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THE DIAMOND DOGS
" The Grit And The Very Soul "

THE DIAMOND DOGS The Grit And The Very Soul

Legal Records

Ma première chronique de 2011 (et oui, bonne année à vous aussi !)... et pour faire original, voici un de ces groupe qu’Ultrarock vous pousse à découvrir afin de ne pas se restreindre au simple horizon Hard & Heavy (non, pas de pub subliminale). Voici donc une nouvelle occasion de se pencher sur un groupe Rock à l'occasion d'une sortie d'album, histoire de découvrir un nouveau nom. Et puis, dans l'état où tout lecteur d'Ultrarock se doit d'être post-réveillon, un peu de douceur ne fait pas de mal, n'est-ce pas ?
Le nom nouveau d'aujourd'hui, c'est Diamond Dogs, que je supposerai inconnu de mon aimable lecteur. Seul un fan de Bowie pourrait nommer son combo ainsi n'est-ce pas ? Pourtant Diamond Dogs n'est pas un groupe de Glam. Formé en Suède il y a 19 ans (ah non, 20 maintenant qu'on est en 2011) par le chanteur Sulo Karlsson et le guitariste Anders Lindstrom, partenaires (musicaux, s'entend) depuis cinq ans, Diamond Dogs évolue vers une impressionnante formation à sept membres vite remarquée par la scène Garage Punk alternative de Stockholm.
Leur intense activité scénique fait leur réputation, et finit par les pousser en studio pour – à ce jour – plus d'une douzaine d'albums. Le groupe verra passer en ses rangs des ex-membres de Johnny Thunders, des Hellacopters, de Ian Hunter... Hellacopters c'est logique, Johnny Thunders aussi, car le groupe reste plus Rock que Punk, quant à Ian Hunter, non je ne vous ai pas menti Diamond Dogs ne fait pas de Glam mais, en revanche, comme nous le verrons, ils s'intéressent beaucoup aux Seventies.
Les tournées s'enchaînent (premières parties de Ian Hunter mais aussi des Quireboys, Hanoi Rocks, Nazareth, The Damned...) et leur album paru il y a deux ans a donné lieu à la dernière en date, suivie d'un 2009 sabbatique (sauf pour Sulo qui l'emploie à livrer une œuvre solo). Mais, avec l'arrivée du printemps, les Chiens Diamants se réveillent et décident de quitter Stockholm pour le nord de la Suède. Là, au beau milieu de nulle part, dans un studio au bord d'un lac, ils se laissent inspirer par ce cadre exceptionnel pour livrer une œuvre roots, live, personnelle. C'est ce « Grit And The Very Soul » au titre honnête.
La pochette l'est parfaitement aussi, elle rend à merveille l'impression que j'ai eue à l'écoute de ces onze titres traditionnels, en grande partie acoustiques et surtout très personnels et simples. Les instruments acoustiques sont très présents, du banjo à la mandoline, du violon irlandais au fiddle des Appalaches, et explorent en effet bien des facettes du Folk des deux côtés de l'Atlantique. On est parfois chez Van Morrison, parfois chez Dylan, mais ils sont toujours personnels et, généralement, pertinents.
On trouve beaucoup de choses sur cet album, beaucoup. La base est Pop-Rock, moderne, avec le chant caractéristique de Sulo ancrant l'ensemble clairement dans cette mouvance, avec un timbre approprié quoique parfois maladroit (trop typé sur « Heart of the river », mal assuré sur « Don't turn me away »). Mais ce chant est étonnamment mis en relief avec des harmonies (« Greetings from Issac Hayes », « Don't turn me away ») pas du tout modernes, elles (sur « When the morning comes to get me » elles sont Glam – oui, il y en a un peu), et des choristes Soul comme les aiment les Black Crowes. Du Hard Rock américain, du Glam anglais, les Diamond Dogs précisent ici les contours de leur identité, et celle-ci est bien plus large qu'aucun de leurs albums précédents n'aurait pu le laisser percevoir !
Mais poursuivons, poursuivons... L'instrumentation est très fine, vraiment. Ayant le tort de parfois se confiner à la fidèle reproduction de schémas (comme sur « Last of the lovers »), elle a, de toute façon, le mérite de donner tout son volume à l'album à elle seule. Comme le faisaient les Waterboys à leur époque (je ne sais pas pourquoi je pense à eux, mais ça me donne envie de les réécouter), les Diamond Dogs brisent une frontière stylistique au mépris des « principes » de la scène à laquelle ils appartiennent.
Et des principes oubliés, il y en a d'autres. Si « Green shamrock shore » est dominée par le Folk (remis au goût du jour comme le faisait Fairport Convention), d'autres titres présentent le travail acoustique du Rock du début des Seventies (en particulier les Stones de Exile On Main Street – de toute évidence une influence majeure et omniprésente – que l'on retrouve sur le final de « Whatever it is, now », « Don't turn me away » regardant du côté de Wild Horses, elle) pendant que d'autres ne se soucient de rien et restent dans leur époque (« When the morning comes to get me » appartient bien à l'ère post-Coldplay).
J'ai parlé du chant, des arrangements et de l'instrumentation, intéressons-nous maintenant au cœur du problème : la musique. Et celle-ci est également le cœur de la réussite de cet album (je m'aperçois n'avoir pas encore énoncé clairement qu'il s'agissait d'une réussite). C'est là que ça devient intéressant : Le groupe veut jouer du roots, mais il pioche dans tout ce qui lui semble authentique. Il va évidement chercher en Amérique, mais sans s'intéresser à un style en particulier. J'ai cité Dylan, mais on retrouve la fragilité de Neil Young sur « Heart of the river », et l'on poursuit jusqu'au cœur du terroir : « Please, please, please let me get what I want » (oui celui des Smiths !) emprunte sa lourdeur à celle de The Band, et « Last of the lovers » remonte encore plus loin au cœur de la musique traditionnelle américaine. Hasardeux, mais heureusement les membres semblent avoir le background nécessaire.
Et de l'autre côté, toujours ce pendant Rock occupant la moitié de la scène, souvent partagée de bon cœur : « When the morning comes to get me » est une compo 70s de Dylan interprétée par les Stones de « Exile », voilà. Il s'agit donc d'une superposition de croisements, de grilles empilées donnant naissance à des multiplications de niches stylistiques. La réussite du disque tient à sa richesse, un coup c'est la vivacité d'une rythmique Southern Rock qui nous entraîne (« Be here tonight »), un coup c'est autre chose, née des même éléments et qui vient prendre le relai... bref, ils pourraient rajouter bien des titres qu'il y aurait toujours un élément moteur à notre disposition grâce à ces combinaisons.
Une réussite totale, donc. D'autres groupes suédois actuels parviennent à atteindre cette même simplicité authentique de manière moderne (Hellsingland Underground pour en citer un), mais le point fort de Diamond Dogs est la richesse musicale qu'ils étalent ici. Le truc dérangeant, c'est que, pour moi, « The Grit And The Very Soul » est le meilleur du groupe, alors qu'il s'agit du disque le moins Diamond Dogs... Qu'est-ce à dire ? Ils ne sont pas bons dans le Garage ? En fait si, et le disque est sans doute réussi grâce à ce break qu'ils se sont accordé, grâce à cet esprit « off »... S'ils en faisaient leur pain quotidien, ça pourrait bien perdre de sa légèreté. Diantre... Gardez ce disque sous le coude, pour le ressortir souvent, et attendons donc leur prochaine envie de vacances.

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