Annonce : Ultrarock recherche des chroniqueurs et chroniqueuses, motivés, objectifs, passionnés, contact ici ;) ou msn: ess_ultrarock@hotmail.com (chat only)




YOSO
" Elements "

YOSO Elements

Frontiers Records

Le genre : retour de vieilles gloires ou vieilles gloires sur le retour (au choix).

Yoso, « la voix de Toto et le son de Yes ». Pour une fois, on ne pourra incriminer le dossier de presse : il ne ment pas sur la marchandise. Effectivement , si l'annonce de cet alléchant cocktail vous sied, vous ne serez pas déçus. Bobby Kimball (M. Nekitépajvoulpass) a uni ses (vieux) jours avec deux ex-Yes, le bassiste Billy Sherwood et le claviériste et membre fondateur Tony Kaye (qui possède un cœur solitaire). Le résultat n'est assurément pas du metal mais un pop-rock légèrement progressif, proche des productions de Yes dans les années 80. Cette musique, qui flirte souvent avec le concept album de chez Otis (les ascenseurs, pas Redding !) ou la sucrette californienne (0+0= ?) offre cependant des moments d'écoute agréables, les chansons efficacement ficelées étant servies par de grandes pointures.

« Elements » se présente de double façon : un premier CD comprenant des compositions originales et un second enregistrement en public permettant de retrouver certains des plus grands succès des deux groupes légendaires. Je passe rapidement sur le live , très correct, qui permet de vérifier que Kimball a de beaux restes et surtout l'intelligence de ne pas trop tirer sur la corde (vocale). Globalement, les titres incontournables sont joués un peu pépère à mon goût : Hold the line manque de mordant et Owner of a lonely heart de groove. Le gratteux, Johnny Bruhns, s'en sort avec les honneurs (sur les vieux titres de Yes surtout) mais bon, c'est ni Lukather ni Howe… Scott Conner, le batteur, ne remplacera sûrement pas Porcaro dans le cœur des fans (en même temps, c'est pas le but). On entend vraiment (beaucoup) la basse de Sherwood qui, c'est certain, a eu son mot à dire au mixage ! C'est parfois judicieux, assurant des morceaux bien charpentés, c'est à d'autres moments exagérément envahissant.

Intéressons nous aux morceaux composés par Yoso. AOR, c'est le style. Qui est devenu limite insulte au sein de mon lexique mais ici, je dirais que ça renvoie aux bons moments de Genesis (en trio) ou Foreigner. De la qualité donc et pas (trop) de soupe. Du sirop, bien sûr mais aussi un savant mélange de quelques passages de gratte bien inspirés et incisifs, d'harmonies vocales au cordeau ( Walk away, Won't end tonight ), de refrains imparables (la profession de foi Yoso , The new revolution ) plus un bon petit groove des familles (le funky Path to your heart ne détonerait pas dans la discographie de Glenn Hughes, Only one ). Qui évite (de justesse) les écueils (jamais lointains) de la mélasse ( Where you'll stay ) et du sous régime. Evidemment, rien de très novateur. En même temps, c'est de la nostalgie qu'ils nous vendent avec cette alliance de leurs anciennes formations. Le tout est évidemment parfaitement interprété : c'est bien huilé, léché, joué sans avoir l'air d'y toucher… « La classe américaine » quoi ! Limite chiant, parfois, ronchonneront les mauvais coucheurs (comme votre serviteur qui n'a jamais vraiment accroché à Toto). Mais aussi, reconnaissons-le, efficace et distrayant. On a malheureusement encore cédé à la tentation du remplissage : le shuffle Time to get out et le folkeux final Return to yesterday sont délayés de chez béchamel. A noter que certains titres évoquent la « concurrence » de l'époque quand les arrangements empruntent à Supertramp (vocaux hauts perchés et groove de claviers comme dans Walk away ) ou lorsque le son se fait floydien ( To seek the truth , après l'intro planante duquel on se surprend à chercher Roger Waters derrière le micro).

Les titres à retenir : Path to your heart, Walk away, The new revolution, To seek the truth.

En conclusion : ça ronronne comme un bon gros vieux matou qui, on le sait, « revient le jour suivant ». Tenter de chasser ces compositions fortement chargées en saccharose par la porte, c'est se condamner à les entendre rentrer presque immédiatement par la fenêtre (ou la chatière)… Irritant, parfois. Pas si désagréable que ça, non plus.

P.S… Au juste, Frontiers, c'est un label musical ou une usine de recyclage ?

Le site : http://www.myspace.com/yosohq

Bouteil Bout






Meet ULTRAROCK at  :





E-mail: ultrarockcontact@free.fr 
Design
: www.essgraphics.fr