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MOUTAIN THRONE
" Serpent's Heathland "

MOUNTAIN THRONE Serpent's Heathland

Cyclone Empire

Les disques les plus plaisants à chroniquer ne sont pas les meilleurs mais ceux qui, comme ce « Serpent's Heathland », posent un défi pour les situer stylistiquement. Premier EP de Mountain Throne, quartet allemand récemment formé, il tente de concilier les influences des différents membres du groupe qui, apparemment, ne recherchaient pas forcément de consensus de ce genre, préférant laisser Mountain Throne échapper à leurs backgrounds respectifs. Ce background se situe principalement chez Mirror Of Deception dont le bassiste Andi est à l'origine de la formation de Mountain Throne, groupe au sein duquel il tient le rôle de guitariste. Jochen, batteur de son ancien groupe, l'accompagne dans cette nouvelle aventure, ainsi que Franck, ex-vocaliste de From Beyond, bien qu'après recherche de ma part, il ne semble pas avoir donné sa démission à ses ex-collègues pour autant...

Complété par un bassiste nommé H car les membres se rebaptisent A, J et F le groupe se lance dans ce nouvel essai, avec un objectif assez libre mais qui ne tombe finalement pas si loin que ca de la musique de Mirror Of Deception et même From Beyond. Mais, comme je le disais, l'image met du temps à se préciser et le temps de la première moitié du EP on cherche continuellement le groupe. Le premier titre est « Altar of reason » et semble indiquer que l'objectif de Mountain Throne est clairement Doom retro. Lenteur, pesanteur, références rythmiques à Black Sabbath... tout y est. Le refrain, bien que très mélodique, s'enfonce encore rythmiquement et l'image semble se préciser ; le morceau est Doom en plus léger, avec une surdose de mélodie et un chant peu typique, gras et profond mais pas agressif du tout.

Cette image est remise en question dès « Entime » qui succède à ce titre avec un Heavy ultra-classique : proto-NWOBHM eighties enrobé d'un parfum Heavy épique, d'un riff Hard Rock classique et même d'une mélodie à la sensibilité Rock ! La pesanteur Doom prévalant sur le précédent morceau est ici remplacée par un mordant tout Hard, qui néanmoins se fait concurrencer par un Heavy épique ne perdant pas une occasion de lui chiper sa place au moindre refrain et tout du long du solo, très NWOBHM, suivi d'un break plus lourd mais toujours eighties. Seuls le son et le chant, restant inchangés, constituent un point de repère par rapport à « Altar of reason »...

Doom et Heavy ne sont pas incompatibles mais ici ils se courent après au lieu de cohabiter. De plus, les groupes tentant cette cohabitation tombent souvent dans le Stoner, ce qui n'est guère le cas ici malgré la pochette et le patronyme qui auraient pu vous orienter dans cette direction... Et le reste du EP montrera que ces choix étaient conscients et se répèteront. Seuls les combos Heavy pré-Doom peuvent être donnés comme exemple (citons Witchfinder General pour donner une idée). Au milieu des cinq titres, un instrumental donnant son nom au tout vient brusquement nous ramener à cette atmosphère dépressive tenant de Black Sabbath et du Doom avant que les deux derniers titres ne reviennent mélanger nos pinceaux.

D'abord, « The forest » commence par récupérer ce caractère pesant en y rajoutant la lourdeur de « Altar of reason » et une mélodie lente plus Doom que Heavy, la batterie fraîchement de retour menant le jeu. Mais, à mi-chemin, commence une cavalcade Maidenienne surgie de nulle part qui n'a guère à voir avec ce caractère Doom qui commençait à se redessiner... Puis « The merry men » remet le couvert avec un Doom, encore, lent et lourd, reposant sur la basse du nommé « H » et, cette fois, persistant dans cet esprit pesant, alors qu'après « The forest » l'on n'attend qu'un break rythmique, encore... Mais le seul changement sera une partie finale encore plus lente mais plus ambiante qu'autre chose, avec un chant toujours mélodique et une dernière partie conservant la même forme pour une outro simplement plus appuyée et, au final, réussie.

Cet EP l'est globalement, réussi, même si l'image de Mountain Throne n'est pas forcément plus définie à l'issue de ces quatre titres. Il y a plusieurs pôles assez clairement séparés mais même pas si nets que ça individuellement. Le Heavy est traditionnel mais très epic-friendly, le Hard est autant celui des précurseurs du Metal que du simple vintage 70s, et le Doom n'en est pas vraiment, comme chez la plupart des groupes qui le mélangent au Heavy, se contentant d'en rendre l'atmosphère... Mais malgré le flou artistique persistant, « Serpent's Heathland » est prenant, un certain charme opère. Le son est dépouillé et la présence des musiciens est sensible. L'absence de modèles libère un peu le regard qu'on pose sur eux et l'effet s'en fait sentir. Simple, dépouillée, peu ambitieuse mais très personnelle et pleine de conviction, cette musique est hors du temps et des styles, vraiment déconnectée du monde et, pour peu que vous ayez la sensibilité adéquate, elle vous parlera. Pourtant je ne recommanderais pas Mountain Throne à un amateur de Doom strict ou de Heavy pur, je le proposerais plutôt à un amateur de genres plus « périphériques », ceux qui aiment graviter autours de styles. C'est plutôt en tant qu'échappatoire à un noyau dur que le groupe fonctionne.

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