HAMMERFALL

" Infected "
H A M M E R F A L L
I n f e c t e d
Nuclear Blast

Les années passent, les maîtres restent… C’est ce que Hammerfall s’efforce de montrer depuis qu’ils occupent la place de chef de file du Power Metal. Et, pour être honnête, ils sont à la peine. Pourquoi ? Tout le monde fera le même constat que moi, je pense : le quintette suédois, plus que tout autre groupe Power, cumule les clichés et les répète. Dans ce contexte, « Infected » se présente comme un remède : un coup d’œil à la pochette et, déjà, ce huitième album marque une rupture avec la tradition hammerfallesque. Le contenu est-il à son image ?

A priori oui, « Patient zero » se voyant couvert de sons modernes et ne traitant ni de chevaliers, ni de guerres ni de dragons. Qu’est-ce à dire ? Rien, juste que le groupe a apparemment conscience de son besoin de renouvellement. Pour autant, ce changement ne pénètre pas si profond : la composition est classique, le son reconnaissable, et l’audace (outre ce thème et ces bruitages) se limite à une écriture moins linéaire que d’habitude. Côté équipe, Pontus Nogren est toujours là, et produit d’ailleurs la galette avec Dronjak, Bauerfeind étant étonnamment évincé après une décennie de bons et loyaux services (par peur de la routine selon Dronjak…).

Ceci dit, le naturel revient au galop : « Bang your head » fait suite à cette intro, déstabilisante pour le fidèle, avec un Power typé décevant… On aura malgré tout quelques autres signes progressistes de la part du groupe, comme une tendance générale à jouer avec les breaks et casser la linéarité de leurs mélodies (citons le beau morceau final « Redemption »), comme les deux compositions surprenantes que sont « The enemy within » qui joue entre ternaire et binaire tout du long et « Let’s get it on » habillé en hymne 80s, et comme l’inattendue reprise des hongrois de Pokolgép « Send me a sign ».

Le reste est malheureusement fort au dessous des efforts du groupe : « One more time », « Immortalized »… des chœurs guerriers aux passages au piano, rien n’est plus nouveau que la roue ici. Même Joacim Cans, qui tente de sortir de son registre, usé à la corde, finit par le reprendre sur ces titres.

Paradoxalement, les meilleurs titres ne sont pas forcément les plus originaux (« The enemy within » et « Let’s get it on » sont finalement plus anecdotiques qu’autre chose) mais malheureusement les plus efficaces, simplement : « The outlaw », hymnique à l’écœurement, « Dia de los muertos », louder than hell, et « I refuse » sont – je pense – les meilleurs moments de « Infected »… Dérangeante conclusion mais honnête de ma part. Hammerfall semble ne guère avoir de possibilités hors de son carcan, et, en essayant d’en sortir, se dénature un peu… On n’a guère l’impression d’entendre Hammerfall à l’écoute de « Patient zero », et c’est dommage car, aussi bon que soit le morceau, n’importe quel combo True ou Power propose la même chose donc, à quoi bon passer du statut de leader à celui de suiveur ?

Le site : www.hammerfall.net + myspace.com/hammerfall

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