YES
" Fly From Here "
Y E S
Fly From Here
Frontiers Records

Un nouveau Yes, Chouette ! Euh... J'en vois qui rigolent dans le fond de la classe. Et pas les plus jeunes, ni les plus attentifs, encore moins les plus doués, juste une engeance vieillissante : les punks ! Des survivants qui ne tiennent même pas debout à force de consommer de la mauvaise bière.

D'autres vieux hibous, pas trop déplumés, respectent ce genre de 'zique : les métalleux, ceux qui patiemment tricotent une note à l'envers, une note à l'endroit.

Merci pour ces vieux babas de Yes. Depuis plus de 40 piges, Jon Anderson et ses acolytes distillent du soleil, des ondes positives trèèèèès sophistiquées que le commun des rockers a du mal à appréhender. Ah, c'est sûr, ya un peu plus de 3 accords dans des chansons qui dépassent toujours les 3 minutes de formatage radiophonique de cervelle.

- Jon Anderson, m'sieur ?
- ( encore un silence pesant d'ignorance...) Ah, quelle classe de cancres !!!
- euh, non, il n'est pas sur l'album...
- C'est ça, oui, et Rick Wakeman est parti à la pêche aux moules ?
- Ben... il n'est pas là non plus.
- ( silence apoplectique du prof...) Damned ! Tout fout l'camps !

En effet, Rick Wakeman, le virtuose au physique de bucheron est encore reparti après être revenu une n-ième fois. On a l'habitude, il fait ça depuis 76 ! Il est remplacé par un intérimaire connu du « Yes World » en la personne de Geoff Downes. Ouf, ça pouvait être pire : Charlie Oleg, par exemple. Et comme l'album est produit par Trevor Horn, son pote de « Buggles », groupe de pop-prog, ils nous la font «Drama » le retour ou quoi ? « Drama » (sorti en 1980), ce n'est pas l'album préféré des fans... Aïe...

Et le p'tit gars qui remplace le Grand Magicien Anderson, c'est un jeunôt du nom de Benoit David, il vient d'un « tribute band » de Yes : « Mistery », donc il connait bien cet univers si particulier. Et reconnaissons que la transition est parfaite.

Les autres : Chris Squire, Steve Howe, Alan White sont des vétérans quasi inamovibles.

- L'album commence avec une ouverture délicatement pianistique, histoire de montrer que Mister Downes n'est pas une truffe aux claviers. On retrouve les breaks, les mesures tordues du Grand Yes. Merci, les gars, ça rassure.

- Ensuite, le morceau à rallonge, « Fly from here » est bien dans la tradition de Yes, c'est varié, coloré, ça change tout le temps, une peinture musicale vivante comme eux seuls savent faire maintenant, depuis que Peter Gabriel a quitté Genesis et laissé les commandes à un batteur-crooner... grrr... Ce qui est étonnant, c'est que ce morceau sonne très « Yes », et pourtant, c'est quasiment du pur « Downes-Horn », Dingue, non ?

- Baisse de régime avec « The man you always wanted to be ». Bof... moyen, gentillet, après la claque multi-dimensionnelle des 7 mouvements de « Fly from here »

- « Life on a film set », est encore plus laborieux, ça décolle vers le milieu, un peu tard, les gars, mais la deuxième partie rattrape la sauce. Qui sait ? C'était peut-être voulu.

- « Hour of need » est une jolie ritournelle acoustique, simple, mais fraiche comme un ruisseau en pleine canicule.

- « Solitaire » porte bien son nom, vu que ce petit canaillou de Steve Howe nous la fait comme « Mood for a day » sur le « Fragile » de légende... Un magnifique morceau de guitare acoustique, classisant, de toute beauté virtuose, mais attention, pas du ma-tu-vu, du vrai, du sensible. Merci Steve !

- « Into the storm » termine l'album avec enfin de l'énergie toute renouvelable, rien de toxique, du bio, du naturel, du vrai. Oeuvre de composition collégiale, un rock assez carré, efficace, on s'est asse pris la tête, hein !

Alors, la conclusion ? Pas forcément un grand album, mais une galette plus qu'honnête, une transition de plus dans le line-up à géométrie variable. On va dire un « album rassurant ». Et c'est très bien. A bientôt, les gars.

Le site : http://www.yesworld.com/

Big Bad Pete

   
Amis ?        
Ultrarock :
13 av Charles de Gaulle, escalier D, 78230 Le Pecq, France

© essgraphics 2011