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HINDER
" All American Nightmare "

HINDER All American Nightmare

Universal Republic

Je les avais zappés, ceux-là... une bonne surprise. Permettez-moi de vous inviter à vous pencher sur leur cas. Eux, Hinder. Groupe vieux de dix ans, Hinder est originaire de l'Oklahoma. Ses membres sont l'archétype du rocker de ces contrées profondes : fêtard, cool, simple. Le chanteur Austin Winkler, officiant avant dans un groupe de reprises du coin, rencontre d'ailleurs ses futurs collaborateurs Cody Hanson et Joe Garvey, respectivement batteur et guitariste de leur état (le premier étant appelé à devenir principal co-auteur aux côtés de Austin)... au cours d'une fête.

Les sympathies se lient vite (je suppose même très vite vu l'état dans lequel doit les mettre la moindre fête), des jam sessions s'improvisent tout aussi vite et les plumes se délient encore plus vite : un enregistrement est réalisé dans la foulée et enthousiasme le groupe au point de le décider à faire carrière. Mais pour ce faire, il faut plus qu'une cassette enregistrée par trois rockers ivres, et le groupe décide d'investir ses économies dans la réalisation d'une démo. Il s'embarque donc pour Vancouver, y réalise un EP de six titres et surtout y rencontre Brian Howes, qui collaborera avec eux en tant que producteur et même co-auteur, durant toutes leurs premières années.

Les bassiste et second guitariste Mike Rodden et Mark King les rejoignent alors et Hinder, enfin au complet, livre avec « Extreme Behavior » un premier album dénigré par la critique mais plébiscité par les auditeurs, donc les acheteurs, ce qui décide du futur du groupe. Il faut dire que la musique, bien que très eighties - ce qui a dû rebuter les critiques - est assez irrésistible : Hard Rock de loosers, ils puisent jusqu'aux sources du Southern Rock pour un résultat authentique comme Cinderella entre autres, ce qui donne une autre dimension à cette musique limite « Hair Metal ». Mais le groupe ne pouvait pas s'y tromper, car son « attitude » n'est pas feinte. Les membres vivent comme ça, et ne font que narrer avec pas mal de sel leurs déboires et autres dérives. Austin se fait d'ailleurs arrêter à la même époque par la police pour les débordements de sa fête de fiançailles avec un mannequin, comme il se doit.

Quoi qu'il en soit, le succès ne se dément pas et Hinder enchaîne avec « Take It To The Limit », un second opus plus Glam, avec d'ailleurs une participation de Mike Mars, qui débouche en plus sur la participation de Hinder au « Saints Of Los Angeles Tour ».

Tout ça nous amène donc à ce troisième opus, « All American Nightmare », le premier sans Brian Howes, le premier que je découvre et, comme vous l'avez compris, avec plaisir. La pochette, avec le modèle tatoué Jesse Lee Denning (que vous retrouverez dans la vidéo illustrant le morceau-titre), mise en scène de façon illustrant joliment le titre je trouve, recadre le propos d'emblée : Hinder joue toujours dans le même registre, et ça va rocker. Ca va rocker, suinter le whisky, ça va faire rugir les moteurs et tomber les strings. Bref, vous voyez le topo. Mais Hinder veut pousser le bouchon plus loin cette fois, ne se contenter ni du Hard basique de « Extreme Behaviour » ni du Hard + Glam de « Take It To The Limit ». Austin se retrouve donc avec Cody, sans Howes cette fois mais les compères vont multiplier les collaborations, allant même jusqu'à écrire avec des noms de la Country. Le résultat est gargantuesque, soixante compositions selon leurs dires dont seul le sixième sera présenté ici.

Alors, que ressort-il de tout cela ? Déjà, Hinder a réussi son pari et a poussé sa musique un peu plus loin. Il y a d'abord une tendance générale nouvelle, l'ensemble sonnant globalement plus lourd. A cela se rajoute une variété significative, absente des premiers opus. Ce disque a bien réussi son pari stylistique.

Le morceau-titre est presque Heavy, comme « Waking up the devil » et « Strip tease », deux morceaux plus agressifs et lourds. Malgré cela, la patte principale de Hinder reste présente. Il s'agit d'un groove, très efficace et allant chercher bien plus loin que le simple Glam. Même les ballades de Hinder, d'ailleurs, possèdent ce caractère musclé faisant souvent défaut au genre. Des ballades, il y en a ici deux : « The life » et « Everybody's wrong », mais, étant plus typées ballades elles portent moins cette empreinte Hinder. Cette empreinte se retrouvera avant tout dans les morceaux plus dynamiques, avec un rythme vraiment inné, porté par le chant omniprésent de Austin, écrasant, au ton plus riche lorsqu'il se met à crier dans les aigus point fort s'il en est et toujours dynamique et vivant.

A côté de ça, il y a un travail de guitare vraiment exceptionnel. Je me considère pourtant sensible sur ce point et difficile, mais je ne retrouve rien à redire ici, non seulement au jeu, mais surtout à l'écriture des lignes autant solistes que rythmiques, toujours bien pensées et diablement pertinentes. Je ne vois guère comment les améliorer : « What ya gonna do », « All american nightmare », même la ballade « The life »... disons juste que l'écriture peut être trop studieuse. Mais c'est vraiment chercher la petite bête. Parlons plutôt de ce groove absolument détonnant : seuls les vrais de vrais savent faire ça. Ca nous renvoie à Aerosmith, aux Guns... Bien-sûr, à la base, leur musique est eighties, mais la dynamique leur est propre, elle. Voyez « Hey ho » : ça ne s'improvise pas. Mais ils ont baigné dedans. « It ain't real music without guitar, I like Jimi Hendrix baby don't you know, I like gettin' high or ridin' low, Hey Ho ain't nothing little 'bout rock'n'roll ».

Et pourtant, non seulement Hinder sonne moderne (étonnant sur « Red tail lights »), mais ils se permettent d'enrober « Strip tease » et même la ballade « Everybody's wrong » de bruitages actuels... Coup réussi, ça va comme un gant au thème de « Strip tease », et ça permet à ce Hard Rock de sonner tout sauf daté, bien joué. Et au Heavy, ils empruntent aussi les arrangements plus ambitieux qui donnent une dimension moins Hard Rock à « 2 sides of me », « Waking up the devil » ainsi qu'au génial morceau-titre.

On passe donc par bien des ambiances avant d'arriver au « Put that record on » final qui sent bon (?) le pétard et choisit de nous laisser sur la sensibilité cool de Hinder, avec une ode à leur enfance musicale. Stones, Led Zep, Aerosmith, AC/DC, Ozzy, même Dylan... « And Walk This Way still to this day makes me wanna drink all night long, everytime I put that record on ».

Un enchantement. Ce style est tellement controversé que ça fait du bien de trouver un disque si inattaquable. Hinder n'en est pas génial pour autant, « All American Nightmare » n'est pas renversant et ne me marquera guère plus dans dix ans, mais la démarche est si parfaite... quoi que vaille le Hard Glam, on ne peut pas faire mieux. Un sans-faute.

Le site : www.hindermusic.com + myspace.com/hindermusic

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