I N F I N I T Y

" Infinity "
I N F I N I T Y
Infinity
MelodicRock Records

La curiosité du mois. « Infinity » est un album enregistré en… 1986. D'où l'improbable son de clavier qui heurtera vos oreilles dès « I'm on the edge », vous voilà prévenus.

Mais laissez-moi vous narrer ce qu'il en est : Infinity – le groupe, car c'est aussi son nom – est né au milieu des eighties sous l'impulsion de Mitch Malloy, écumant alors les bars de Jersey, jusqu'à ce qu'il tombe sur un David Rosenthal désœuvré suite à la fraîche mise au placard du Rainbow de Ritchie le Grand. Il n'en fallait pas plus aux deux compères pour se lancer en studio, s'entourant au gré des sessions de musiciens de fortune tels le jeune Reb Beach, pré-Winger… L'album en boîte, le groupe reste non signé, et enterre le projet. La suite, on la connaît mieux : ce sera Red Dawn (entre Malmsteen et Whitesnake) pour David, qui se permettra d'enregistrer avec eux « Christine », « She's on fire » et « Liar » qui n'étaient autres que des titres de Infinity (de même que le « Secrets » de Message d'ailleurs), et, de son côté, Mitch poursuivra son petit bonhomme de chemin jusqu'à que les souvenirs commencent à l'assaillir : il publie « Malloy ‘88 » en 2003, et aujourd'hui, enfin, « Infinity »…

En quoi consiste la matière de ce disque ? Je vous ai prévenu, ça fait mal aux oreilles : c'est du pur Hard FM 80s, qui plus est bourré de claviers en veux-tu en voilà. David est roi (non sans raison : Mitch était alors un inconnu) et s'octroie la part du lion. Dommage, car c'est surtout Mitch qui brille ici : ses vocaux sont étonnants de maîtrise pour un musicien au CV encore si vierge… On sera tout de même dérouté de l'orientation clairement AOR qu'il emprunte, heureusement nuancée par la suite d'éléments Blues et autres. Le songwriting est moins impressionnant, en cela qu'il suit les standards de l'époque assez servilement, s'autorisant à peine quelques touches plus personnelles que vous apprécierez sur « Promise » ou « Runnning ». « Liar », quant à elle, viendra reposer votre oreille quelques minutes grâce à des vocaux réenregistrés. Ceci-dit, Mitch réalise ca dans l'esprit (assez judicieusement d'ailleurs) et la différence ne sera pas flagrante, encore moins sous ce déluge de claviers de David – qui tenait ici un sacré bon riff, quand même…

Le tout est étonnamment frais aujourd'hui, et surtout surprend par sa solidité : Pour une première œuvre studio, c'était un sacré beau boulot ! L'enregistrement est irréprochable, et l'entrain (surtout de Mitch) incroyable. Le chant habité de « She's on fire », l'énorme Rock US qu'est « Christine », la rythmique catchy de « Secrets »… la carrière des deux compères aurait pu être toute différente si cet album avait vu le jour, tant il aurait à n'en pas douter marché. Les aléas d'une carrière, que voulez-vous…

Mais l'essentiel est de pouvoir l'apprécier aujourd'hui, quitte à ne pouvoir le juger que rétrospectivement. Reste un témoignage, celui des tous premiers pas de Malloy en studio, et bien-sûr celui d'une époque et d'un style, ici exprimés en toute liberté et qu'il est détonnant de redécouvrir aujourd'hui.

Le site : www.mitchmalloy.com  + myspace.com/mitchmalloy

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