MICHAEL SCHENKER

" Temple Of Rock "




MICHAEL SCHENKER
Temple Of Rock
MVD / Inakustik

Un an après la célébration en grande pompe du 30 e anniversaire du Michael Schenker Group, voilà le guitariste de nouveau à l'attaque avec cet album bien nommé « Temple Of Rock » : « Le temple est en moi, mon lieu de création depuis ma rencontre avec la guitare amplifiée, ma plus grande source de joie et la meilleure façon de m'exprimer »… « Il me semble que collectivement, avec les vrais créateurs de la Rock music, nous avons élevé les murs d'un temple du Rock durant toutes ces années et nous atteignons le moment d'en couvrir le toit et célébrer son achèvement » et ce dernier point est bigrement vrai, tant cet album est la célébration d'une collectivité. Car Michael a convié certaines vieilles connaissances aux festivités…

Et là, tenez-vous bien, c'est du lourd : frérot Rudolf est là, ainsi que Herman Rarebell, pour rappeler le bon vieux temps des Scorpions. Mais Pete Way et Paul Raymond sont conviés aussi en souvenir des tout aussi bonnes années UFO ! Quant à la longue histoire du MSG, elle n'est guère oubliée puisqu'on retrouve Chris Glen, ainsi que les grands Don Airey, Simon Phillips, Neil Murray que l'on retrouvait sur « In The Midst Of Beauty » et Chris Slade et Carmine Appice encore avec Michael il y a peu. Même McAuley est ici convié, prenant le micro pour « Lover's simfony », cédé à Dougie White pour « Before the devil knows you're dead », Michael Voss se chargeant de l'essentiel du chant, en plus de produire l'album, faisant de Gary Barden le grand absent de ce temple du Rock… Rajoutez Michael Amott de Arch Enemy, Brian Tichy actuellement avec Whitesnake, une petite apparition de Miles Kennedy qu'on a retrouvé sur le dernier Slash et de William Shatner, l'authentique Captain Kirk qui, si vous l'ignoriez, a une véritable carrière musicale à son actif (et qu'on a par ailleurs déjà cité dans nos pages), et vous avez effectivement un véritable panthéon. Cerise sur le gâteau, l'immense Leslie West est également présent et nous fait la grâce de suive Michael en tournée, aux côtés de pas moins que Uli Jon Roth. En d'autres termes, on risque la transe mystique.

Mais vous n'êtes pas dupes, il ne suffit pas d'une belle équipe pour un bon disque, et vu le point de la carrière de Michael où celui-ci se situe rien n'est gagné. L'auditeur sera emporté par le scepticisme devant « How long », « Fallen angel » et « Hanging on » qui ouvrent l'album de manière fort conventionnelle, alignant un titre d'ouverture au rythme très soutenu, un Rock aux relents modernes puis un titre FM 90s. De cette déception, un point positif émerge : Michael a choisi un son actuel extrêmement prononcé qui donne un gout de détermination à l'ensemble. Mais heureusement pour nous, la surprise va être d'autant plus grande à la découverte de la suite de l'album, car celui-ci est franchement au-dessus de cette triste entrée en matière : « The end of an era » durcit le ton à la surprise et satisfaction générale, puis déboule le thème génial de « Miss claustrophobia ». Le voilà, le Michael inspiré et créatif, il est encore parmi nous ! Et ce n'est pas le temps d'un titre, pour les plus sceptiques, comme le confirme le très original « With you » juste derrière. Les très bonnes orchestrations de « Before the devil knows you're dead » viennent compléter ce quart d'heure qui aura été le plus génial de l'album, puis « Storming in » fait quelque peu retomber la sauce.

Mais le meilleur, c'est que Michael n'a pas dit son dernier mot : « Scene of crime », « Saturday night » et « Lover's simfony » constituent un très bon tryptique de fin en proposant respectivement variété, ultra-rock et mélodie. Puis l'on finit par un « Speed » qui, si son écriture est moins inspirée, est interprété par une guitare ronflante et une basse qui ne laisseront personne indifférent. En bonus, un petit « Remember » qui aurait mérité sa place parmi un tracklisting de 15 titres, tant son Funk 90s et son travail de guitare méritent le détour. Bref, vraiment pas de quoi être déçus.

Bien-sûr, cette satisfaction est avant tout le résultat du scepticisme que l'on est en droit d'avoir devant la sortie du nouveau MSG. Mais le résultat est franchement bluffant. Après, le soufflé risque de vite retomber et l'on réévaluera cet album pour ce qu'il est : pas plus inspiré qu'un MSG classique, juste le travail d'un Michael en grande forme. N'en reste pas moins que l'écoute m'a soufflé, elle a du moins balayé tous mes doutes en un rien de temps. Et une telle surprise mérite bien mes louanges.

Le site : www.michaelschenkerhimself.com  + myspace.com/michaelschenkerhimself

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