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KINGDOM COME
" Rendered Waters "

KINGDOM COME Rendered Waters

Steamhammer/SPV

Hmm un nouveau Kingdom Come ! Ca me met en appétit mais, il faut l'avouer, c'est le nom de Kingdom Come plus que l'annonce d'un nouvel album... En effet, leurs productions de la fin des 80s et du début des 90s ont beau m'avoir envouté, je ne sais guère ce que Lenny Wolf est devenu depuis... Donc, ce « Rendered Waters » est une bonne nouvelle mais j'appréhende son écoute.

Et en fait de nouvel album, il s'agit d'une production spéciale : à l'instar d'un Manowar MMXI, le groupe se met en tête de réenregistrer son matériel classique façon 2011. Bon, après tout, c'est peut-être l'approche la plus douce au Kingdom Come d'aujourd'hui pour un amateur comme moi plein d'appréhension. La rondelle sort des studios allemands de Lenny, et a été couchée sur bandes par un groupe encore remanié avec l'arrivée d'un nouveau batteur, pour une formation enfin 100% allemande.

Penchons-nous donc sur le contenu. Bonne nouvelle pour moi : les morceaux sont, sans exception, piochés dans le très vieux répertoire de Kingdom Come, en fait, seuls les trois premiers albums. Autre bonne nouvelle : le choix s'avère fort intéressant. Pas de « What Love Can Be », « Get It On », « Do You Like It » ou autres hits. Au contraire, un titre de Stone Fury, son groupe précédent de 1985, et même trois nouvelles compositions se mêlant au classique sans problème.

Le son est en effet tout à fait dans le même esprit, s'écartant parfois sensiblement de l'original. Parfois pas tant que ça aussi, détaillons : « Break down the wall » pour commencer, le morceau de Stone Fury, fait franchement 80s, surtout la guitare... je ne peux pas juger du relookage ceci-dit, ne connaissant pas l'original. « Pushing hard », « 17 » et « Living out of touch » maintenant, tous trois sortis du premier Kingdom Come, sont en revanche franchement travaillés : tempi pas forcément ralentis mais sensiblement alourdis, son au contraire encore plus fin et léger que l'original, voix soyeuse et enveloppante plutôt fidèle, ne serait-ce le timbre naturellement plus âgé... le résultat est impressionnant. Les deux premières en particulier sont exceptionnellement soignées. Nuances accentuées et solo revu pour « Pushing hard », basse amplifiée et effets sonores rafraîchis pour « 17 »... Effet collatéral : je perçois enfin sur cette dernière un côté « Presence » de Zeppelin, alors que j'ai toujours remis en question les incessantes comparaisons entre les deux groupes. Les breaks atmosphériques et parties instrumentales des deux titres achèvent d'en faire des pierres finement ciselées, alors que « Living out of touch » charme au contraire par sa simplicité, Lenny ayant apparemment voulu tout miser ici sur son ambiance plutôt que sa révision.

Passons à « In Your Face », deuxième et dernier album du line-up classique, dont Lenny ne propose étrangement que « The wind ». Le rythme est également alourdi, le son plus affiné qu'à l'origine, la basse propulsée en avant et le solo rajeuni : on suit en fait exactement le même schéma que « Pushing hard » et « 17 » point par point. « Hands of time », lui, est revu à travers « Cant' deny » et « Should I », présentant comme les extraits de « Kingdom Come » deux approches différentes : le premier extrait montre une approche sonore plus simple, avec une voix plus proche et des guitares également moins épaisses, alors que « Should I » fait un peu comme les deux premiers extraits de « Kingdom Come », alourdissant de rythme mais soignant le son encore plus que l'original, avec un résultat hybride étonnant mais, encore une fois, parmi les meilleures surprises de l'album. Les claviers sont plus enveloppants que jamais, la basse et la batterie infinies, et les guitares veulent refaire « Twilight Cruiser » comme elles ne l'ont pas fait en 1991...

Ceci-dit, il est vrai que ce morceau avait quelque chose du grand « Twilight Cruiser » à venir et c'est peut-être ça que Lenny a voulu souligner. Ce n'est pas son seul choix pertinent. Comme vous le voyez, il a voulu à la fois montrer que sa musique, très 90s, fonctionne avec un son simple et direct, et qu'il peut durcir le propos tout en rendant ses arrangements plus aériens que jamais. Bref, ce disque est né d'une vision claire, il n'est pas simplement un substitut à un manque de compositions nouvelles.

D'ailleurs comme j'ai dit, il a quand même écrit : « Blue trees », « Is it fair enough » et « Don't remember » plutôt Hard, mêlant sens mélodique renouvelé et traditionalisme. On frise parfois le Rock, mais ceci est cuisiné avec le son Kingdom Come, ce son magique dont il ne devrait jamais se départir... Mauvaise nouvelle : « Blue trees » et « Don't remember » ne tiennent pas la comparaison, pour des raisons mélodiques. Petite déception mais elle ne gâchera pas le plaisir de redécouvrir « Should I », « Pushing hard » et « 17 ». C'est là que l'on se rend compte que le son de Lenny est unique : quel que soit l'éclairage sous lequel il présente ses morceaux, cette couleur « Kingdom Come » est inimitable.

Bref, j'y ai pris du plaisir, mais quitte à étonner je finis par un verdict négatif : ce disque n'avait pas lieu d'être. L'intérêt est franchement douteux et ne peux intéresser que quelqu'un qui est plus fan du groupe que moi. Un nouvel album aurait été le bienvenu, voire autre chose, mais pas un simple réenregistrement de vieux titres. La motivation première de Lenny n'est d'ailleurs pas évidente pour moi. Que voulait-il ? Kingdom Come n'a malheureusement pas encore un statut assez établi pour se permettre ce genre de fantaisies. Ca aurait pu faire un bonus dans un coffret de rééditions par exemple, mais en tant que tel ça ne se justifie pas.

Le site : www.lennywolf.com + myspace.com/lennywolf

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