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BLACK COUNTRY COMMUNION
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BLACK COUNTRY COMMUNION 2

Mascot Records

Le genre : je rêve…

Pincez-moi donc ! Aïe ! Ca fait mal… Bon, je gueule un peu mais je ne risque pas de faire plus de bruit que cette bande de rockers chromés pétaradant telle une concentration de Harley.
« Voici venu le temps des rires et des chants… »

Euh, non, des riffs et du chant !

M'enfin c'est toute notre jeunesse quand même : les riffs sont hénaurmes, les soli maurtels, la batterie dans ta faââce et une voix… p***** de voix ! Revoici donc le temps des super groupes déversant sur un public en extase le rock, le seul, celui qui a des guts , « toute la musique que j'aime, celle qui vient de là, qui vient du blues » : le hard. Le problème majeur d'un « super groupe » est de se hisser (puis éventuellement de rester) à la hauteur de son pedigree. Pour Black Country Communion, c'est carton plein ! Vous adorez Deep Purple et Led Zeppelin mais… Ritchie Blackmore joue de la mandoline à Candice Night et Jimmy Page, plaqué par Robert Plant, se console en potassant de vieux grimoires et occupe sa retraite à compter ses royalties… Black Country Communion va vous enchanter ! B.C.C. c'est D.P. MKIII/IV (période Stormbringer / Come Taste The Band) et Led Zep mélangés. En plus, c'est Glenn Hughes ( aka The Voice Of Rock ) qui chante !

B.C.C. a déjà sorti un (bon) album en 2010. Rappelons les faits.

Par une belle nuit de novembre 2009, à l'occasion d'un concert californien, l'organe puissamment haut-perché et la basse tellurique de Glenn Hughes (Trapeze, Deep Purple et Black Sabbath, s'il est encore nécessaire de le mentionner) ferraillent âprement avec la gratte de Joe Bonamassa, jeune guitar-hero ricain candidat à la succession de Stevie Ray Vaughan dans les cœurs des amateurs de blues-rock du monde entier. Sous l'œil (et l'oreille) avertis du producteur de Joe (Kevin Shirley) qui, pas couillon, flaire un bon coup. On ouvre les agendas, on fait chauffer les portables pour rameuter deux bons potes : Jason Bonham aux casseroles, qui a déjà joué avec Hughes (quand il était petit, oui : c'est le fiston du Bonzo de Led Zep) et accompagné Bonamassa dans ses projets solo (mais aussi Foreigner et les trois rescapés du dirigeable plombé lors de l'éphémère reformation de 2007) et Derek Sherinian aux claviers qui possède, entre autres entrées non négligeables dans son C.V, d'avoir œuvré chez Dream Theater et Alice Cooper. Cric-crac, l'affaire est dans le sac ! On file en studio enregistrer à l'ancienne (quasi live en quatre jours) un petit brûlot de hard des familles comme on n'en fait plus (ou alors mal), un disque que l'on pourrait étiqueter « rock classique », remarquablement interprété, soit une imparable machine à remonter le temps vers l'époque bénie où les riffs foudroyants et les soli acérés de Page, Blackmore et Iommi baignaient l'univers sonore d'un métal encore nouveau-né.

Le quatuor choisit son nom en référence à la région industrielle anglaise d'où Bonham et Hughes sont originaires (comme Robert Plant, Ozzy Osbourne et Geezer Butler, les Moody Blues, Judas Priest , bref que de la petite bière…). On branche les « Marchaux » (tous les potards à 11) et que la fête commence ! La basse ronfle, la batterie martèle, la guitare feule et rugit tour-à-tour, évoquant les (p) Happy Days de Cream, d'Humble Pie ou des Faces (« Early Rod Stewart ! », c'est un private joke avec Glenn, ndlr.) jusqu'à l'arrivée du chant, qui nous rappelle que, même teintée de blues, la musique de B.C.C. réalise un Retour vers le Futur du hard rock. Et de nous retrouver en terrain connu, suivant une recette éprouvée reposant sur ces bons gros riffs recyclés depuis des décennies, qui servent ici de base à des chansons magistralement conduites par un Glenn très en voix (ce timbre, cette puissance et ce feeling … dégoûtant !) et illuminées par la lead de Bonamassa, prolixe et incisive, qui se révèle l'autre atout maître du groupe. Je me permets cependant d'émettre une réserve concernant le jeu caméléon de Joe (la pédale wah piquée à Hendrix, les rythmiques à Jimmy Page) : dans ce contexte revival , le jeune virtuose éprouve quelques difficultés à imposer sa personnalité. Quant aux claviers de Sherinian, ils peinent un peu à se faire entendre autrement que via les nappes de violons « kashemiresques » et parties « jonlordesques » d'Hammond B3. Côté batterie, c'est le tarif syndical (mais du syndicat des bûcherons anglais !) dans la pure tradition familiale des Bonham, talocheurs patentés de père en fils : en clair, ça cogne dur afin de lier le tout.

