A N G R A
" Best Reached Horizons "

A N G R A
Best Reached Horizons
Label : Steamhammer SPV

Angra vit sans doute la deuxième crise de son histoire, depuis la scission de 2001 : suite à « Aqua », il y a deux ans (pas mauvais non plus mais pas le meilleur album de la période Edu), on a eu droit à un ridicule procès intenté à un autre groupe brésilien pour plagiat, suivi du départ pur et simple d'Edu, les choses prenant une tournure encore plus inquiétante avec l'album solo de Loureiro cette année… Ce Best Of vient encore enfoncer le clou, je pense.

Généralement, en temps de crise, un Best Of sort car il n'y a pas de chance que le groupe propose grand chose avant longtemps… Voilà pour le peu de joie avec lequel accueillir cette sortie. Maintenant, ceci-dit, Angra en est à un stade où un Best Of peut se justifier, alors prêtons-lui une oreille. Kiko s'est apparemment impliqué dans le track-listing, on est donc en droit d'attendre du bon. Premier point : il est double, ce qui est un point positif. Deuxième point : il est équilibré, le premier disque étant consacré à l'ère Andre et le second à l'ère Edu. Bien-sûr vous me direz, Edu n'étant plus à bord du navire, le capitaine n'avait plus guère de raison de faire pencher la balance en sa faveur… La pochette, reprenant des éléments de chacun des albums de leur carrière, colle assez bien à cette volonté complétiste.

Les choses commencent, en toute logique, avec « Carry on », suivie de « Angels cry », qui frappent en 2012 par la puissance d'Andre et cette énergie plus Rock que Prog malgré le son… bref, on va pas verser notre larme non plus, allez. « Wuthering heights » et « Evil warning » viennent compléter la sélection issue de « Angels cry » avec respectivement une bonne surprise, qu'on pourrait interpréter comme un hommage à Andre, et puis un choix décevant, mais bon il en faut, aussi, du Power hein, à moins que ce ne soit un coup de chapeau à Ricardo Confessori, les ayant rejoint pour ce titre avant de travailler sur « Holy Land ».

Ce bon vieux « Holy Land » est représenté par « Nothing to say », évidement, no comment, et son morceau-titre, choix heureux, complétés de « Carolina IV » issu du « Holy Live », peut-être l'apothéose de cette période Andre. « Freedom call » vient ensuite représenter l'EP du même nom, on se demande bien pourquoi, puis « Lisbon » et « Metal icarus » issus de « Fireworks », l'enchaînement parfait.

Le tracklisting fait plutôt plaisir sur ce premier disque, voyons le second : « Nova era », « Rebirth », « Hunters and prey »… le choix s'impose un peu de lui-même pour « Rebirth »… un peu trop, même, la sélection étant bien trop convenue. Ça se gâte avec « Spread your fire » et « Waiting silence », « Temple Of Shadows » ayant mérité des « Sprouts of time » ou autres morceaux ambitieux représentant mieux cet effort d'avancée de la part du groupe à ce moment délicat suivant l'intégration d'Edu. Malheureusement, le reste de l'histoire est du même acabit, avec « The course of nature » et « Salvation : suicide » de « Aurora consurgens », et « Arising thunder » et « Lease of life » de « Aqua », menant à l'overdose de singles, surtout que, comme je le laissais entendre en intro, les derniers ne sont guère fameux.

Bref, tout cela finit mieux grâce à leur reprise de « Kashmir » (issue du tribute « The Music Remains The Same ») sans pour autant effacer le peu d'intérêt de cette compilation et les doutes qu'elle laisse planer sur l'avenir du groupe.

Le site : www.angra.net  + myspace.com/angraofficial

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