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SIRENIA
" The Enigma Of Life "

SIRENIA The Enigma Of Life

Nuclear Blast

Dur, dur de chroniquer « The Enigma Of Life », tant je suis partagé sur tous les plans. Déjà à la base, Sirenia, ça me partage. Vingt ans maintenant que Morten Veland ne fait pas tout seul ce qu'il a fait pour Tristania et qui m'a fait l'aimer. « The Enigma Of Life » est aussi son deuxième album avec Ailyn, la remplaçante de Monica Pederson, et le guitariste Michael Krumins, et ce qui devait être un nouveau départ s'est finalement avéré un échec avec « Thirteenth Floor » (avis perso bien-sûr mais je le partage). Et au final ce « Enigma Of Life » lui-même me partage. Sorti tout frais des Finnvox studios après deux ans de rude labeur, il dévoilait les Norvégiens plus ambitieux que jamais. Mais au bout de 3-4 écoutes je ne sais toujours pas trop qu'en penser.
J'attaque pourtant ma chronique dès maintenant car je juge cette indécision révélatrice. Toujours pas d'éclaircissements à mes précédents questionnements : premièrement, Tristania et Sirenia ne cessent de se rapprocher (la faute à l'un autant qu'à l'autre), deuxièmement je continue à préférer Tristania alors que c'est Morten qui m'avait fait aimer le groupe, et troisièmement je ne comprends toujours pas ce qu’Ailyn fait aux côtés de Morten. Pour le disque en lui-même, chaque écoute m'a fait balancer au gré des titres entre déception et satisfaction. La déception commence généralement avec les premiers titres. « The end of it all », joliment illustrée par Patric Ullaeus, révèle une écriture pauvre et plate, extrêmement linéaire et pas si Goth que ça. Le chant d’Ailyn restant désespérément niais et faible, même pas relevé par la voix masculine décidément quelconque, le Sirenia d'aujourd'hui révèle la pauvreté de sa direction musicale actuelle dans toute sa splendeur. Ceci, ce sera une constante sur les douze titres. Mais les points positifs aussi. C'est ça qui doit être si déroutant : le bon et le mauvais sont continuellement mêlés. Les titres suivants comme « Fallen angel » sont tout aussi pauvres et n'apportent pas grand chose de plus, si ce n'est des touches modernes d'un côté et Sympho de l'autre. Aucune de ces options n'est une révolution et je reste donc sur ma déception.
A ce stade, les points positifs ce sont une réussite de Michael inversement proportionnelle à l'échec d’Ailyn, et une modestie de Morten appréciable. Michael, d'abord, adopte un jeu peu Metal, peu typé en fait (ses soli sont carrément rétro), et reste généralement en arrière-plan, ce qui retire de la force aux arrangements mais les rend fins et finalement efficaces. La voie de la simplicité est donc autant une réussite pour lui qu'elle est un échec pour Ailyn ; le pari de Morten est donc à demi-réussi (ou à moitié raté, selon...). Morten, donc, finit par me faire adhérer à sa sobriété par la modestie avec laquelle il traite ses sempiternelles orchestrations et chœurs. Il parvient au final par me faire voir ce non-renouvellement comme le fruit d'un style mûri. C'est cette différence de jugement qui va s'accentuer le long de mon écoute. Et, si la deuxième option l'emporte au final, c'est parce que plus le disque avance et plus l'écriture s'affine. « All my dreams » rompt un peu avec le canon Goth, « This darkness » tente quelque chose de plus lourd, puis « The twilight in your eyes » et « Winter land » dévoilent des thèmes instrumentaux plutôt réussis.
Ce dernier titre, néanmoins, avec son côté Nightwish, me remet sous les yeux ce que je n'aime pas dans la dérive stylistique du groupe... Un début d'album balançant entre écriture soignée et pauvreté stylistique, donc. La suite suivra le même chemin, avec d'un côté les plus solides compositions de l'album, « A seaside serenade » et « Coming down », mais aussi les plus pauvres comme la moderniste « Fading star » ou la simple et directe « This lonely lake » qui n'apporte franchement rien. Un bon point, c'est que tout ceci est traité de la même façon par Morten, avec sobriété, finesse, au détriment de la puissance mais apportant une concision qui permet de mieux accepter cette simplicité. Les chœurs sont une constante et se retrouvent même sur les titres les moins ambitieux. De même, l'ombre de Nightwish se retrouve sur d'autres compositions solides (« Coming down ») et à l'inverse les compositions faibles (« Darkened days to come ») bénéficient de ces arrangements géniaux.
A la fin de l'album, le morceau-titre tente une démarcation avec une écriture lente et chantée différemment, mais en conservant ces caractéristiques : arrangements très travaillés mais pas trop prononcés, modération, et toujours le même schéma suivi à la lettre. Au final, c'est peut-être la satisfaction qui l'a emporté sur la déception première de ne pas voir Morten capable de produire quelque chose d'aussi excitant de ses Tristania ou même « At Sixes And Sevens », car ces éléments discrets ont fini par bâtir une assise assez solide pour apprécier l'album au niveau global. C'est plus un travail d'arrangements que d'écriture mais il fait son effet. Donc, en donnant du temps à l'album je pense que votre opinion s'éclaircira et que soit vous adhèrerez au savoir-faire de Morten, soit le contraire... Bref, l'album est trop « middle of the road », ça va se jouer à pas grand chose selon chaque auditeur, mais ça tombera d'un côté ou de l'autre, impossible à prédire.

Le site : www.sirenia.no + myspace.com/sirenia

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