Pour le second opus de son nouveau bébé, Glenn Hughes, qui se rêve un nouvel avenir groupal (ah ! les tournées, les concerts sold-out et les hordes de fans… pépé serait-il atteint du Démon de Midi 1/2 ?), a passé la vitesse supérieure. Tout, de la composition à l'interprétation, semble ici plus abouti (moins improvisé mais pas moins direct : enregistrement en une semaine). Le moins que l'on puisse en dire, c'est que c'est du lourd ! Tant que je ne puis résister à filer les métaphores sylvestres (« beuarh aussi ») et xylophiles les plus rebattues : « ça envoie du bois », « ça bûcheronne sec », « fabriqué en vrai bois du fagot », « une musique menée à la baguette, tambour battant » ! Hughes y va donc à fond « dans le bois dur », revendiquant fièrement l'héritage de ses jeunes années, soit à peu près ce que faisait Led Zep entre 68 et 75 : du hard rock roots , biberonné au blues. Sans l'autre côté (folk) du dirigeable mais avec des claviers pourpres et en bonus l'inimitable groove vocal soul du chant de Glenn (qui ne verse cependant jamais dans le funk de D.P. MK IV ni de sa carrière solo).

Il convient de s'arrêter sur la filiation avec Led Zeppelin. Ce rapport confraternel (pour ne pas dire consanguin) est particulièrement évident à l'écoute de Save Me , titre originellement composé par Jason Bonham pour la reformation de Led Zeppelin en 2007, achevé par Glenn et qui n'aurait pas dépareillé sur Physical Graffiti. Ce titre est emblématique de l'identité musicale de B.C.C. Plus avant dans l'album, le fan du dirigeable ne pourra que sourire en entendant I Can See Your Spirit et ses faux airs de Ramble On (Led Zep II), comme il ne pourra s'empêcher de penser à Since I've Been Loving You , le blues écorché vif torride de Led Zep III lorsque suivra Little Secret . Le refrain de Man In The Middle rappellera, quant à lui, forcément un chanteur à la crinière léonine se déhanchant aux côtés d'une Gibson SG à double manche. Si j'insiste sur cette (grande) proximité, c'est pour pointer qu'il ne s'agit pas de similitudes honteuses qui relèveraient d'un quelconque plagiat (forfaiture dont Page s'était d'ailleurs fait une spécialité, ne citant jamais ses sources lorsqu'il pillait les bluesmen sur les albums des années 70) mais, comme l'explique un Glenn d'une grande simplicité doublée d'une étonnante sincérité, d'une affaire de famille. Il reprend en quelque sorte les choses où les ont laissées Page et Plant. Rappelons que Hughes, depuis l'époque de Trapeze, « lancé » par ses potes des Moody Blues (le slow baveux Nights In White Satin , pour les plus jeunes et autres ignares), côtoyait (pour la bibine comme pour le bœuf) la bande à Bonzo (ce qui explique qu'il ait fait sauter sur ses genoux son actuel batteur avec le père duquel il jouait alors, avant de jouer de la musique avec lui aujourd'hui… la boucle est bouclée : retour aux sources). Ceux-là sont (ou étaient) de la même famille : Hughes, Coverdale, Mel Galley, Bonham, Tony Iommi, etc. Donc non, B.C.C. ne fait pas du sous Led Zep mais ils ne pourront jamais nier leur affiliation stylistique. Certes, on ne vantera pas leur côté avant-gardiste mais on doit leur reconnaître de faire (sur)vivre le son d'une époque, et ce, de brillante façon.

En prenant un peu de distance par rapport à cet héritage parfois un tantinet envahissant (les clichés sonores sur The Battle For Hadrian's Wall ou certains mimétismes plantesques un peu trop appuyés), on arrive à trouver aussi dans cet album des réminiscences de la carrière solo de Glenn : le teigneux Smokestack Woman , le torturé Faithless , le groovy Crossfire et le très « ambiance tristesse » Cold , qu'il présente comme son nouveau chef d'œuvre (rien moins que ça). The Battle ( Of Evermore  ? Nan, faut pas exagérer non plus…) For Hadrian's Wall (fans d'histoire pré-médiévale ?) et An Ordinary Son (Œdipe, quand tu nous tiens…) donnent à Joe Bonamassa deux occasions de pousser la chansonnette sur des titres (forcément bluesy et) qui prennent ainsi une coloration plus douce-amère et nostalgique que puissante.

Les titres à retenir : comme le clamait cette pub antédiluvienne, « tout est bon dans le cochon ! ». Ne faites donc pas vos bourgeoises et plongez allègrement dans la Fontaine de Jouvence (pour les plus vieux), ou le Livre des Origines (pour les jeunes pousses) ! Et savourez le tout, de The Outsider à… p*t@I# ils ont viré Crawl de la version européenne pour faire un onze titre (ben pourqwah ?!).

En conclusion. Un de mes disques de chevet en 2011 et probablement plus tard. Artistiquement tournée vers le passé, la musique de B.C.C. n'en est pas moins jouissive, très efficace et surtout remarquablement interprétée, avec autant de professionnalisme que de feeling . La marque des plus grands. 2 est un disque hautement recommandable à tout amateur de gros rock qui tache et d'une musique où la guitare ne fait pas tout, portée par une section rythmique d'airain. Et qu'ajouter à propos de la voix de Glenn ? Si ce n'est que je veux la même au même âge (59 ans !).

P.S.1. Une excellente porte d'entrée pour découvrir le hard rock (y'a pas que le métal dans la vie, il y a le hard aussi, vas-y Frankie !). Après B.C.C., les jeunots n'auront plus qu'à remonter le fil en se plongeant dans les discographies du Zep, de Purple, Whitesnake, du Sab', des Faces, de Free et autres Lynyrd Skynyrd ou Uriah Heep. Que de plaisir en perspective !

P.S.2. A déguster sur scène absolument le 19 juillet 2011 à Paris (au Bataclan). J'y serai (je l'ai promis à Glenn !).

P.S.3. Tu parles qu'il s'en balance…

Le site : www.bccommunion.com + www.myspace.com/bccommunion

Bouteil Bout






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