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BENEDICTUM
" Dominion "

BENEDICTUM Dominion

Frontiers Records

Faisons les présentations car je découvre Benedictum avec cet album : quintette américain, il s'est formé en 2005 avec en son sein quelques vieux routards de la scène Metal, en particulier le guitariste Pete Wells. Certes, ils jouent du Heavy on ne peut plus traditionnel, mais avec une force assez convaincante et tout ceci interprété par Veronica Freeman, chanteuse au coffre impressionnant... Il n'en faut pas plus à Craig Goldy, guitariste de Dio, pour les remarquer, et les voici en studio avec Jeff Pilson (Craig a dû faire jouer ses relations puisque Jeff, à part Dokken, a été bassiste pour Dio) pour enregistrer leur premier album, sur lequel on entendra Craig et Jeff mais aussi Jimmy Bain (alumnus de Rainbow et... tiens, encore Dio).

Le résultat est assez convaincant pour que Benedictum retourne sans tarder en studio poursuivre sa production, avec un nouveau batteur et, comme précédemment, Jeff Pilson, que l'on y entendra encore, de même que Goldy, et c'est cette fois à Jeff d'inviter du beau monde, en l'occurrence George Lynch de Dokken. « Dominion » est donc le successeur de ces deux premières œuvres, et fait suite à un enchaînement de festivals dont le Wacken et une tournée avec Doro, ensemble assez convaincant pour pousser Frontiers Records à signer le groupe. Pete et Veronica renouvellent tout leur staff (bassiste, batteur et claviériste) et font cette fois appel à Ryan Greene, producteur de Megadeth notamment, ce qui n'empêchera pas Jeff Pilson d'apparaître à nouveau sur cet album, ainsi que le désormais inséparable Craig, et, pour changer, Rudy Sarzo de Quiet Riot pour un « Bang » évidement détonnant.

En plus d'être détonnant, il est étonnant pour qui ne connaîtrait pas encore le groupe, par sa modernité outrancière, qui a franchement peu à voir avec le Heavy traditionnel qu'on attend de Benedictum. Enorme ligne de basse, violence des groupes actuels, et l'on a droit à un vrai Métal de djeuns... déroutant. Et pourtant, cet album va révéler que Benedictum possède un réel atout grâce à ce penchant à varier les plaisirs. Ainsi, le morceau-titre, qui ouvrira ce disque, sera bourré de bruitages indus-friendly agrémentés de quelques growls... tout cela traversé d'un solo shred et de rythmiques Sabbath... que dire, on est presque chez Luca Turilli.

Mais, loin d'être désagréable, cela devient un réel point fort lorsqu'on prend le disque dans sa globalité ; car la musique de Benedictum n'est pas mieux définie. Certains morceaux, très allemands, misent tout sur l'agressivité et parfois le Speed, comme « At the gates » et ses chœurs à la Accept , ou la très directe « Grind it » (efficacité, muscle et moins de 3 minutes au compteur). Mais d'autres sont, en revanche, clairement ancrés dans le Heavy britannique avec, notamment, « Seer », entre NWOBHM et Hard proto-Heavy, ou encore « The shadowlands »... Aucun des deux styles ne se décide à prendre le pas sur l'autre, et les deux copulent allègrement à l'occasion : « Prodigal son » peut évoquer un Running Wild très sombre comme un simple Heavy durci, « Dark heart » est autant rythmiquement violente qu'évocatrice d'un vieux Judas Priest, et « Loud silence » mélange mélodie pour « groupe à chanteuse » et arrangements gras modernes...

A propos de « groupe à chanteuse », si vous n'avez pas saisi, Veronica est d'une puissance incroyable, et est à Sharon Den Adel ce que Kerry King est à Calogero. Et sa voix, non contente d'être d'une force inimaginable, est un véritable outil qu'elle manie avec la plus grande facilité : criarde dans la tradition Heavy pour « At the gates », tout à fait eighties pour « Seer », autrement plus masculine qu'un Kotipelto sur « Prodigal son », enfin féminine pour « Dark heart » et « Loud silence », soudainement moderne pour « Bang »... cet organe est incroyable. Pete n'est évidement pas en reste et me mettrait presque la larme à l'œil avec son prélude instrumental à l'ancienne, très 80s mélodique, « Beautiful pain », mais on peut bien-sûr attribuer ces furtives larmes à la récente perte de Gary Moore, que le morceau ne manque de m'évoquer...

Pour finir, Benedictum s'enrichit d'un visage supplémentaire avec les relents Prog – ou, tout du moins, quelque peu complexes – de « Dark heart » et surtout « Epsilon », compo qui conclut le disque sur une note épique, atmosphérique et aux ambiances vivantes, rythmiquement intéressante, instrumentalement travaillée, riche en sonorités recherchées... bref, bien plus ambitieuse que le standard Heavy.

Au bout du compte, ça fait quand même beaucoup, et on ne peut qu'être séduits par Benedictum. En fait, on ne voit pas trop ce qu'on pourrait lui reprocher. Peut-être de faire passer l'avenir du Heavy de l'autre côté de l'Atlantique ? J'exagère, le reste de la scène Heavy ou Power américaine n'est pas à la hauteur, mais Benedictum est un immense cran au dessus du combo Heavy européen moyen, et surtout propose en un seul disque plus d'originalité que les fers de lance européens en toute leur carrière. Notre vieux continent n'a pas de quoi être fier.

Le site : www.benedictum.net  + myspace.com/benedictum

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