A R G U S

" Boldly Stride The Doomed "




A R G U S
Boldly Stride The Doomed
Cruz Del Sur

Argus, quintette de Pennsylvanie emmené par Brian Balich, alumnus de Penance, existe depuis 2005. Il y a des chances que vous l'ignoriez et je ne saurais que trop vous inviter à rattraper le temps perdu tant la qualité de ce « Boldly Stride The Doomed » est époustouflante pour un second LP.
A la vue de la pochette de Brad Moore et du titre, vous êtes en droit d'hésiter entre du Doom et du Heavy, et à juste titre puisqu'Argus dont je m'avancerais à considérer le nom comme un hommage à Wishbone Ash est un groupe de Doom versant dans le Heavy à forte tendance épique.

Pour être plus précis, il se place dans le sillage de ces groupes rétro à la Enforcer, le côté puriste en plus, complété d'une concision stylistique assurant leur force. Et celle-ci vous prend à la gorge dès de couple gagnant qui ouvre l'album, « Abandonning the gates of Byzantium » / « A curse on the world », la première (instrumentale) mettant en marche la machine épique en évoquant la grande cité de Byzance, et la seconde embrayant sur les plus formidables minutes de l'heure de l'album, un grand Heavy guerrier bâti sur une incroyable enfilade de riffs à la Maiden, plus sombre dans l'esprit, s'égayant de splendides plages instrumentales et illuminé par le chant puissant de Brian, tout juste contrebalancé par les soli très « vintage » de Jason Mucio et Erik Johnson, ainsi que le travail phénoménal de la basse, écrasante de force au sein de ce son pourtant noueux et nerveux, parvenant malgré tout à conquérir une place royale au sein de « Fading silver light », du morceau-titre, ou de la partie instrumentale de « Wolves of dusk » dont elle prend quasiment la direction.

Cette basse, ces soli rétros (non ce n'est pas Dave Murray sur « Fadding silver light »), ces cavalcades et autres rythmiques héroïques forment la base Heavy d'Argus, la tendance épique étant essentiellement soulignée par les tierces incessantes de Jason et Erik. La direction Doom du combo est principalement due aux vocaux très durs de Brian et à quelques compos telles « 42-87-29 » mettant ce Heavy en sourdine le temps d'un morceau. Voilà pour le tableau. Le résultat est exceptionnel : la maturité stylistique est stupéfiante, la précision instrumentale inaltérable et le feeling souvent prenant : les motifs instrumentaux infinis de « Wolves of dusk » nous font oublier le défilement des minutes, la rythmique de « The ladder » semble s'enfoncer jusqu'à des profondeurs Candlemassiennes, la lourdeur de « Durendal » semble défier les lois de la gravité, quant à « Pieces of your smile », vérifiez après l'écoute, elle dure bien 11 minutes 22 et non les cinq qu'elle a semblé. Tout ceci est renversant de force, de perfection (je vous mets au défi de trouver un seul titre plus faible que les autres) et de bon goût, avec encore une fois en guise d'Everest « A curse on the world ».

A ce rythme là, le troisième Argus devrait faire un carton. En fait, seul le manque de notoriété du groupe a empêché « Boldly Stride The Doomed » de le faire, malgré la signature sur Cruz Del Sur. Quand on voit la qualité du groupe, pourtant, on ne peut qu'attendre une plus grande signature qui offrirait enfin un public conséquent au groupe. Ça ne serait que justice, je parlerais presque de faute à réparer urgemment. Je vous laisse pour l'instant découvrir l'album, croyez-moi sur parole vous y chercherez bien en vain la moindre faiblesse.

Le site : www.argusmetal.com  + myspace.com/theargus

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