de « Widow's Weeds » et « Beyond The Veil », et Tristania ne sait plus où se tourner... Désormais accompagné du seul Einar Moen aux claviers, Anders Hoyvik Hilde se trouve un chanteur clair, une guitariste, un bassiste, un batteur, et surtout une nouvelle chanteuse pour remplacer Vibeke Stene, en la personne de Mariangela Demurtas. Il retourne également chez Napalm Records, et invite Pete Johansen, que nous n'avions plus entendu depuis près de 10 ans, à enrichir de son violon cet album, le sixième de Tristania, donc, où l'on entendra même à l'occasion Osten Bergoy...
Un nouveau line-up, donc, mais également de la nostalgie. Musicalement , tout cela apparaît à l'occasion. Mais globalement on poursuit la même logique d'évolution de la musique du groupe : un son plus moderne (Waldemar Sorychta coproduit l'album), toujours de nouvelles inclusions de musiques plus actuelles, et toujours plus de recul par rapport aux racines traditionnelles de leur musique. Le son de « Rubicon » devra évidement beaucoup à la nouvelle vocaliste, qui orne d'ailleurs la pochette du disque. Elle contribue en fait à cette évolution (Anders a bien dû la choisir pour ca) en se démarquant extrêmement fort de Vibeke par son chant plus rude, plus direct, moins enveloppant et au ton parfois même rauque. A côté d'elle, Anders growle toujours aussi mal et hors de propos, ca au moins c'est une valeur sûre, on est en terrain connu. Malheureusement, Kjetil Nordhus se révèle un bien piètre vocaliste clair, malgré les différents registres qu'il tente ici d'aborder, chose d'autant plus déplaisante que dans la logique des précédents albums le chant masculin prend de plus en plus d'ampleur par rapport au féminin. Ce dernier est très frais pour Tristania, dont il renouvelle totalement le son. D'ici à qualifier ce renouvellement de réussi, il faut voir, car Mariangela est tellement différenciée de Vibeke que son chant ne s'intègre pas à la musique du groupe de façon très évidente. Elle bannit tout lyricisme et achève de détacher le groupe de ses racines gothiques (seule « The passing » la voit se frotter à Sharon Den Adel), ce qui ne pose pas problème, mais elle adopte trop souvent un style qui emprunte au Pop Rock, ce que le groupe n'est pas là pour soutenir. Ou du moins pas encore car la tendance est bien présente. Mais pour l'instant, parlons de simple « modernité » du son (c'est probablement plus quelque chose comme l'Indus qu'ils ont en tête). Les compositions suivent, d'ailleurs, avec des choses comme « Year of the rat », « Vultures », « Sirens », surtout... et « Patriot games » qui est sans doute la plus convaincante! « Magical fix » va, elle, jusqu'à l'évocation directe de la Pop actuelle. La composante plus traditionnelle de Tristania repose sur des orchestrations toujours présentes et la finesse de certaines instrumentations. Quelques compositions comme « The passing » ou « Exil » sont toujours dans cette veine et savent se monter plus efficaces que les autres, même s'il s'agit moins d'une question de style que de faiblesse de composition, pour des morceaux comme « Amnesia » par exemple.
Ces faiblesse sont bien présentes et l'album en pâtit grandement : elles ne ruinent pas tous les titres mais malheureusement aucun ne se démarque. Elles se trouvent de plus alourdies par nombre de maladresses : le chant masculin que j'ai déjà évoqué, mais également une absence de sens rythmique au niveau global (j'entends par là à l'échelle d'un morceau entier, avec des architectures illogiques, des agencements de parties incompréhensibles, des changements rythmiques malvenus comme celui de « Exil »... bref, des maladresses), et évidement le pire le couplage des deux (le chant Black sur rythme blast au milieu de « Magical fix », sans parler de « Illumination », pourtant une des meilleures compos mais condamnée par Anders et Kjetil dès leur première intervention). Ces maladresses, même si elles ne sont pas nouvelles chez Tristania, risquent de faire passer beaucoup moins bien la lente dérive stylistique du groupe qui n'a pourtant pas encore trouvé sa justification. Je ne préconise certes pas un retour en arrière à Anders, mais il va devoir trouver un point d'ancrage à sa musique qui se retrouve de plus en plus en eaux troubles.

Le site : www.tristania.com  + myspace.com/tristania

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