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JOE BONAMASSA
" Dust Bowl "

JOE BONAMASSA Dust Bowl

Provogue Records

Ultrablues. « Dust Bowl » est le douzième enregistrement de Joe Bonamassa, génial guitariste ricain auteur depuis plus de dix ans d'albums dont je suis l'objectivité de cette chronique dût-elle en pâtir über-fan (pour causer True), tel ce « Blues Deluxe » de 2003 que je m'empresse de vous supplier d'acquérir. Replaçons un minimum les choses dans leur contexte : « Dust Bowl » fait suite à un break de Joe lui ayant permis de s'adonner au projet « Black Country Communion » avec Glenn Hughes, Jason Bonham et Derek Sherinian, pour deux albums, produits par l'immense Kevin Shirley, collaborateur enthousiaste de Joe depuis cinq ans... C'est encore avec lui que sera enregistré « Dust Bowl », fraîchement sorti chez J&R Adventures, son propre label fondé avec son manager Roy Weisman.

Le contenu est comme nous étions en droit de l'attendre : irréprochable. Joe Bonamassa, pour ceux qui le découvrent avec cet album, officie plus ou moins dans un registre SRV, en tout cas Texan (pour généraliser). Dans l'esprit de la pochette... Ses racines sont évidement présentes sur cet album : un titre comme « You better watch yourself » est fort puriste (malgré sa wah d'intro et son piano assez libre), et sa reprise de « Tennessee Plates » de John Hiatt (en duo avec l'auteur), inévitablement assez Americana, est interprétée par Joe de main de maître grâce à des parties de guitare tendues très texanes. Enfin, sa reprise du géant « Heartbreaker » de Free (avec Glenn Hugues, pas décidé à le quitter après Black Country), moins lourde que l'original et plus enveloppante, est menée à la baguette par un solo virtuose mais plus proche de Albert King qu'autre chose... Donc, pas question de rompre avec ses racines, d'ailleurs complétées de la dose d'Americana de « Tennessee Plates » et de « The whale that swallowed Jonah », fort traditionaliste malgré les interventions lâchées de Joe.

Cependant, c'est en s'écartant de cette base que Joe brille ici vraiment car il brille ! « Slow train » qui ouvre le feu est, outre sa géniale intro démarrant comme une locomotive (littéralement), pesante, inhabituelle, moderne... bref, du Blues 2.0, de celui qu'ont réussi avec brio à créer Buddy Guy et d'autres dieux survivants. Le morceau-titre, moderne et variant les plaisirs instrumentaux, de même que « Black lung heartache », mêlant western, slide et Roots avec énormité rythmique et dureté quasi-Hard, vont également dans ce sens, et constituent le sommet de l'album. Je parle là de sommets vertigineux... Ce trio de titres suivant la même logique est immense, mais le reste n'a pas à rougir plus que ça : sa reprise de « No love on the streets » de Tim Curry (composée avec le regretté Michael Kamen) pète l'acier et voit ses guitares passer la seconde puis la troisième pour des parties ne semblant même plus devoir s'arrêter à la fin du morceau, « Sweet Rowena » de Vince Gill de Pure Prairie League (elle aussi interprétée avec l'auteur, grand habitué de telles collaborations) étale au contraire tout son charme soyeux et délié autour de lignes pianistiques à la cool enveloppées des parties toujours SVR de Joe, et « The meaning of the blues », comme « The last matador of Bayonne », voient Joe recréer avec une conviction absolue LA guitare Blues Rock des 80s dans toute sa splendeur : le premier titre est une composition de Bobby Troup célèbre grâce à Miles Davis et Gil Evans (même si Keith Jarrett remporte ma préférence), ici transformé en Blues guitaristique sombre et enveloppant, plus Rock que Blues ou Jazz (je pense à la reprise de « Feelin' Blue » par Muse, pour le résultat), et le second titre est, lui aussi, un Blues guitaristique sensuel comme on aimait en faire il y a 30 ans, avec des arrangements de Sax en soutien qui auraient pu figurer sur un Dire Straits et un solo d'une expressivité à la limite du Gilmour... Bref, du grand art. Du grand art jusqu'à « Prisoner » qui ferme le bal dans le même esprit, reprise de Karen Lawrence, voix des LA Jets , le titre ayant été composé pour le film « Eyes of Laura Mars », dont le souvenir n'aura guère le temps de venir troubler votre jouissance du feeling vibrant, du travail nerveux de Joe, de ses jeux de volume à la Jeff Beck , de ses variations sonores, de son travail vocal, même... Du grand art. Anecdote à propos de « Meaning of the blues » : Bonamassa a joué avec le fils de Miles Davis dans Bloodline, groupe sensé regrouper des « fils de » (de Miles, Robby Krieger et Berry Oakley en l'occurrence)... Seul le père de Joe, bien que musicien, n'était pas un grand nom... aujourd'hui seul Joe l'est. Belle réussite, gamin.

Inutile de tergiverser, le talent de Joe est immense et son intégrité musicale, au moins autant. Ce disque ne le voit toujours pas se reposer sur ses lauriers et rien ne vient indiquer que la source est prête à se tarir... Le Blues a beau être le genre musical le moins inventif du monde (c'est un gros fan qui parle hein, je suis loin de critiquer) et hautement répétitif, il est impressionnant de voir le nombre de génies inattendus qu'il est capable de produire pour continuer à le faire vivre tout au long de tant de décennies, et de quelle belle manière ! PS : Somptueux, voilà l'adjectif que je cherchais pour « Dust Bowl ».

Le site : jbonamassa.com  + myspace.com/jbonamassa

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