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VINCE NEIL
" Tattoos and Tequila "

VINCE NEIL Tattoos and tequila

Frontiers Records

Le genre : P*****, encore du glam ? !

Vince Neil le proclame lui-même bien haut : «  He's a whore  » ! Force est de constater que le bonhomme est doté d'un certain sens de l'à-propos et qu'il fait preuve d'une vraie lucidité. Que dire de sa carrière en solo si ce n'est qu'elle a connu des échecs plutôt retentissants, que ce dernier effort est un coup très marqueté où la prise de risque musical confine au degré O et qu'il repose sur les valeurs sûres du glam ? Au programme donc : provocation, défonce et poses de branleurs, rock basique, paroles hyper classes, intellectuelles autant que sensibles, basse ronflante et production bling-bling.

Vince aime, dans l'ordre (et surtout dans le désordre, puisque c'est un p***** de rebelle !) les bouteilles (plutôt pleines), les poufs (plutôt vides), les tatouages (pleins, aussi). La preuve, c'est dessiné sur la pochette ! Le fric surtout. Car Vince est reconverti dans les affaires (la provoc' n'abreuve pas son Alcoolique Anonyme), à défaut d'être rangé des voitures (facile, je sais…) Nous n'échappons dons pas à la PME Neil Inc. posant nu des bras et exposant ses peintures de guerre pour la pub, qui propose (oui, oui, pour de vrai !) sa marque de tequila (et bientôt de string-ficelles pour les copines de ta copine si elle vient poser des chœurs sur son prochain tube…) Accessoirement, Vince a aussi un peu de musique à vendre. En l'occurrence un truc très novateur : un album de reprises (ah bon, je ne vous l'avais pas dit ?). Soient des versions très crues de quelques titres représentatifs de ses influences (Cheap Trick, Sweet, The Sex Pistols, The Hollies, Scorpions, Creedence Clearwater Revival, Elvis Presley, Elton John, ZZ Top). Musicalement, c'est Back to the future, Marty  : on se croirait revenu au (bon vieux) temps de l'album Girls, Girls, Girls (ah ! j'vous avais pas dit que Vince est le brailleur de Mötley Crüe ?) Tout y est. A commencer par le son et les gimmicks de batterie garantis d'époque, les rythmiques aussi ( He's a whore de Cheap Trick, AcDc de Sweet). Les textes parlent de biture, de baise, de putes, de pédés, de bagnoles : qu'est-ce qu'on se marre ! Comme c'est du glam et que les junkies abusent (c'est le concept), les arrangements abusent eux aussi : par exemple de la Talk Box sur Tattoos and tequila et Nobody's fault .

Pour être honnête, c'est très bien joué et pas par des manchots ! Grosse prod' (ultra formatée) et gros son. Avec un tel backing group , c'est Au Bonheur des Glam (en forme, le gars…). Mais bon… l'intérêt me semble un poil (de cul, bien sûr) limité. Je préfère réécouter Shout at the devil ou le dernier Mötley (Saints of Los Angeles). Et puis l'imagerie adolescente transgressive fun & destroy , quand on est quinquagénaire… ‘faudrait penser à évoluer, Mr. Neil ! Quelques bonnes surprises tout de même : certains titres sont brossés sans vergogne au Toniglandyl ( Nobody's fault d'Aerosmith, Viva Las Vega du King) et Vince nous laisse entendre qu'en sus (pas que d'la glace) de crâner, il sait aussi crooner ( Another bad day ) et countryser (sic !) agréablement ( Who will stop The Rain de Creedence). (‘Faut pas pousser non plus) vocalement, Vince n'est pas une diva (même si son timbre peut prêter à confusion avec un membre du beau sexe, version Mère maquerelle sur le retour) et quand il entonne Another piece of meat des arachnides de Hanovre, il montre l'étendue de ses limites, bien que s'attaquant à un registre nasal qu'il connaît bien (non, non, pas pour la coke). Sa version de The bitch is back du Reg rend peut-être hommage à l'un des pionniers du glam-rock décadent mais elle n'atteint pas le second degré ni n'arrive à groover comme l'originale. Le truc le plus intéressant reste de découvrir d'autres facettes vocales du garçon, à commencer par cette jolie voix claire qui fait regretter son habitude de cracher comme un chat en rut.

Les titres à retenir : He's a whore, Nobody's fault, Another bad day, Who will stop the rain.

En conclusion : du bel ouvrage, qui joue à fond la carte de la sécurité. Artistiquement pauvre, artisanalement (industriellement ?) réussi. Un produit agréable mais à la durée de vie limitée.

P.S… En avant-première, les titres des prochains albums solo des autres membres du Crüe : Partooz' And Témesta de Tommy Lee ; Pîquouze And Paranoïa de Nikki Sixx ; Big Loose And Mal-aux-doigts de Mick Mars. Désolé…

Le site : www.vinceneil.net

Bouteil Bout






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