B L A C K  S U N   A E O N

" Blacklight Deliverance "




B L A C K   S U N   A E O N
Blacklight Deliverance
Cyclone Empire

Black Sun Aeon a eu ses détracteurs, lui reprochant son « cinéma musical », comme ses fervents adeptes, voyant en Tuomas Saukkonen un musicien surdoué. Quoi qu'il en soit, personne n'a pu remettre en question son projet solo et c'est tout naturellement qu'il nous propose son troisième album sans perdre de temps. Trois albums en trois ans, aussi solides les uns que les autres, c'est dire si Tuomas prend Black Sun Aeon au sérieux et s'il lui consacre du temps, lui qui ne chôme pas par ailleurs. Et il ne piétine pas : « Blacklight Deliverance » ne ressemble pas à ses prédécesseurs. On ne peut pas parler d'évolution stylistique, non, mais Tuomas recherche activement la variété parmi les titres ici proposés, sans se départir de ce cachet personnel fondamental.

Nous sommes donc dans son univers froid comme l'hiver finlandais, mélancolique et gris, flirtant avec le gothique mais sans perdre ce pied restant dans le Death, contrairement aux formations comparables telles Amorphis. Tuomas se charge de tout, y compris le chant growlé, avec peu de délicatesse sur « Brothers » qui ouvre l'album, s'entourant juste de Janica Lönn de Lunar Path et de sa contrepartie masculine, Mikko Heikkilä de Sinamore, pour les voix claires, Janica faisant preuve d'une qualité rendant encore plus pâle la prestation de Tuomas, mal assurée et plutôt pataude…

La qualité d'écriture navigue entre le commun et le merveilleux. Le commun, ce sont certains titres plats comme « Oblivion » qui n'apportent rien au style et auraient pu être écrits par n'importe qui, entre exercice de style mélancolique et simples citations stylistiques. C'est aussi une maladresse dans la dynamique des titres, souvent cousus comme des cheveux sur la soupe, avec des finals inattendus brisant l'élan de la composition. En effet, Tuomas n'est pas le Mozart que veulent nous vendre ses « groupies » (au sens figuré, bien-sûr !). Mais il est loin d'être dépourvu de génie, comme en témoignent les éclairs d'inspiration traversant « Sheol », le vrai sommet du disque pour moi, ou même « Nightfall » qui conclut l'album certes simplement mais avec combien de force…

On ne peut pas dire que Tuomas apporte une quelconque pierre à son édifice, mais il la pérennise en prouvant que, au-delà des œuvres ambitieuses comme « Routa », il sait se réinventer, changer de ton, se diversifier… bref, rester frais, ce qui est la condition sine qua non pour entamer une riche carrière. Et c'est bien là la question : Black Sun Aeon sera-t-il la priorité de la carrière chargée de Tuomas ? « Blacklight Deliverance » me fait fortement penser que oui.

Le site : blacksunaeon.com  + myspace.com/aeonoftheblacksun

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