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TEN
" Stormwarning "

TEN Stormwarning

Frontiers Records

Le genre : avis de tempête dans un verre d’eau.

Malgré une pochette typée heroïc fantasy prêtant à confusion, ce n’est pas de power metal qu’il s’agit avec le groupe Ten mais d’un hard mélodique bien sage, tout droit sorti de la Machine à Remonter dans le Temps de ce bon H.G. Welles, dont l’aiguille de contrôle semble depuis un (long) moment bloquée sur la période 80’s… (euh, pas celle de Welles, celle de sa machine, vous suivez ?)
Donc, et oserais-je écrire « comme d’hab’ chez Frontiers » (?) c’est aussi d’une reformation dont il s’agit : celle du groupe du chanteur, guitariste et compositeur Gary Hughes, ayant connu quelque succès à la fin de la décennie 90 avec des albums tels Spellbound et Babylon. Si le style, très léché (encore une prod Dennis Ward), évoque les fantômes du Rainbow le plus FM, époque Joe Lynn Turner (dommage, celui que j’apprécie le moins) ou encore la période pré-blues de Gary Moore (Run For Cover, Wild Frontier), le comparer au Whitesnake de 1987 (comme l’ose le dossier de presse) me semble carrément exagéré (même si les grattes empruntent effectivement aux travaux d’un Vandenberg ou d’un John Sykes). Surtout en raison du style vocal de Hughes, certes impeccablement juste et mélodieux mais toujours posé, dénué de la moindre once d’agressivité (rien à voir avec le retour en force ricain de Coverdale) et, plus malheureusement, désespérément lisse et ne véhiculant, à mon goût, que trop peu d’émotion. Proche dans l’esprit (plus grave dans le registre) de Toto, Journey et consorts californiens, ce chant lead positionne Stormwarning dans un créneau A.O.R. qui a tendance à très rapidement me lasser (voire m’exaspérer).
Pourtant Ten possède de sérieux atouts, honteusement sous-exploités, voire disqualifiés par des arrangements de claviers guimauve et des harmonies vocales prudentes et insipides. En effet, le soliste John Halliwell se fend souvent de traits inspirés, mélodiques autant qu’incisifs mais qui sont vite noyés dans le sirop et la mièvrerie des refrains (Centre of My Universe, Book of Secrets malgré ses intonations à la Coverdale et une orchestration rappelant le Serpens Albus de Slip of the Tongue). Les fûts ont été confiés à un guest pour le moins référencé : Mark Zonder de Fates Warning. Et puis la prod, je l’ai mentionné au début, c’est Dennis Ward, qui n’est pas connu pour finaliser des daubes…
Je crois que, l’âge venant, je suis devenu hermétique à ce style trop mou du genou, qui semble hésiter à s’affirmer heavy (sans aller jusqu’au metâââl, hein…). Ce sont donc moins les qualités instrumentales et musicales que les choix artistiques de ce groupe que je peine à apprécier.
Je retiens quand même trois bons moments. Le premier, Endless Symphony, est un hard classisant, sautillant, qui frise parfois le comique mais reste efficace. Le titre éponyme de l’album est intelligemment écrit et assez équilibré entre sauce piquante et chamallow. The Hourglass And the Landslide, je ne m’explique pas très bien pourquoi, dégage quant à lui une ambiance distinguée.
En conclusion, Ten propose un hard classieux et très formaté, surproduit, que je trouve au final assez déshumanisé car manquant de tripes. Souvent joli mais trop convenu, pas assez énergique pour me donner envie de remettre le couvert. A réserver donc aux amateurs du genre A.O.R. (ceux qui ont aimé Foreigner après 4… Naân, je rigole).

P.S. Dans le registre hard mélodique, ça n’arrive pas au niveau de composition et d’interprétation d’un (grand) groupe comme Europe (dont il faut se procurer le dernier album).

Bouteil Bout





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