I N   E X T R E M O

" Sterneneisen "




I N   E X T R E M O
Sterneneisen
Island Records

In Extremo célébrait de fort belle manière ses 15 ans l'année dernière, avec un mega-concert couronnant une carrière ayant aboutie à « Sängerkrieg », un énorme succès. Seule ombre au tableau, Der Morgenstern, batteur depuis les débuts, les abandonnait en pourtant bon chemin… C'est que le bonhomme ne supportait plus le virage « électro » du groupe qui, avouons-le, ne peut aujourd'hui plus être taxé de Pagan, Medieval ni Folk.

Et, malgré tout, c'est dans cette veine que va poursuivre le groupe, d'abord en embauchant Specki « The Drummer », TD pour les intimes, débauché de chez Letze Instant (qui, pour ceux qui ont lu la chronique de « Heilig » dans nos pages, suivent exactement le même chemin), ensuite en sortant ce « Sterneneisen » (« étoile de fer » si je ne m'abuse) encore moins médiéval que « Sängerkrieg ». Pas électro non plus, détrompez-vous, ce n'était qu'un passage ; il en reste quelques traces sur des titres comme « Stalker » mais ceci se cantonne à de l'habillage. Non, « Sterneneisen » est Rock, pète la forme et dégomme son monde. Deux titres représentatifs : « Viva la vida » au titre explicite et « Siehst du das licht » qui tous deux, dans des styles différents, misent tout sur des refrains énormes. Et ca prend. Michael Rhein est toujours aussi excellent, étalant son charisme vocal le long de pistes dignes d'un Tom Waits métallique comme « Viva la vida » ou « Zauberspruch No VII » et l'écriture est toujours relevée de cette couleur allemande rythmant la mélodie de « Schau zum mond » ou autres petites pépites irrésistibles parsemant ces trois quart d'heures jouissifs.

Le moyen-âge, donc, est bel et bien révolu. In Extremo ne coupe pas non plus totalement avec ses racines et conserve une bonne dose d'instrumentation ancienne avec force cornemuses et autres harpes celtiques, vielles (« Schazum mond ») ou mandolines (« Vermiss dich »). Sinon, à part deux titres dont un nouveau « Zauberspruch », tout est écrit par le groupe et en allemand, rompant ainsi définitivement avec leur réputation de déterreurs de vieilleries moyenâgeuses.
La rupture est enfin et avant tout musicale, cette couleur instrumentale étant totalement au service d'une musique moderne, résolument métallique (le morceau-titre) quand ce n'est rock. « Der Graf » de Unheilig est convié pour « Hol die sterne » et Mille Petrozza de Kreator pour « Unsichtbar », et le résultat est non seulement détonnant mais également varié et coloré. En cela, cet album est à mon sens meilleur que le précédent et, je pense, plus riche,(je rappelle que le succès de ce dernier était avant tout commercial, attendons donc de voir la réponse critique à « Sterneneisen »). Pas forcément moins léger mais, que voulez-vous, c'est ce qui semble convenir à In Extremo.
Quand je vois ce que Letze Instant tente de faire dans le même sens sans y parvenir, franchement, je dis croyez TD sur parole ce gars a tout compris.

Le site : www.inextremo.de  + myspace.com/officialinextremo

the_outcast

 

   
Amis ?        
Ultrarock :
13 av Charles de Gaulle, escalier D, 78230 Le Pecq, France

© essgraphics 2011